Jeudi 13 octobre 2011 4 13 /10 /Oct /2011 18:45

Aujourd’hui, en Algérie, tout le monde parle de la nécessité d’un changement politique radical. A lire la presse quotidienne, pour certains partis de l’opposition, il n’est plus question de simples réformes, sans véritable portée politique, qui sont proposées ça et là juste pour apaiser les esprits, mais il devrait s’agir d’un changement du SYSTEME qui a gouverné le pays de l’indépendance à ce jour.

Une chose sur laquelle on devrait s’accorder : tout changement politique doit nécessairement s’accompagner d’un changement du personnel politique. Mais la question qui se pose est : quel personnel politique ? Celui des partis de la coalition qui se partagent le pouvoir ? Celui de toute l’administration qui n’est jamais neutre et qui, à chaque élection par exemple, se met du côté de l’homme fort du moment ? On l’a déjà vu à maintes reprises. Pas besoin de vous citer des exemples.

Et, avant de continuer  à casser du sucre, si j’ose dire, sur cette classe politique vieillissante, je voudrais faire une petite digression concernant les propos du président actuel de l’APN. A une question relative aux réformes politiques imposées, c’est le moins qu’on puisse dire, par la rue lors du fameux 5 janvier dernier et par les révolutions du monde arabe aussi, celui-ci n’a pas trouvé mieux que de répondre par « ceux qui appellent les réformes veulent prendre nos postes ».  En fait, ce raisonnement n’est pas propre à Mr ZIARI ; c’est toute la classe politique, toutes tendances confondues, qui pense ainsi. Les concepts de « légitimité historique » et autre « famille révolutionnaire » n’ont pas été créés pour rien. Ils ont servi et servent encore à leurs promoteurs pour leur maintien au pouvoir et leur mainmise sur la manne pétrolière du pays. Tout simplement et tout bêtement. Personne n’est  assez dupe ni si naïf au point de croire que « ces gens-là, monsieur », pour paraphrase Brel, sont véritablement au service de la Nation et du peuple algérien.  

N’en déplaise au Président actuel de l’APN, il est tout à fait légitime aux algériennes et aux algériens de réclamer du sang neuf pour le salut de l’Algérie. Le Président de l’APN Abdelaziz Ziari, en sa qualité de médecin, n’ignore certainement pas que pour réanimer un malade exsangue, il faut un apport de sang frais. L’Algérie est actuellement dans la situation d’un malade souffrant d’anémie sévère. Par conséquent, elle doit bénéficier, en plus d’une médication adéquate, d’une thérapie de choc même, de l’apport de sang frais. Autrement dit, de l’énergie et de la vitalité de sa jeunesse.

Voilà pourquoi j’ai d’emblée annoncé la couleur en disant qu’il faut songer dès maintenant à changer le personnel politique actuel. Mais comment faire, pourraient, sans doute, me rétorquer certains ? Nous n’avons pas de réponse toute faite ni de recette magique à proposer mais il est évident que c’est à la jeune génération d’algériennes et d’algériens de s’impliquer davantage dans la vie politique si elle veut que le pays ne va pas droit au mur. Et, ce mur-là, croyez-moi, n’est pas très loin.  Pour que le pays sorte du marasme dans lequel il végète depuis un certain temps maintenant, la jeune génération doit pouvoir prendre la relève. Tout le monde est conscient du fait « qu’on ne fait pas du neuf avec du vieux », allusion qui exprime clairement et nettement la ruse du pouvoir chaque fois qu’il est acculé à procéder à des changements et qui revient de façon récurrente dans les discussions entre initiés à la politique ou entre de simples citoyens.  

C’est, partant de ce principe-là, qu’un certain nombre de jeunes algériens, partageant les mêmes points de vue et le même idéal politique se sont réunis, un beau jour du mois d’avril passé, pour décider de la création d’un nouveau parti politique baptisé « Jil Jadid ». Encouragés par l’annonce, par le Président de la République, des réformes politiques, nous étions très optimistes quant à l’aboutissement de notre projet politique. Or, les réformes tant attendues  ne  sont pas encore appliquées et par conséquent le champ politique est toujours verrouillé. C’est toujours, comme le dit si bien l’adage algérien « el laâb Hmida ou erracham Hmida ».    

Par aghedia
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 10 juin 2011 5 10 /06 /Juin /2011 21:35

Le parti Jil Jadid étant nouveau sur la scène politique algérienne et pas encore agréé, il me semble, en tant que militant de ce parti, qu’il est d’ores et déjà temps à tout militant de ce parti de contribuer par des écrits à le faire connaître auprès des lecteurs et à essayer d’ en donner une image la plus réelle possible.

Toutefois, avant de commencer, une précision s’impose : c’est lors d’une conversation téléphonique avec un ami que ce travail m’a été suggéré. En fait, l'idée était de faire un papier sur les différents courants politiques en Algérie. Vaste sujet, me diriez- vous ? En effet, comme vous, c’est ce que j’ai d’abord pensé à l’énoncé de ce sujet. J’irais même plus loin encore en vous disant que si j’étais enseignant de philosophie, je ne manquerais pas de proposer cette question aux candidats au Bac algérien de cette année. Ne serait-il pas intéressant de savoir ce que pensent nos enfants, la « nouvelle génération » des partis politiques algériens toutes tendances confondues ? Il va de soi qu’au début, j’avais trouvé la question un peu délicate à aborder. Puis au fur et à mesure que j’avançais dans mes recherches sur Internet, il m’a paru que la question était prenable, si j’ose dire. Ça n’a rien d’un travail harassant ni d’un travail ressemblant au « mythe de Sisyphe ». Car, une fois le travail accompli, je n’aurais pas à le reproduire indéfiniment si ce n’est le copier et le coller. De nos jours, les TIC nous facilitent grandement la tâche. Par ailleurs j’estime qu’il est du rôle du lettré pour ne pas dire intellectuel d’éclairer la lanterne de ceux qui sont, peut être, dans l’ignorance la plus totale concernant ces questions de base de la vie politique. Que l’on sache d’abord ce que c’est un parti politique et à quoi il sert. Autrement dit quel est rôle d’un parti politique ? Dans l’esprit de beaucoup de gens, un parti politique ne sert à rien si ce n’est qu’il sert plutôt ceux qui y font partie. Or, rien n’est plus faux. Cette idée très répandue dans l’opinion publique algérienne doit être désancrée de la tête de nos concitoyens. Il est temps de porter un nouveau regard sur les partis politiques quels qu’ils soient et quelles que soient leurs idéologies.

En fait, pour rédiger ce papier, je n’ai pas été par trente six chemins. Je vous avoue que le travail était déjà à moitié fait ! Par qui ? Comment ? Je sais que ce genre de questions vous taraude l’esprit. Alors, je ne vous le cache pas, je n’entretiens pas plus longtemps le mystère et je vous donne donc tout de suite ma recette miracle. Ou plutôt magique. Je préfère de loin ce deuxième terme, MAGIQUE, car il rend bien compte de cette nouvelle technologie de la communication (Internet) capable, si elle est utilisée à bon escient, de chambouler le monde. Les révolutions qui ont eu lieu en Tunisie, en Egypte et ailleurs dans le monde arabe ne sont-elle pas un exemple vivant et concret de ce que peut faire le Web ? Alors, sans plus tarder, disons que c’est grâce à ma fille, lycéenne, qui a eu à faire un travail de recherche sur cette question-là, les partis politiques, que ma tâche s’est trouvée grandement facilitée. De ce travail de recherche qui s’intitulait « Le parti politique », je n’ai, en fait, pris que la définition. Celle-ci : « Un parti politique est une organisation politique qui cherche à influencer une politique gouvernementale, en nominant leurs propres candidats et en tentant d'obtenir des mandats politiques.

Plus généralement, la notion de parti politique possède deux définitions. La première, d'ordre idéologique, est presque synonyme de faction : il s'agit, pour reprendre les termes de Benjamin Constant, d'une « réunion d'hommes qui professent la même doctrine politique ».

La seconde, d'ordre institutionnel, le tient pour un élément essentiel du jeu démocratique : « elle consiste à saisir le parti politique en tant que forme politique, structure d'organisation de la démocratie ». Voilà. C’est net et précis.

Revenons maintenant à la question telle qu’elle a été formulée par mon ami à savoir « les différents courants politiques en Algérie ». Pour être honnête, je dirais qu’avant de donner mon accord pour entreprendre un tel travail, j’avais, comme on dit, un peu tiqué. Pourquoi me demande-t-on une chose pareille ? Ecrire un papier sur les partis politiques algériens alors que le notre, notre parti, n’a même pas encore d’existence légale sur papier ? 

Bon ! « Passons maintenant aux choses sérieuses ! »

Faisons une petite digression à propos de cette dernière phrase.

 Du temps du parti unique, vers les années 7O, un des journalistes de l’Unique s’est vu démis de ses fonctions pour avoir prononcé cette fameuse phrase, lors du JT de 22h (en langue française), et ce, pour faire la transition de l’information locale à « l’international » où les choses étaient, reconnaissons-le pas seulement selon lui, plus sérieuses. Autrement dit, tout ce qu’il disait jusqu’alors n’était que du baratin, du blabla sans aucun intérêt pour les téléspectateurs. Normal, en Algérie, c’était l’époque de la « révolution agraire » et des petites Kasma FLN éparpillées dans les villages et les faubourgs du pays et qui, pour un oui pour un non, condamnaient de la façon la plus véhémente l’impérialisme américain. Ce temps de « zalt ou tfaraîne »* est heureusement bien derrière nous. Ne reste sur le lit de la rivière que les galets, dit l’adage.

Ce qui nous amène donc à parler du plus vieux parti politique algérien : le FLN.

Nombre d'intellectuels et d'hommes politiques de l'opposition, en Algérie, pensent le plus sérieusement du monde que la place de ce parti politique devrait être dans un musée de l’Histoire et non au Pouvoir. Pour la simple raison qu’à son origine il appartenait à tout le peuple algérien et qu’il a déjà fait SA révolution et SON temps. Les conditions historiques de sa création sont connues de toutes et de tous.

En 1954, année de sa création, sa mission était de combattre le colonialisme français et « d’arracher l’indépendance (1). Cette mission a été menée avec brio. Nul n’est ingrat pour ne pas lui reconnaitre ce mérite. Après plus de sept ans de guerre, de souffrances, de larmes et de sang versés par les algériens, celui-ci est sorti victorieux. Il faisait alors la fierté du « seul héro, le peuple ». Malheureusement, une fois l’indépendance acquise, le FLN a vite perdu de sa crédibilité, particulièrement après la mort de Houari Boumediene qui, malgré ses détracteurs, avait du charisme. Bien sûr, nous ne nions pas le fait qu’il y eut, malgré tout, beaucoup de réalisations sur le plan infrastructurel et beaucoup d’acquis sociaux sous le règne du FLN, mais, vu la manne pétrolière dont disposait le pays, on aurait pu mieux faire. Parmi les acquis sociaux, je n'en citerais que deux :

< la gratuité des soins pour tous les algériens, mais dont ont profité, en réalité, beaucoup plus les gens bien introduits dans le système qui bénéficiaient ainsi de prises en charge à l’étranger même pour des soins dentaires

< et la démocratisation de l’enseignement supérieur grâce à laquelle votre serviteur, issu pourtant d’un milieu social défavorable, a pu accéder à une profession des plus nobles : la chirurgie. Et il se trouve aujourd’hui, en face de son micro, à dénigrer, pourront peut-être me rétorquer certains nostalgiques de ce parti. En fait, je ne dénigre pas, je balance plutôt mes quatre vérités à la face des « FLNistes » qui ont, à un moment donné, utilisé le sigle du parti unique à des fins personnelles. Ils ont fait fi de l’intérêt général. Pendant des années, le FLN gérait d’une main de fer le pays. Toutes les organisations de masse (UGTA, UNJA, UNFA …etc.) étaient sous sa coupe et seuls ses militants pouvaient postuler et accéder à des fonctions de responsabilité au sein de l’Etat, par exemple. La révolte du 5 octobre 1988 a mis pratiquement fin à un règne sans partage du parti FLN. Il est inutile de revenir ici sur « ce chahut de gamins » si ce n’est pour dire que, pendant ces évènements, tout ce qui symbolisait le parti FLN a été saccagé et brûlé. C’était la revanche des jeunes algériens contre le système du parti unique qui les a pendant longtemps brimés.

Comme conséquences à ces évènements, il y eut la réforme de la constitution en 1989 ; celle-ci a établi le multipartisme en Algérie et libéré le champ médiatique. Autre conséquence dont on parle peu : l’ex Président Chadli Bendjedid est poussé à démissionner par la « grande muette » qui, en réalité, a toujours détenu le pouvoir réel. 

 * Se prendre pour un pharaon alors qu'on est rien ! 

 ... à suivre. 

Par aghedia
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Vendredi 27 mai 2011 5 27 /05 /Mai /2011 23:23

1454055_3_5c67_les-representants-de-la-ligue-arabe-se-sont.jpgContrairement à une idée largement répandue au sein de l’opinion publique algérienne, nos médias radiophoniques (particulièrement la chaine 1) ont, apparemment, depuis longtemps abandonné la langue de bois. J’ai eu personnellement à le constater, j’allais dire de visu, or c’est plutôt par l’ouïe, depuis plusieurs semaines maintenant.

La chaine 1, par exemple, qui émet en langue arabe et que je n’écoute pourtant que rarement, ne donne plus, comme je m’y attendais, que des informations sur la politique nationale et les activités de tel ou tel ministre, le tout, avions-nous l’habitude d’entendre, sur un ton monocorde et ronronnant à faire chialer un chien.

Non, le temps et le ton propagandistes à la Pravda de nos chaines Radio sont, semble-t-il, bel et bien révolus. A la chaine 1, l’on ose maintenant aborder même des questions qui fâchent. Et cela, croyez-moi, n’a aucun rapport avec les révoltes et révolutions qui secouent actuellement le monde arabe. Comme tout un chacun le sait, ces révolutions ont commencé vers la fin de l’année écoulée. Or, ce que j’ai constaté personnellement concernant les médias dont je parle ici remonte à bien plus longtemps ; disons au mois de septembre ou peut-être même bien avant. En effet, de cette avancée révolutionnaire de nos médias audio, je m’en suis rendu compte au début la rentrée scolaire de l’année en cours. Et cela dans des circonstances des plus ordinaires : pour « tuer » le temps, comme on aime bien dire chez nous, chaque dimanche soir, entre 20 ET 21h, j’allume la radio de ma voiture, je module la fréquence sur la chaine 1 et je suis, peinard, bien calé sur le siège de ma voiture à l’arrêt, l’émission culturelle qui y passe et qui est animée par un certain professeur de Sociologie de l’Université d’Alger dont le nom est Mustapha Madhi. Cette émission culturelle est intéressante à plus d’un titre. D’abord le journaliste de la chaîne qui dirige le débat, qui pose des questions et qui lit parfois des textes (de la personnalité historique ou de l’auteur du jour) en usant d’une voix un peu rauque (je dirais même un peu artificielle) et dont on n’a aucune peine à deviner qu’elle n’est pas vraiment à lui. En fait, celui-ci se comporte, vocalement parlant, comme s’il essayait d’imiter un speaker du Moyen-Orient. Je ne vous le cache pas, ça m’énervait un petit peu mais bon…. Il n y’a pas de quoi fouetter un chat. Disons que je trouve ça même un peu marrant. J’aurais maintes fois voulu prendre le téléphone et l’appeler pour lui dire de s’exprimer naturellement et simplement, en algérien tout court, mais quand il s’agit de faire dans le culturel, parler de Camus, de De Gaule ou de la civilisation arabo-musulmane du temps de l’Andalousie, je comprends bien que notre parler algérien ne s’y prête pas. Ça ne fait pas très sérieux auprès des auditeurs. La science, la littérature, la culture sont des choses assez importantes et on devrait autant que faire se peut les exposer dans un arabe classique pour capter l’attention des auditeurs qui s’y intéressent. Après tout, ce n’est pas une discussion entre deux amis dans un café maure du coin mais une émission culturelle d’une chaine de radio nationale qui doit être suivie par des milliers de personnes. Le deuxième élément qui fait la particularité de cette émission radiophonique c’est que notre ami le sociologue présente un tic qui consiste à « sucer du citron », et ce, après chaque mot qu’il prononce.

A l’entendre parler ainsi, des souvenirs vieux de plus de quarante ans remontent à la surface : « Arrêtes de sucer le citron », me disait ma mère quand il m’arrivait de le faire, ce tic, quand j’étais enfant. Vous voyez ce que je veux dire maintenant ? Le sociologue « suçait du citron » certes, mais de sa bouche sortent des mots qui, assemblés les uns avec les autres, reliés les uns aux autres forment une chaine (pas la chaine 1 dont il est question ici, mais une chaine au sens propre du mot) de connaissance sociologique à faire pâlir de jalousie le plus érudit des sociologues d’outre-mer. En outre, croyez-moi bien que je n’exagérerais point si je vous disais que ce Madhi porte bien son nom. La traduction littérale, de l’arabe au français, du terme « Madhi » donne ceci : aiguisé, acéré. De ce fait, sa langue est aussi acérée qu’une lame de bistouri No 24. Il dissèque de façon méthodique, patiemment, tel un chirurgien chevronné, les évènements et les hommes, particulièrement lors de la dernière émission (dimanche 15 mai) consacrée, actualité oblige, à la Ligue arabe. Avec son tic, il donne l’impression de ne pas maîtriser son sujet. Mais en réalité, quand on prend la peine de l’écouter et de suivre son raisonnement, l’on se rend compte que ce tic, loin de constituer un handicap à l’orateur, ajoute plutôt une touche symphonique à sa déception. Il est déçu par la tournure des évènements qui se déroulent actuellement dans certaines parties du monde arabe, il est déçu par la non implication de l’élite des pays arabes dans la question palestinienne par exemple ; il est déçu par le manque de compétitivité sur le plan de la production des idées au niveau du monde arabe. Pourtant le monde arabe recèle un potentiel humain universitaire non négligeable. Rappelez-vous, lors de la révolution tunisienne, tous les commentateurs insistaient sur un point particulier : l’existence dans ce pays arabe d’une jeunesse instruite, cultivée et diplômée de l’université, malheureusement pour la plupart au chômage ! Pareil en Egypte où il n’est pas rare de tomber sur un Dr en Sociologie ou en littérature qui, pour arrondir ses fins de mois, est obligé de recourir au système D, chauffeur de taxi dans le meilleur des cas ! Ces exemples peuvent être multipliés à l’infini et concernent la majorité des pays arabes. Si le monde arabe ne s’est que peu développé depuis les années des indépendances jusqu’à nos jours, c’est parce que ses élites ont toujours été marginalisées par des gouvernants tyranniques et souvent incultes eux-mêmes. Mais, entre nous, soutenus quand même par l’Occident parce que ça faisait son affaire !  

Comme quoi et pour revenir à mon dernier article où je parlais « des idées », les idées ne sont pas l’apanage des seuls peuples de l’Occident. Sur ce plan-là, il est indéniable que nos sociologues, nos historiens, nos intellectuels d’une façon générale, n’ont rien à envier à ceux des pays dits développés. Ce qui leur manque c’est des rencontres et des débats au cours desquels ils pourront exprimer, sans entrave aucune, leurs idées et leur opinions. Autrement dit, il n’y a pas de « boites à idées » dans notre pays. Ceux qui peuvent jouer le rôle de « think tank » et qui peuvent donc éclairer la lanterne de nos hommes politiques sont dispersés au quatre coins de la planète. Il est temps que les pouvoirs publics de façon générale et l’Université algérienne de façon particulière fassent leure cette préoccupation majeure qui revient comme un leitmotiv dans la bouche de notre sociologue. Et, il va de soi qu’en tant qu’auditeur du dimanche de cette chaine et que rédacteur de chroniques à mes heures perdues, je partage pleinement cet avis. Il y va de la sécurité de notre pays.

Le Sujet de la dernière émission étant très sensible, je n’ai pas manqué de prendre quelques notes sur un bout de papier, comme au bon vieux temps lorsque j’étais étudiant en médecine, notes qui m’ont servi à rédiger cet article. Ces notes, je vous les livre d’abord en vrac, puis au fur et à mesure j’essaierais de développer. Parlant de la ligue arabe, le sociologue Madhi a insisté sur le fait de « ne pas analyser à chaud » et ce quelle que soit l’importance de l’évènement. Il faut toujours prendre du recul, avais-je compris, par rapport à l’évènement dont on veut analyser les tenants et les aboutissants. C’est tout à fait normal puisqu’il s’exprime en sa qualité de sociologue. Le rôle du sociologue étant, à ma connaissance, de comprendre le mode de fonctionnement des sociétés humaines, il est évident que celui-ci doit disposer du temps nécessaire pour le faire. Mais est-il permis à l’homme politique de ne pas commenter à chaud l’actualité ? A ce que je sache non. Pour avoir mis du temps, beaucoup de temps même à s’exprimer sur les derniers évènements qu’a connu l’Algérie, par exemple, A. Bouteflika, notre Président, a essuyé des tirs à boulets rouges venant de la part de l’opinion publique et des partis politiques toutes tendances confondues.

Le 15 mai, la ligue arabe a procédé à l’élection ou plutôt à la désignation de son nouveau secrétaire général. Comme on s’y attendait, ce poste est revenu encore une fois à un Egyptien. C’était l’occasion à notre sociologue de s’adonner, lors de cette émission culturelle de la chaine 1, à une critique en règle mais constructive de la ligue arabe qu’il compare à « une structure sans âme », « budgétivore », et qui « a toujours fait le jeu d’Israël » Qui peut le contredire ? « Structure sans âme », la Ligue arabe ? Effectivement elle l’est. Et, à ce titre, la boutade des Israéliens « les arabes se sont mis d’accord pour ne plus être d’accord » reste toujours d’actualité plus de quarante ans après qu’elle ait été prononcée. De ce point de vue, on peut, sans risque de se tromper ou d’être contredit, dire que la Ligue arabe a, depuis longtemps, vendu son âme au diable. Au sein de cette Ligue, il n’y a jamais eu de consensus sur une question quelconque concernant l’avenir du Monde arabe. Elle n’a jamais pu mettre fin aux divisions idéologiques et politiques qui minent le Monde arabe du Maghreb au Machrek. Elle n’a jamais pu s’opposer à l’interventionnisme des forces étrangères contre l'un de ses membres (cas de l' Irak) ni éviter la scission, sous les coups de boutoir des forces secrètes de l'Occident, du Soudan, par exemple.

Par aghedia
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mardi 26 avril 2011 2 26 /04 /Avr /2011 14:06

Le 11 mars dernier, un groupe d’une cinquantaine de personnes, de divers horizons mais animés par un même idéal, s’est réunie dans une charmante ferme agricole de la Mitidja pour lancer les jalons d’un nouveau parti politique algérien. J’en faisais partie. Malheureusement, pour des raisons personnelles, j’ai dû quitter les lieux avant que la dite réunion ne débutât. 

Le soir même, j’appelai mon ami, qui était à l’origine de cette bonne initiative, et ce, pour m’informer de la teneur des discussions et des décisions prises lors de cette première rencontre. Bien sûr, les gens qui sont venus de loin, d’un peu partout de l’Algérie et même de l’étranger (de Paris et de Bruxelles), ne sont pas venus uniquement pour admirer la nature en pleine éclosion en cette journée printanière et humer l’air pur et les senteurs dégagées par la terre récemment labourée et les néfliers et les abricotiers en floraison, mais pour discuter et se mettre d’accord sur le principe de la création de ce parti politique, particulièrement en cette période caractérisée par un vent de révolte qui souffle sur tout le monde arabe. Le principe de la création du parti Jil Jadid (c’est ainsi qu’on l’a appelé) étant acquis, on se sépara dans la bonne humeur et l’optimisme en un avenir radieux pour la nouvelle génération d’algériens. Il ne restait alors qu’à organiser une conférence de presse pour annoncer aux algériennes et aux algériens la naissance de ce parti politique. Ce rôle a été dévolu à l’acteur principal de cette initiative qui est connu déjà comme étant un homme politique au sens noble du terme (ancien SG du PRA) et qui jouit d’un certain prestige auprès des médias publics et privés par ses contributions politiques très pertinentes. Cette conférence de presse a eu lieu, effectivement, le 13 avril, soit un mois à peine après la première rencontre qu’on pourrait qualifier d’historique, et a eu un large écho auprès des lecteurs de la presse nationale. Même si les agréments aux nouveaux partis politiques sont, depuis au moins une dizaine d’années, bloqués au niveau du Ministère de l’intérieur, il est d’ores et déjà permis de rêver. Oui, le rêve est permis ! Non pas parce que je suis utopiste, non plus parce  que je suis idéaliste, mais je crois fermement que ce nouveau parti politique fera parler de lui dans un proche avenir. Plus que ça, je crois fermement que ce nouveau parti politique contribuera largement à l’enracinement de la démocratie dans le paysage politique algérien. Et cela pour au moins une raison. Il est nouveau. Nouveau ne veut pas dire novice. Nouveau ne veut pas dire ignorant en matière de politique. Nous entendons par « Nouveau » le fait que, hormis son président qui, répétons-le, était secrétaire général du PRA, la majorité de ses membres fondateurs  soient inconnus du sérail politique algérien ! Une chose est cependant sûre : ils ont tous la tête pleine d’idées. Et ce sont ces idées-là qu’ils ont envie de mettre, ensemble, en pratique pour le salut de l’Algérie.  En parlant « d’idées », il me vient à l’esprit un ancien fait politique que je ne pourrais laisser sous silence quitte à sortir momentanément de l’esprit de cette lettre. 

Rappelez-vous, lors de la nationalisation des hydrocarbures par feu Houari Boumediene en 1971, une crise politique avait embrouillé les relations diplomatiques entre l’Algérie et la France. Les français avaient alors, certainement dans le but de nous humilier, lancé le slogan suivant : « nous n’avons pas de pétrole mais nous avons des idées ». A l’époque, Je n’avais que 13 ans. Comme n’importe quel enfant de cet âge-là, je ne m’intéressais pas du tout à la politique. Mais, je rougissais à chaque fois que je pensais à ce slogan des français. Les français nous prenaient en quelque sorte pour des débiles mentaux, nous qui avions tout misé sur le pétrole.  Sous notre ciel, c’était le règne de la pensée unique, du parti unique. De l’unicité en toute chose. Personne ne devait sortir du moule du FLN .Personne ne devait emprunter un chemin autre que celui tracé par « le conseil révolutionnaire ». Tous ceux qui voulaient envisager un projet de société au peuple algérien autre que celui imposé par les tenants du pouvoir étaient voués aux gémonies. Tous ceux qui avaient des idées à faire valoir étaient, au mieux, considérés comme des persona non grata par le pouvoir en place et au pire, poussés à l’exil. Pour ce type d’algériens qui avaient été contraints à l’exil, l’affaire était plus compliquée encore du fait de cette crise politique entre l’Algérie et la France. N’oublions pas qu’à cette époque-là, la France  était la première destination des algériens, exilés ou non, et cela pour des raisons historiques (liées à la colonisation) et pratiques (d’ordre linguistique en particulier).  

 Aujourd’hui, tous les spécialistes qui s’intéressent à la question des hydrocarbures vous diront qu’on a atteint le fameux ‘peak oïl’ et qu’il faut donc réorienter la recherche vers des produits énergétiques de substitution, vers les énergies renouvelables. A moins de s’emparer des puits de pétrole de la Libye ! Ce que la France et les autres coalisés essayent de faire maintenant sous couvert de la résolution 1973 de l’ONU. Mais ceci n’est en fait qu’une parenthèse. Là où je veux en venir, c’est vous faire toucher du doigt l’importance qu’il y a à permettre aux algériens de bonne volonté, aux algériens jaloux de leur pays  de développer et de mettre en pratique leurs idées. Car, tout comme le peuple français ou d’autres peuples de la terre, les algériens ne manquent pas d’idées ; que ce soit en politique ou dans d’autres domaines. L’âge d’or du pétrole est presque révolu. Et bientôt, nous n’aurons plus de pétrole. Qu’adviendra-il de nous ce jour-là si nous continuons à persévérer  NON PAS dans le travail et la recherche scientifique mais dans la paresse et la médiocrité ?   

Jil Jadid = Nouvelle génération.     

<doc81757>
Par aghedia
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mardi 12 avril 2011 2 12 /04 /Avr /2011 17:00

Ben oui, le gendarme du monde, les USA pour ne pas les nommer, veille au grain : aucune goutte de pétrole ne doit partir ni à gauche ni à droite. Voilà pourquoi la France de Sarkozy est vite remise à l’ordre et l’intervention militaire en Libye est confiée à l’OTAN. Car qui dit OTAN dit USA. Est-il exagéré de dire que tous les autres, c'est-à-dire tous les pays qui font partie de la coalition, se comportent comme des vassaux ? Mais vassaux par rapport à qui ? Par rapport aux USA ? Par rapport au couple franco-britannique qui pour la première fois mène la danse des Sioux ou le bal des vampires ? That is the question ! 

Ceci dit, revenons maintenant à l’idée de départ qui nous a poussé à rédiger cet article. Presque à la hâte, il faut le dire, puisque les évènements s’accélèrent et influent les uns sur les autres. L’idée de départ était que je devais parler de ce qui se passe actuellement en Libye sans parti pris ni prise de position en faveur d’un camp ou d’un autre. Je devais donner mon avis de simple citoyen qui suit de loin les évènements comme je l’ai déjà fait pour la révolution tunisienne. Or, même si les causes qui ont conduit la « rue arabe » à se soulever, du Maroc au Yémen, sont pratiquement les mêmes, l’action des manifestants qui contestent l’ordre établi dans chacun de ces pays puis la réaction des régimes républicains, monarchistes ou autres depuis longtemps en place dans ces pays n’ont pas été les mêmes. En Tunisie, « la rue » a été à la hauteur de l’évènement : mobilisée H 24 mais sans sombrer dans le chaos et l’anarchie. Elle était bien encadrée par l’UGTT et par les intellectuels tunisiens qui ont fait preuve d’une véritable conscience politique. Résultat : malgré ses premières tergiversations, l’ex Président Ben Ali avait compris que la situation politique dans son pays lui échappait complètement et définitivement et il ne lui restait donc qu’à prendre ses cliques et ses claques. Après lui, il n y a pas eu le déluge ! Les tunisiens, même s’il leur reste encore un long chemin à faire pour pouvoir asseoir une véritable démocratie, peuvent d’ores et déjà goûter au fruit de leur révolution. Le clan, de celle qu’on appelait « la régente de Carthage », est tombé, mais Carthage est toujours debout. Carthage panse ses blessures, l’œil rivé sur l’avenir. Carthage a donné l’exemple. Elle a ouvert la voie, une brèche vers la démocratie. Aux autres peuples arabes de suivre, de s’y engouffrer !

La chute du Président tunisien Ben Ali et sa fuite vers l’Arabie Saoudite a galvanisé les foules arabes non seulement à Tunis mais aussi … au Caire où les manifestants occupaient la place Tahrir depuis quelques jours déjà. L’on disait alors que l’Egypte est un cas particulier, que son régime était difficile à faire tomber parce que, pour des raisons géostratégiques, il était, de toute évidence, soutenu par les Etats-Unis. Mais, devant l’ampleur de la mobilisation des citoyens du Nil (plus d’un million de personnes pendant plusieurs vendredi de suite) et leur détermination à faire tomber le pharaon Hosni Moubarak, au pouvoir depuis plus de trente ans, ni les Etats-Unis ni une autre puissance ne pouvaient faire quoi que ce soit. Ils étaient réduits à de simples spectateurs tout en espérant et en priant que le nouveau pouvoir qui résulterait de cette révolution égyptienne ne remettrait pas en cause les relations diplomatiques (ainsi que les accords de Camp David) avec leur protégé de la région : Israël.

Une révolution réussie suivie d’une réelle démocratie en Egypte signifie qu’Israël perd, ainsi, de facto, son monopole de « seul état démocratique de la région du Moyen-Orient  ». Voila pourquoi, les pays de l’Occident et à leur tête les Etats-Unis, pris au dépourvu lors des évènements de la Tunisie puis de l’Egypte, tentent maintenant de torpiller ces dynamiques révolutionnaires en Libye, en Syrie et ailleurs, là où l’émergence d’une probable démocratie ne servira pas leurs intérêts. D’aucuns pourront, peut-être, me rétorquer que, jusqu’ici, les pays arabes du Maghreb et du Moyen-Orient où souffle ce vent de liberté sont encore loin d’être des modèles de démocratie. Très juste. Mais ne dit-on pas qu’il y a un début à tout ?

Tout le monde sait qu’une révolution c’est du sang et des larmes, des morts et des blessés, des veuves et des orphelins. Aucune révolution de par le monde et de par l’Histoire ne s’est imposée, du jour au lendemain, en un claquement de doigts. Dans ma profession de chirurgien, nous avons l’habitude de dire « qu’on ne fait pas d’omelette sans casser les œufs  », en faisant allusion aux complications post opératoires et aux décès qui pourraient résulter de certains actes chirurgicaux particulièrement délicats et sanglants. Bien sûr aucun chirurgien n’accepterait de gaité de cœur cette « omelette », si j’ose dire, ni ces coquilles d’œufs vides même s’il est aussi admis que « chaque chirurgien a son cimetière ». J’ai cité ces deux adages relatifs encore une fois à ma profession de chirurgien parce que je les ai toujours trouvés plein de bons sens et de sagesse. De plus, ils peuvent parfaitement s’appliquer au contexte actuel des révolutions au Monde arabe. Une révolution est telle une omelette. On casse les œufs pour faire une omelette, n’est-ce pas ? On ne peut donc faire une révolution sans casser les hommes. Une révolution doit forcément avoir ses blessés et ses estropiés, ses charniers et ses cimetières, particulièrement lorsque, pour des raisons x, interviennent des forces étrangères. C’est à cette situation que l’on assiste malheureusement aujourd’hui en Libye. Les coalisés qui sont intervenus dans ce pays limitrophe de l’Algérie pour soit disant empêcher le fou Kadhafi de commettre un carange sur son propre peuple sont entrain de commettre à leur tour bavure sur bavure. Ils larguent leurs bombes et leurs missiles n’importe où ne faisant plus de distinguo entre les insurgés et les pro-Kadhafi ; pire que ça, ils viennent même de rejeter, et cela par la bouche même d’un haut gradé de l’OTAN, toute excuse pour ces « dommages collatéraux ». Par ailleurs le concept de « frappes chirurgicales » n’est qu’un leurre. On l’a déjà vu en Irak. On le voit aujourd’hui en Libye. Lorsqu’un chasseur bombardier passe, il ne laisse que ruine et désolation derrière lui. Ajoutez à cela l’utilisation d’armes à l’Uranium, qu’il soit appauvri ou enrichi, et vous anéantissez toute vie sur terre et cela pour une très longue période. Dans ces conditions-là, a-t-on vraiment le « droit d’ingérence » ? Encore un autre concept occidental pour faire avaler la pilule amère aux peuples sous-développés du Sud.

(1) http://www.mecanopolis.org/?p=22597

(2) http://www.voltairenet.org/article169058.html

A suivre. 

 

Par aghedia
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Présentation

Créer un Blog

Recherche

Calendrier

Janvier 2012
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30 31          
<< < > >>
 
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés