2 3 4 5 6 7 8 9 10 11    
Mardi 05 Février 2008
Les temps sont durs.

Et, ce qui rend encore les temps plus durs, c’est cette nostalgie qui vient à petits pas et qui me tient. Qui me monte comme la moutarde au nez. J’ai beau essayé de la réprimer, de la chasser de mon esprit, mais elle est tenace. Elle est coriace. Elle est venue sans être invitée. Elle est arrivée à l’improviste. Sans prévenir. Elle a fait irruption toute seule par je ne sais quel espace libre de ma mémoire et elle s’est imposé à moi et m’a imposé que je la regarde en face. Qu’aurais-je pu faire ? Lui dire non ? Franchement, je n’ai pas pu résister à son charme.

"Chassez le naturel et il revient au galop" ! Qui ne connaît pas cet adage ?

 

Tel un spectre, la nostalgie me hante donc. Et, paradoxalement, plus je prends de l’âge et plus les souvenirs de ma jeunesse remontent à la surface. Ils viennent de temps à autre m’habiter, me tarabuster. Et quand l’émotion est à son comble, il m’est difficile de ne pas verser une larme par-ci ou de ne pas pousser un soupir par-là. Putain de merde, voilà qu’un autre adage me vient encore à l’esprit. A l’évocation du mot soupir. "Cœur qui soupire n’a pas ce qu’il désire", dit ce dernier. Oh la la ! Que c’est embêtant ! Qu’ai-je fais au bon Dieu pour que subitement, de bon matin, cette question de nostalgie vienne tout foutre en l’air ? Elle vient me perturber dans tout ce que j’entreprends. Impossible de penser à autre chose qu’aux choses que j’ai vécues à mes vingt ans. Pourtant, je n’ai pas l’habitude de m’apitoyer sur mon sort ni de pleurer mon âge d’or.

 

Alors quelle est la raison de tout ce cirque ?

 

Je crois l’avoir trouvé. Elle est là. Devant mes yeux. Elle s’étale sur quelques lignes au milieu d’une page de Vox populi (à ne pas confondre avec Agora vox) et a pour titre "Adieu jolie Candy".

 

" Vous m’avez donné des frissons avec votre jolie petite pause-café. J’avais 18 ans quand je chantais cette jolie chanson sur la plage de Zemmouri-El Bahri au coucher du soleil, avec de jeunes Européennes qui étaient tristes parce qu’elles allaient repartir chez elles. Mais avec Boumediene qui ne nous laissait pas voyager nous n’avions aucune chance de les rejoindre.

 

Grâce à Chadli, j’ai pu rendre visite, enfin, à mes amis d’enfance à Orly et Paris. Maintenant, j’ai peur pour mes enfants. La menace s’appelle barque de fortune. Venez à Zemmouri-El-Bahri où je suis né. Nous allons tous les deux, un vendredi, jeter des fleurs à la mémoire de ces jeunes disparus. Ma fille m’a dit : "Papa pourquoi ces larmes ?" Je lui ai dit : C’est à adieu jolie Candy". Elle n’a rien compris et je n’ai pas pu lui donner les explications nécessaires.

 

D’émotion, ma langue ne pouvait rien articuler d’autre.

publié par Dr GHEDIA dans: aghedia
   2 3 4 5 6 7 8 9 10 11    

Portail de l'emploi 100% gratuit

Créer un blog sur dzblog.com - Contact - C.G.U. - Reporter un abus