Décidément les femmes, nos femmes, n'ont pas de chance ! Non seulement leur journée de fête est amputée de la matinée (parce qu'elles doivent bien nous préparer la popote) mais aussi, alors que rien ne laissait présager ce revirement brusque au niveau de la stratosphère, la météo s'en est mêlée pour tout gâcher. Autrement dit, même la météo n'est pas clémente avec elles. A croire que dame nature est l'ennemie jurée de ces dames ! Où peuvent-elles aller les femmes par ce temps pluvieux et froid ? S'engouffrer dans les salles obscures (cinéma) ? Celles-ci sont depuis longtemps occupées par des rats ! Marcher en chantant sous la pluie ? Nos ruelles sont boueuses et le moindre pas, même délicatement posé sur le sol, pourrait provoquer des éclaboussures, et alors là…bonjour les dégâts. On peut aisément deviner ce qu’adviendra des pantalons en flanelle et des chemisiers en dentelle. Sans compter les emmerdes qui pourraient provenir de certains hommes. Ceux qui verraient d’un mauvais œil le fait que les femmes sortent fêter leur journée.
Je ne me rappelle plus qui a dit qu'"aucune femme n'est présentable avant neuf heures du matin"mais, si mes souvenirs sont encore bons, je crois que cette citation est d'une…femme. En effet, qui, mieux qu'une femme, connaît la femme ? Mais, sincèrement, je ne suis pas d'accord avec cette citation car la mienne, ma femme, à huit heures déjà de ce huit mars, elle était coquette. Bien maquillée, quoique légèrement, bien habillée d'une jupe maxi bleu nuit, d'un chemisier blanc avec une écharpe bleue nouée autour du cou et prête à aller… affronter la dure journée qui l'attend dans son cabinet. Pour des raisons que je n'arrive pas à m'expliquer, cette année elle a décidé de se passer du 8 mars. Quand je lui en ai parlé, elle m’a regardé, puis, haussant les épaules, elle s’est contentée de dire « Bof ! ». Mais, entre ma femme et moi, il y a une complicité telle qu’en un quart de tour, j’ai compris ce qu’elle voulait dire. A quoi elle faisait allusion. " Le 8 mars, ce n'est pour moi. Moi, j’ai une fonction libérale, et à la fin de l’année j’ai des impôts à payer" m'a-t-elle dit, tout simplement, avant de se mettre au volant de sa voiture. Surpris par cette réaction inattendue de ma seconde moitié, je suis resté bouche bée, ne sachant quoi dire ni quoi faire. Manifestement, elle m'en veut de l'avoir amenée dans ce grand douar où, mises à part les fêtes religieuses, la population féminine ne reconnaît ni le 8 mars ni encore moins la « St Valentin ». Alors, là, j'ai compris que ma femme ne pourra pas faire exception à la règle et elle a donc décidé de faire l'impasse sur le 8 mars, le 16 avril, le 1° mai, le 19 juin, le 1° novembre et tout le reste. Cette année donc il n'y a "pas de 8 mars pour Sissi" !
Une larme amère descendait le long de mon sillon nasal pendant que je la regardais s'éloigner avec sa "Clio" blanche comme la couleur de son chemisier.