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    <title><![CDATA[Bloghedia]]></title>
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    <description><![CDATA[Un lien vers le monde, et le monde est à vous !]]></description>
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    <dc:creator>Over Blog</dc:creator>
    <dc:creator.e-mail>admin@dzblog.com</dc:creator.e-mail>
    <dc:date>2008-07-07</dc:date>

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  <item rdf:about="http://aghedia.dzblog.com/article-246141.html">
    <title><![CDATA[Un nul sur toute la ligne ?]]></title>
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				 <content:encoded><![CDATA[<font size="2"><strong>S&rsquo;il y a une chose dont on parle &eacute;norm&eacute;ment ces jours-ci dans la presse d&rsquo;outre-mer, notamment fran&ccedil;aise, c&rsquo;est bien ce r&eacute;f&eacute;rendum irlandais qui s&rsquo;est sold&eacute; par un non massif au Trait&eacute; de Lisbonne. Ainsi donc, les Irlandais qui avaient pourtant si bien tir&eacute; profit des subventions communautaires ne veulent pas de cette Europe qui n&rsquo;en finit pas de s&rsquo;agrandir, de s&rsquo;&eacute;tendre vers l&rsquo;Est et, qui sait, peut-&ecirc;tre plus tard vers le Sud-Est avec probablement l&rsquo;adh&eacute;sion de la Turquie &agrave; cette union. Mais gageons que les hommes politiques europ&eacute;ens sauront surmonter cette p&eacute;nible &eacute;preuve en imaginant une solution politique de rechange.<br /><br /><!--  --></strong>Un plan B ou C, &agrave; vous de choisir. <br />&quot;<strong><em>Ils vont essayer de trouver une formule pour faire revoter les citoyens irlandais, en esp&eacute;rant cette fois que la consultation populaire se solde par un &laquo;&nbsp;oui&nbsp;&raquo;, et qu&rsquo;enfin le trait&eacute; simplifi&eacute; soit adopt&eacute;&rsquo;&rsquo;</em></strong><em>.</em> Cet optimisme b&eacute;at est cependant plus ou moins temp&eacute;r&eacute; par un autre homme politique et non des moindres qui, lui, est cat&eacute;gorique. Pour Jean-Pierre Chev&egrave;nement donc, puisque c&rsquo;est de lui qu&rsquo;il s&rsquo;agit ici, &quot;<strong><em>Juridiquement, le Trait&eacute; de Lisbonne est mort avec le non irlandais</em></strong>&quot;. Pour que l&rsquo;Europe se ressaisisse et retrouve sa coh&eacute;sion et sa s&eacute;r&eacute;nit&eacute; d&rsquo;antan, il va falloir cravacher dur. Les eurosceptiques d&rsquo;ailleurs tablent sur une dizaine d&rsquo;ann&eacute;es d&rsquo;&acirc;pres n&eacute;gociations au sein des diff&eacute;rentes commissions &agrave; Bruxelles et ailleurs pour pouvoir remettre le train Europe sur les rails. D&rsquo;autres par contre, ceux que l&rsquo;on d&eacute;signe commun&eacute;ment par &quot;&eacute;lites&quot; ne sugg&egrave;rent pas moins que de passer outre le &quot;non&quot; irlandais et d&rsquo;imprimer une marche forc&eacute;e au train Europe quitte &agrave; se faire passer &agrave; leur tour pour des ennemis mortels de la d&eacute;mocratie. Enfin, le mot est prononc&eacute;. N&rsquo;est-ce pas que c&rsquo;est ce qui est reproch&eacute; &agrave; l&rsquo;Europe&nbsp;? L&rsquo;absence de d&eacute;mocratie au niveau de ses structures. Alors que pour nous, les peuples de la rive sud de la M&eacute;diterran&eacute;e, l&rsquo;Europe, quoi qu&rsquo;on en dise, reste un mod&egrave;le presque parfait de d&eacute;mocratie, les populations europ&eacute;ennes elles-m&ecirc;mes ne voient pas les choses de la m&ecirc;me fa&ccedil;on. Question de culture peut-&ecirc;tre&nbsp;? Evidemment cette diff&eacute;rence d&rsquo;appr&eacute;ciation et de perception trouve sa justification pleine et enti&egrave;re dans l&rsquo;absence totale de d&eacute;mocratie dans nos contr&eacute;es. <br /><br />En fait, ce probl&egrave;me qui agite actuellement les responsables europ&eacute;ens a quelque niveau que ce soit, &agrave; Bruxelles ou au Luxembourg, ne nous concerne pas et nous n&rsquo;avons nullement l&rsquo;intention de nous immiscer dans ce d&eacute;bat euro-europ&eacute;en. Seulement, on voudrait bien savoir si ce vote n&eacute;gatif des Irlandais n&rsquo;aurait pas de cons&eacute;quences f&acirc;cheuses sur une autre union qui se profile &agrave; l&rsquo;horizon&nbsp;: l&rsquo;UPM.&nbsp;<br /><br />Il faut dire que jusqu&rsquo;ici personne, parmi les analystes politiques de France et de Navarre, n&rsquo;a abord&eacute; la question sous cet angle. On semble avoir carr&eacute;ment, du moins momentan&eacute;ment, mis aux oubliettes ce projet et cela &agrave; quelques jours seulement des assises constitutives de l&rsquo;UPM qui auront lieu le 13 juillet &agrave; Paris. <br />La presse alg&eacute;rienne, par contre, vient tout juste, timidement, il faut l&rsquo;avouer, d&rsquo;aborder cette question. Elle commence &agrave; se poser des questions et ce au moment m&ecirc;me o&ugrave; la pr&eacute;sence de l&rsquo;Alg&eacute;rie &agrave; ces assises n&rsquo;est plus un secret pour personne. <br />Ce rejet du Trait&eacute; de Lisbonne par les Irlandais ne pouvait pas si mal tomber&nbsp;: &agrave; la veille de deux rendez- vous politiques importants pour Nicolas Sarkozy. Premi&egrave;rement, celui-ci s&rsquo;appr&ecirc;te &agrave; assurer la pr&eacute;sidence de l&rsquo;Union europ&eacute;enne et il est mal venu pour lui de prendre la rel&egrave;ve dans de telles conditions, c&rsquo;est plus que d&eacute;courageant, c&rsquo;est le moins qu&rsquo;on puisse dire. Deuxi&egrave;mement, les nouvelles qui lui parviennent de la rive sud de la M&eacute;diterran&eacute;e ne sont pas non plus rassurantes quant &agrave; la suite des &eacute;v&eacute;nements. Nicolas Sarkozy et son staff politique ont bien du pain sur la planche pour essayer de convaincre les uns et les autres de l&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t qu&rsquo;il y a &agrave; maintenir le cap bien droit des r&eacute;formes politiques qui s&rsquo;imposent &agrave; l&rsquo;Europe d&rsquo;une part et d&rsquo;amarrer les pays de la rive sud de la mare Nostrum &agrave; l&rsquo;Europe d&rsquo;autre part. Vaste chantier&nbsp;! A la place de Nicolas Sarkozy, je n&rsquo;essayerais pas de courir derri&egrave;re deux li&egrave;vres &agrave; la fois. A moins d&rsquo;&ecirc;tre un marathonien m&eacute;daill&eacute;&nbsp;! Et en or. Nicolas Sarkozy devrait revoir ses ambitions &agrave; la baisse. Du moins dans l&rsquo;un ou l&rsquo;autre dossier. C&rsquo;est ce que, en bon conseiller, Henri Guaino devrait lui sugg&eacute;rer. <br /><br />Les peuples sont ingrats, avait dit Churchill, para&icirc;t-il. Il avait bien raison. Cela s&rsquo;est confirm&eacute; cette semaine m&ecirc;me. Les Irlandais qui disent NON &agrave; l&rsquo;Europe alors que leur &eacute;conomie n&rsquo;a pris v&eacute;ritablement son envol que gr&acirc;ce aux subventions et aux aides financi&egrave;res provenant justement de cette Europe, ne peut qu&rsquo;&ecirc;tre enregistr&eacute;e dans ce registre&nbsp;: l&rsquo;ingratitude. Mais, je m&rsquo;en lave les mains, cette sentence n&rsquo;est pas mienne, j&rsquo;ai d&ucirc; la lire quelque part sur l&rsquo;un des nombreux papiers consacr&eacute;s &agrave; cette crise institutionnelle de l&rsquo;Europe. Le choix &eacute;clair&eacute; du peuple Irlandais de dire &quot;Non&quot; au Trait&eacute; de Lisbonne a laiss&eacute; perplexes, effondr&eacute;s m&ecirc;me, plus d&rsquo;un. C&rsquo;est un coup dur pour l&rsquo;Europe. C&rsquo;est un coup de massue sur la t&ecirc;te des &quot;&eacute;lites&quot; europ&eacute;ennes qui ne savent plus maintenant &agrave; quelle ruse politique se r&eacute;f&eacute;rer pour contourner cet obstacle, pour que le &quot;non&quot; irlandais ne soit pas un frein qui bloquerait l&rsquo;Europe pour quelque temps. </font>]]></content:encoded>
	   
    <dc:creator><![CDATA[Dr GHEDIA]]></dc:creator>
    <dc:language>fr</dc:language>
    <dc:date>2008-06-20T12:58:03+02:00</dc:date>
  </item>

	
  <item rdf:about="http://aghedia.dzblog.com/article-243325.html">
    <title><![CDATA[De l'UMP à l'UPM]]></title>
    <link>http://aghedia.dzblog.com/article-243325.html</link>
				 <content:encoded><![CDATA[<strong><font size="2">Avec le temps, c&rsquo;est-&agrave;-dire &agrave; l&rsquo;approche du 13 juillet, il devient de plus en plus &eacute;vident qu&rsquo;en annon&ccedil;ant son projet de l&rsquo;Union pour la M&eacute;diterran&eacute;e lors d&rsquo;un discours de campagne &eacute;lectorale, celui qui n&rsquo;&eacute;tait alors qu&rsquo;un candidat de l&rsquo;UMP &agrave; la pr&eacute;sidentielle fran&ccedil;aise, Nicolas Sarkozy, avait en fait &quot;mis la charrue avant les b&oelig;ufs&quot;. Ce qui n&rsquo;est pourtant pas dans la tradition des hommes politiques fran&ccedil;ais. Habituellement, ceux-ci ne prononcent pas de discours d&eacute;magogiques, mais font plut&ocirc;t dans le pragmatisme. Dans la realpolitik, pour user d&rsquo;un terme des temps modernes, ils n&rsquo;usent pas de la langue de bois comme il est de coutume chez leurs homologues du Sud et ainsi donc ils n&rsquo;avancent des choses que lorsqu&rsquo;ils sont certains d&rsquo;&ecirc;tre &eacute;cout&eacute;s et leurs conseils suivis &agrave; la lettre.<br /><br /></font></strong><a href="http://www.agoravox.fr/IMG/carte-union-europenne-mediterranee_1195563443.gif" target="_new"><strong><font size="2"></font></strong></a><font size="2"><img alt="" src="http://idata.blogmaster.fr/0/00/36/30/carte-union-europenne-mediterranee_1195563443.gif" class="GcheTexte" />&nbsp;<!--  -->Il faut dire que &ccedil;a n&rsquo;a pas &eacute;t&eacute; le cas de Nicolas Sarkozy qui s&rsquo;est empress&eacute; d&rsquo;annoncer un projet qui, m&ecirc;me s&rsquo;il est tr&egrave;s louable dans ses intentions, n&rsquo;a pas &eacute;t&eacute; d&rsquo;embl&eacute;e accept&eacute; &agrave; l&rsquo;unanimit&eacute; par ses partenaires de l&rsquo;Union europ&eacute;enne. S&rsquo;il a peut-&ecirc;tre &eacute;t&eacute; tr&egrave;s facile &agrave; Nicolas Sarkozy de convaincre Espagnols et Italiens de l&rsquo;utilit&eacute; et de l&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t qu&rsquo;il y a &agrave; f&eacute;d&eacute;rer tous les pays riverains de la M&eacute;diterran&eacute;e autour de cette noble id&eacute;e, parions qu&rsquo;il a d&ucirc; &eacute;prouver toutes les peines du monde &agrave; vendre sous cet emballage le produit de sa r&eacute;flexion politique &agrave; l&rsquo;Allemagne d&rsquo;Angel Merkel. </font>
<p>&nbsp;</p>
<p class="spip"><font size="2">Preuve en est le changement de l&rsquo;appellation de ce projet qui, de &quot;<strong>l&rsquo;Union m&eacute;diterran&eacute;enne</strong>&quot;, s&rsquo;est transform&eacute; en un tour de main en une &quot;</font><font size="2"><strong>Union pour
<personname w:st="on" productid="la M&#65513;diterran&#65513;e"></personname>
la M&eacute;diterran&eacute;e&quot; </strong>et cela juste apr&egrave;s une r&eacute;union &agrave; Hanovre, en Allemagne, de Nicolas Sarkozy avec la chanceli&egrave;re allemande. Sans &ecirc;tre linguiste chevronn&eacute;, il est ais&eacute; de comprendre que l&rsquo;adjonction de la pr&eacute;position &quot;pour&quot; &agrave; l&rsquo;intitul&eacute; initial du projet change du tout au tout la donne. En effet, dans ce projet, il est beaucoup plus question des probl&egrave;mes de l&rsquo;environnement qui se posent &agrave;
<personname w:st="on" productid="la M&#65513;diterran&#65513;e"></personname>
la M&eacute;diterran&eacute;e elle-m&ecirc;me et des embarcations de fortune qui y naviguent &agrave; l&rsquo;assaut de la citadelle Europe que d&rsquo;une r&eacute;elle volont&eacute; des Europ&eacute;ens de s&rsquo;unir avec le Maghreb ou d&rsquo;aider les pays du Sud &agrave; se d&eacute;velopper. Proposer une coop&eacute;ration dans la lutte des incendies de for&ecirc;ts &agrave; un pays aussi d&eacute;sertique que l&rsquo;Egypte ou
<personname w:st="on" productid="la Libye"></personname>
la Libye n&rsquo;a aucun sens &agrave; mon avis. Ceci est un exemple parmi tant d&rsquo;autres. &Ccedil;a fait peut-&ecirc;tre sourire, mais c&rsquo;est ce que j&rsquo;ai lu quelque part dans une chronique d&rsquo;un grand hebdomadaire fran&ccedil;ais&nbsp;! Car de l&rsquo;avis des hommes politiques et des sp&eacute;cialistes des relations internationales qui s&rsquo;expriment un peu partout dans les m&eacute;dias tant fran&ccedil;ais qu&rsquo;autres, le projet de cette fameuse union tel qu&rsquo;il se pr&eacute;sente actuellement, c&rsquo;est-&agrave;-dire ax&eacute; en grande partie sur les probl&egrave;mes d&rsquo;ordre &eacute;cologique, est d&rsquo;un flou total&nbsp;: personne ne sait exactement en quoi il consiste r&eacute;ellement sur le plan politique. Sauf peut-&ecirc;tre son promoteur, Nicolas Sarkozy, et son &quot;porte-plume&quot;, Henri Guaino. Au d&eacute;part d&rsquo;ailleurs, certains analystes politiques ont vu, dans ce projet, une ruse politique de Nicolas Sarkozy qui voulait en quelque sorte faire d&rsquo;une pierre deux coups&nbsp;: proposer une alternative &agrave;
<personname w:st="on" productid="la Turquie"></personname>
la Turquie [il est contre l&rsquo;adh&eacute;sion de ce pays &agrave; l&rsquo;Union europ&eacute;enne] et obliger les pays arabes &agrave; normaliser leurs relations avec l&rsquo;Etat d&rsquo;Isra&euml;l sans que celui-ci ne soit &agrave; son tour tenu par l&rsquo;obligation de permettre la cr&eacute;ation d&rsquo;un Etat palestinien viable. </font></p>
<p><font size="2"></font></p>
<p class="spip"><font size="2">Alors que certains pays du Sud ont v&eacute;cu derni&egrave;rement des &eacute;meutes de la faim cons&eacute;quemment &agrave; la chert&eacute; des produits de premi&egrave;re n&eacute;cessit&eacute; sur le march&eacute; international, l&rsquo;on nous convie, en quelque sorte, et ce n&rsquo;est pas exag&eacute;r&eacute; de le dire, &agrave; un d&eacute;bat sur la pollution marine et l&rsquo;&eacute;cologie d&rsquo;une fa&ccedil;on g&eacute;n&eacute;rale. Alors que les pays du Sud attendent une coop&eacute;ration dans les domaines scientifiques et technologiques, l&rsquo;on nous propose que des th&egrave;mes en rapport avec l&rsquo;environnement. Je ne dis pas par-l&agrave; que l&rsquo;environnement ne doit pas attirer notre attention, mais force est de reconna&icirc;tre qu&rsquo;il y a mille et une priorit&eacute;s pour les pays du Sud. Pour des populations d&eacute;munies de tout ou presque, pour des populations au ventre creux, il n&rsquo;est pas facile de leur faire avaler la pilule am&egrave;re de l&rsquo;environnement en leur disant qu&rsquo;on va s&rsquo;unir avec l&rsquo;Europe pour colmater la br&egrave;che de l&rsquo;ozone au-dessus de l&rsquo;Antarctique. Ils n&rsquo;en ont rien &agrave; cirer. </font></p>
<p><font size="2"></font></p>
<p class="spip"><font size="2">Ainsi, le projet est vid&eacute; de toute sa substance bien avant d&rsquo;avoir vu le jour et on se retrouve au bout du compte avec un &quot;processus de Barcelone bis&quot;, processus qui, il faut en convenir, n&rsquo;a pas donn&eacute; les r&eacute;sultats escompt&eacute;s. Et c&rsquo;est ce qui d&rsquo;ailleurs laisse les pays de la rive Sud de
<personname w:st="on" productid="la M&#65513;diterran&#65513;e"></personname>
la M&eacute;diterran&eacute;e sceptiques quant &agrave; l&rsquo;aboutissement de ce second projet. Et c&rsquo;est pour cela aussi qu&rsquo;ils sont loin d&rsquo;accueillir avec &quot;<em>enthousiasme</em>&quot;, comme le dit un professeur de sociologie, <em>&quot;l&rsquo;id&eacute;e avanc&eacute;e par Nicolas Sarkozy</em><em>&quot;</em>. Du moins l&rsquo;accueil qu&rsquo;ils lui ont r&eacute;serv&eacute;, par politesse et non par calcul politicien comme on a tendance &agrave; le faire croire, reste mitig&eacute;. De l&rsquo;Egypte &agrave; l&rsquo;Alg&eacute;rie en passant par
<personname w:st="on" productid="la Tunisie"></personname>
la Tunisie, c&rsquo;est toujours le <em>&quot;wait and see&quot;</em> m&ecirc;me si lors de chaque escale dans l&rsquo;un ou l&rsquo;autre de ces pays Nicolas Sarkozy ou ses &eacute;missaires promettent monts et merveilles, copr&eacute;sidence &agrave; Hosni Moubarak et secr&eacute;tariat &agrave; Zine El Abidine Ben Ali. Il faut bien reconna&icirc;tre que ceux-ci ne sont pas assez dupes pour croire au p&egrave;re No&euml;l, ils savent bien que, m&ecirc;me si le p&egrave;re de ce projet est bien Nicolas Sarkozy, la t&acirc;che de distribuer les r&ocirc;les dans cette future union ne lui incombe pas &agrave; lui tout seul et que Bruxelles veille au grain c&rsquo;est-&agrave;-dire sur tout au sein de l&rsquo;Union europ&eacute;enne. Rien ne se fait sans son accord. Bruxelles l&rsquo;a d&eacute;j&agrave; fait savoir&nbsp;: elle n&rsquo;entend pas laisser le champ libre &agrave; Sarkozy de man&oelig;uvrer &agrave; sa guise. Tous les pays de l&rsquo;Union se sentent concern&eacute;s par cette affaire m&ecirc;me s&rsquo;ils ne sont pas tous riverains de
<personname w:st="on" productid="la M&#65513;diterran&#65513;e"></personname>
la M&eacute;diterran&eacute;e et m&ecirc;me si le regard de certains d&rsquo;entre eux est plut&ocirc;t tourn&eacute; vers l&rsquo;Est&nbsp;: c&rsquo;est le cas de l&rsquo;Allemagne. Ainsi donc faire adh&eacute;rer &agrave; ce processus un pays qui, comme
<personname w:st="on" productid="la Norv&#65512;ge"></personname>
la Norv&egrave;ge par exemple, n&rsquo;a rien &agrave; voir ni de pr&egrave;s ni de loin avec
<personname w:st="on" productid="la M&#65513;diterran&#65513;e"></personname>
la M&eacute;diterran&eacute;e est une bien belle fa&ccedil;on de torpiller ce processus. C&rsquo;est une belle fa&ccedil;on de noyer le poisson dans l&rsquo;eau de la grande bleue&nbsp;<strong>! </strong></font></p>
<p><font size="2"></font></p>
<p><font size="2"></font></p>
<p><font size="2"></font></p>
<font size="2"></font>
<p>&nbsp;</p>
<p><font size="2"></font></p>]]></content:encoded>
	   
    <dc:creator><![CDATA[Dr GHEDIA]]></dc:creator>
    <dc:language>fr</dc:language>
    <dc:date>2008-06-03T14:40:31+02:00</dc:date>
  </item>

	
  <item rdf:about="http://aghedia.dzblog.com/article-225308.html">
    <title><![CDATA[De Guernica à Gaza]]></title>
    <link>http://aghedia.dzblog.com/article-225308.html</link>
				 <content:encoded><![CDATA[<font size="2"><strong>Aujourd&rsquo;hui, en faisant les mots crois&eacute;s du &quot;Soir d&rsquo;Alg&eacute;rie&quot;, je suis tomb&eacute; sur deux mots qui n&rsquo;ont aucun rapport l&rsquo;un avec l&rsquo;autre. Et &ccedil;a m&rsquo;a donn&eacute; l&rsquo;envie de donner libre cours &agrave; mon imagination. A mon verbiage. &Ccedil;a m&rsquo;a donn&eacute; l&rsquo;envie de tapoter sur mon clavier, entre deux interventions chirurgicales comme pr&eacute;cis&eacute; sur mon CV, conscient cependant du fait que n&rsquo;est pas chroniqueur qui veut&nbsp;! Mais, comme le jeu en valait la chandelle, je me suis alors laiss&eacute; emport&eacute;, berc&eacute; par le bruit des touches de mon clavier.<br /><br /></strong><img alt="" src="http://idata.blogmaster.fr/0/00/36/30/guernica.jpg" class="DrteTexte" />&nbsp;</font>
<p dir="rtl" style="LINE-HEIGHT: 150%; TEXT-ALIGN: left" align="right"><font size="2"><span lang="FR" dir="ltr">Le premier mot est anglo-saxon et n&rsquo;est autre que le fameux &quot;<strong>Watergate</strong>&quot;, scandale pour lequel le pr&eacute;sident am&eacute;ricain Richard Nixon a &eacute;t&eacute; contraint de d&eacute;missionner. </span>Mais, je ne compte pas m&rsquo;&eacute;tendre l&agrave;-dessus, car en mati&egrave;re de scandales, l&rsquo;Am&eacute;rique en a connu&nbsp;! Avec les &quot;quelque chose+ gate&quot;, il est ais&eacute;, &agrave; un journaliste d&rsquo;investigation tel que Bob Woodward par exemple, de remplir des pages et des pages. Mais rien ne dit que, comme par le pass&eacute;, &ccedil;a se termine forc&eacute;ment par l&rsquo;accusation, le jugement et la d&eacute;mission de leur poste de responsabilit&eacute; ou carr&eacute;ment la mise aux arr&ecirc;ts de leurs auteurs. Les temps ont chang&eacute;. L&rsquo;Am&eacute;rique aussi. &quot;La loi et l&rsquo;ordre&quot;, ce concept des ann&eacute;es Nixon n&rsquo;est plus de mise dans le pays de l&rsquo;oncle Sam&nbsp;! Ou plut&ocirc;t de l&rsquo;oncle Bush. Le 11-Septembre a tout chamboul&eacute;. L&rsquo;Am&eacute;rique est aujourd&rsquo;hui fi&egrave;re de pratiquer &quot;la baignoire&quot;. Sur les bougnoules. </font></p>
<p class="spip"><font size="2"></font></p>
<p dir="rtl" style="LINE-HEIGHT: 150%; TEXT-ALIGN: left" align="right"><span lang="FR" dir="ltr"><font size="2">Quant au second mot de ma grille g&eacute;ante du <em>Soir d&rsquo;Alg&eacute;rie,</em> il a une origine ib&eacute;rique autrement dit beaucoup plus pr&egrave;s de nous, dans l&rsquo;espace je veux dire, et a rapport avec la guerre d&rsquo;Espagne de 1936. </font></span></p>
<p class="spip"><font size="2"></font></p>
<p dir="rtl" style="LINE-HEIGHT: 150%; TEXT-ALIGN: left" align="right"><span lang="FR" dir="ltr"><font size="2">En fait, il s&rsquo;agissait de trouver le nom d&rsquo;une toile c&eacute;l&egrave;bre du non moins c&eacute;l&egrave;bre peintre espagnol Pablo Picasso. Bien que je ne sois pas un cruciverbiste confirm&eacute;, il ne pas fallu beaucoup de temps pour trouver&nbsp;: <strong>Guernica&nbsp;! </strong>Reconnaissez que &ccedil;a rime avec... eur&ecirc;ka&nbsp;! Sauf que votre chroniqueur n&rsquo;&eacute;tait pas dans une baignoire et &ccedil;a ne risquait donc pas de d&eacute;border&nbsp;! Votre chroniqueur ne risquait pas de s&rsquo;&eacute;touffer non plus&nbsp;! </font></span></p>
<p class="spip"><font size="2"></font></p>
<p dir="rtl" style="LINE-HEIGHT: 150%; TEXT-ALIGN: left" align="right"><span lang="FR" dir="ltr"><font size="2">Guernica c&rsquo;est l&rsquo;atrocit&eacute; absurde de la guerre. Guernica c&rsquo;est la destruction sous les bombes de l&rsquo;aviation allemande de tout un village du pays basque. Mais avec l&rsquo;aval de Franco. Guernica c&rsquo;est la folie meurtri&egrave;re des hommes. Guernica pr&eacute;sageait d&eacute;j&agrave; les drames qui attendaient l&rsquo;Europe et qui allaient aboutir &agrave; la Shoah. Picasso en a &eacute;t&eacute; tr&egrave;s &eacute;mu, tr&egrave;s choqu&eacute; &agrave; tel point qu&rsquo;il lui a consacr&eacute; toute son &eacute;nergie et tout son g&eacute;nie. Et, il l&rsquo;immortalisa sur un bout de toile. </font></span></p>
<p class="spip"><font size="2"></font></p>
<p dir="rtl" style="LINE-HEIGHT: 150%; TEXT-ALIGN: left" align="right"><span lang="FR" dir="ltr"><font size="2">On a dit que Guernica est le premier village bombard&eacute; par l&rsquo;aviation dans toute l&rsquo;histoire des guerres que l&rsquo;homme inflige &agrave; l&rsquo;homme c&rsquo;est-&agrave;-dire &agrave; son esp&egrave;ce. Mais, l&rsquo;industrie a&eacute;ronautique et la technologie aidant, il y a eu d&rsquo;autres Guernica par la suite. Et pas seulement en Europe. </font></span></p>
<p class="spip"><font size="2"></font></p>
<p dir="rtl" style="LINE-HEIGHT: 150%; TEXT-ALIGN: left" align="right"><span lang="FR" dir="ltr"><font size="2">Sakiet sidi youcef, ce village situ&eacute; sur la fronti&egrave;re alg&eacute;ro-tunisienne a, lui aussi, connu les affres des bombardements a&eacute;riens. Par l&rsquo;arm&eacute;e fran&ccedil;aise lors de la guerre d&rsquo;Alg&eacute;rie. Sauf que ce village est rest&eacute; longtemps dans l&rsquo;ombre. Il n&rsquo;a pas eu la chance d&rsquo;&ecirc;tre immortalis&eacute; ni par une toile ni par autre chose. Et pour cause&nbsp;: nous n&rsquo;avions pas de Picasso ni d&rsquo;&eacute;crivains de la trempe d&rsquo;Ernest Hemingway. &Ccedil;a n&rsquo;existait pas non plus chez nos voisins tunisiens. </font></span></p>
<p class="spip"><font size="2"></font></p>
<p dir="rtl" style="LINE-HEIGHT: 150%; TEXT-ALIGN: left" align="right"><span lang="FR" dir="ltr"><font size="2">Je ne saurais vous dire pour quelle raison chaque fois que j&rsquo;&eacute;voque cette guerre, la guerre d&rsquo;Espagne, il me vient &agrave; l&rsquo;esprit Ernest Hemingway et son fameux <em><strong>Pour qui sonne le glas</strong>.</em> Est-ce parce que lui aussi avait particip&eacute; &agrave; cette guerre&nbsp;? En tant que reporter, bien s&ucirc;r. Mais, honn&ecirc;tement, &agrave; part<em> Le Vieil Homme et la Mer,</em> je n&rsquo;ai lu ni le livre que je viens de citer ni d&rsquo;autres &oelig;uvres de cet auteur &ocirc; combien prolifique&nbsp;! </font></span></p>
<p class="spip"><font size="2"></font></p>
<p dir="rtl" style="LINE-HEIGHT: 150%; TEXT-ALIGN: left" align="right"><font size="2"><span lang="FR" dir="ltr">Watergate. Guernica. Monicagate. </span>Il ne manque qu&rsquo;un autre scandale pour aboutir &agrave; un Picasso&nbsp;! Un tableau et non pas l&rsquo;homme. A accrocher dans une vaste salle d&rsquo;un mus&eacute;e d&eacute;di&eacute; &agrave; la m&eacute;moire des enfants de Palestine<strong>&nbsp;: Gazagate</strong>. </font></p>
<p class="spip"><font size="2"></font></p>
<p dir="rtl" style="LINE-HEIGHT: 150%; TEXT-ALIGN: left" align="right"><span lang="FR" dir="ltr"><font size="2">Gazagate est, pour ceux qui ne connaissent pas encore ce terme, la derni&egrave;re trouvaille d&rsquo;un journaliste du <em>Soir d&rsquo;Alg&eacute;rie</em> (1) pour rendre compte de la derni&egrave;re visite de Condoleezza Rice en Isra&euml;l&nbsp;: alors que les enfants de Gaza, cette immense prison &agrave; ciel ouvert, p&eacute;rissaient sous les bombes isra&eacute;liennes, comme jadis les enfants de Guernica sous les bombes allemandes, celle-ci n&rsquo;a pas trouv&eacute; mieux que de faire endosser la responsabilit&eacute;, toute la responsabilit&eacute;, aux seuls Palestiniens. Et, j&rsquo;aimerais bien lui r&eacute;pondre poliment et diplomatiquement que les enfants, qu&rsquo;ils soient de Guernica, de Tel Aviv ou de Gaza ne m&eacute;ritent pas de p&eacute;rir atrocement mutil&eacute;s, atrocement br&ucirc;l&eacute;s sous un d&eacute;luge de bombes ou... de p&eacute;tards. Quelle qu&rsquo;en soit la cause. En effet, dans ce cas pr&eacute;cis, force est d&rsquo;admettre que les forces sont disproportionn&eacute;es. La communaut&eacute; internationale l&rsquo;a reconnu. Compar&eacute;es &agrave; la technologie de l&rsquo;armement de l&rsquo;Etat h&eacute;breu, les roquettes tir&eacute;es par les Palestiniens ne sont rien d&rsquo;autre que des &quot;p&eacute;tards mouill&eacute;s&quot;. On l&rsquo;a dit et r&eacute;p&eacute;t&eacute; &agrave; maintes reprises&nbsp;: il n&rsquo; y a aucune commune mesure entre les pierres lanc&eacute;es par des enfants et la riposte par armes lourdes &agrave; vis&eacute;e chirurgicale des soldats du Tsahal. </font></span></p>
<p class="spip"><font size="2"></font></p>
<p dir="rtl" style="LINE-HEIGHT: 150%; TEXT-ALIGN: left" align="right"><span lang="FR" dir="ltr"><font size="2">Malheureusement, les Etats-Unis, avec leur politique de &quot;deux poids deux mesures&quot; ne le voient pas ainsi et ne l&rsquo;entendent pas de cette fa&ccedil;on-l&agrave;. </font></span></p>
<p class="spip"><font size="2"></font></p>
<p dir="rtl" style="LINE-HEIGHT: 150%; TEXT-ALIGN: left" align="right"><span lang="FR" dir="ltr"><font size="2">Hillary Clinton est &agrave; deux doigts de se faire d&eacute;signer comme candidate des d&eacute;mocrates &agrave; la pr&eacute;sidentielle am&eacute;ricaine du mois de novembre prochain. Elle commence &agrave; ravir la vedette &agrave; Barack Obama. L&rsquo;obamamania s&rsquo;essouffle&nbsp;; elle peine&nbsp;; elle ne semble pas r&eacute;sister au temps et aux critiques qui fusent de toutes parts dans la presse am&eacute;ricaine sur les origines soi-disant musulmanes de ce candidat ni vraiment noir ni tout &agrave; fait blanc. Ni chocolat ni vanille pour reprendre l&rsquo;humour de Molly et de ses petits copains Noirs dans le film <em><strong><a href="http://www.arte.tv/fr/semaine/244,broadcastingNum=827246,day=5,week=11,year=2008.html"><font color="#800080">Corinna, Corinna</font></a></strong></em> pass&eacute; r&eacute;cemment sur la cha&icirc;ne franco-allemande Arte. </font></span></p>
<p class="spip"><font size="2"></font></p>
<p dir="rtl" style="LINE-HEIGHT: 150%; TEXT-ALIGN: left" align="right"><font size="2"><span lang="FR" dir="ltr">Une femme &agrave; la t&ecirc;te de la premi&egrave;re puissance mondiale est tout le mal qu&rsquo;on souhaite &agrave; l&rsquo;Am&eacute;rique. Peut-&ecirc;tre changera-t-elle de cap et de politique vis-&agrave;-vis du monde arabe. Peut-&ecirc;tre sera-t-elle plus encline &agrave; entendre les cris de douleur des enfants palestiniens.</span> </font></p>
<p class="spip"><font size="2"></font></p>
<p dir="rtl" style="LINE-HEIGHT: 150%; TEXT-ALIGN: left" align="right"><span lang="FR" dir="ltr"><font size="2">Mais sachant que la soci&eacute;t&eacute; am&eacute;ricaine est misogyne dans son ensemble, m&ecirc;me si par ailleurs elle s&rsquo;en d&eacute;fend, ce n&rsquo;est pas demain la veille qu&rsquo;une chose pareille puisse se produire. </font></span></p>
<p class="spip"><font size="2"></font></p>
<p dir="rtl" style="LINE-HEIGHT: 150%; TEXT-ALIGN: left" align="right"><font size="2"></font></p>
<p class="spip"><font size="2"><span lang="FR">(1) enfin, c&rsquo;est ce que je suppose car je n&rsquo;ai lu nulle part ailleurs cette expression.</span> </font></p>]]></content:encoded>
	   
    <dc:creator><![CDATA[Dr GHEDIA]]></dc:creator>
    <dc:language>fr</dc:language>
    <dc:date>2008-03-14T17:30:20+02:00</dc:date>
  </item>

	
  <item rdf:about="http://aghedia.dzblog.com/article-220095.html">
    <title><![CDATA[De Gaulle avait-il vraiment compris les Algériens ?(2)]]></title>
    <link>http://aghedia.dzblog.com/article-220095.html</link>
				 <content:encoded><![CDATA[<font size="2"><strong>E n 1962 donc, alors que soldats fran&ccedil;ais et colons, les uns charg&eacute;s de leur paquetage les autre tra&icirc;nant leurs valises, embarquaient sur des navires &agrave; destination de Marseille ou de Brest, les alg&eacute;riens sortaient dans une sorte de liesse populaire festoyer. Les gorges d&eacute;ploy&eacute;es, les drapeaux vert et rouge orn&eacute;s d&rsquo;une &eacute;toile et d&rsquo;un croissant au milieu port&eacute;s par des milliers de bras, les alg&eacute;rois convergeaient vers la place des Martyrs dans une cohue indescriptible. Les cris de joie, les youyous et les &quot;tahia el djazair&quot; r&eacute;sonnent encore dans ma t&ecirc;te. Il faut dire qu&rsquo;&agrave; cette &eacute;poque-l&agrave;, je n&rsquo;&eacute;tais qu&rsquo;un bambin, pas plus haut que trois pommes, mais j&rsquo;ai gard&eacute; des souvenirs intacts, je dirais m&ecirc;me imp&eacute;rissables de cette journ&eacute;e m&eacute;morable du 5 juillet.<img alt="" src="http://idata.blogmaster.fr/0/00/36/30/indepedence.jpg" class="DrteTexte" /><br /><br /></strong>Et des journ&eacute;es suivantes. Car la f&ecirc;te avait dur&eacute; plusieurs jours. Et il devait en &ecirc;tre pareil dans toutes les villes alg&eacute;riennes. M&ecirc;me en plein d&eacute;sert, &agrave; des milliers de Km de Dunkerque, &agrave; Tamanrasset et ailleurs dans les vastes contr&eacute;es d&eacute;sertiques, les Touareg avaient d&ucirc; certainement f&ecirc;ter cet &eacute;v&egrave;nement. A leur mani&egrave;re. L&rsquo;id&eacute;e, tant r&ecirc;v&eacute;e par de Gaulle, d&rsquo;une France qui s&rsquo;&eacute;tendrait de Dunkerque &agrave; Tamanrasset, n&rsquo;a pu r&eacute;sister &agrave; la d&eacute;ferlante guerri&egrave;re qui a pris naissance dans les Aur&egrave;s sept ans auparavant.&nbsp; </font>
<p class="spip"><font size="2">Mais, paradoxalement, en haut lieu, les choses n&rsquo;allaient pas. Entre les militaires, particuli&egrave;rement l&rsquo;arm&eacute;e dite des fronti&egrave;res, et les politiques, ceux qui ont sign&eacute;, pour la partie alg&eacute;rienne, les accords d&rsquo;Evian (pour ne pas les nommer), une guerre de succession commen&ccedil;ait &agrave; poindre du nez. Les r&egrave;glements de compte pour une histoire de leadership d&rsquo;un pays pourtant exsangue par sept ans de guerre et de mis&egrave;re avaient commenc&eacute;. Pour la plupart des politologues d&rsquo;ailleurs c&rsquo;est &agrave; cette &eacute;poque que remonte notre malheur actuel&nbsp;: d&egrave;s l&rsquo;ind&eacute;pendance acquise, l&rsquo;Alg&eacute;rie avait pris une mauvaise direction. Gris&eacute;s par l&rsquo;ind&eacute;pendance, ceux qui, quelques mois auparavant, &eacute;taient unis comme les doigts de la main, s&rsquo;&eacute;taient lanc&eacute;s dans des guerres intestines pour le pouvoir. Il faut dire que le pouvoir rend les hommes aveugles et sourds. Le slogan, &quot; le seul h&eacute;ro, le peuple&quot; peint sur toutes les fa&ccedil;ades des immeubles d&rsquo;Alger, ne leur disait rien. Ne leur rappelait rien. On avait vite oubli&eacute; que le peuple avait, d&rsquo;une mani&egrave;re ou d&rsquo;une autre, particip&eacute;, lui aussi, &agrave; la lib&eacute;ration du pays. Ainsi donc, le peuple est &eacute;cart&eacute; de toute d&eacute;cision&nbsp;; il est consid&eacute;r&eacute; comme non mature. Ni pour la d&eacute;mocratie ni pour une autre forme de gouvernance &agrave; laquelle il pourrait &ecirc;tre associ&eacute;. </font></p>
<p class="spip"><font size="2">La formation d&rsquo;une assembl&eacute;e constituante &agrave; laquelle le FFS appelait de tous ses v&oelig;ux n&rsquo;a pas v&eacute;ritablement eu lieu. C&rsquo;&eacute;tait au FLN qui tirait sa l&eacute;gitimit&eacute; historique de l&rsquo;ALN qu&rsquo;incombait la t&acirc;che de conduire le peuple vers d&rsquo;autres victoires&nbsp;: l&rsquo;&eacute;dification d&rsquo;une nouvelle soci&eacute;t&eacute; juste et &eacute;quitable, d&eacute;mocratique et socialiste. </font></p>
<p class="spip"><font size="2">Dans sa r&eacute;sidence de &quot;Colombey les deux &eacute;glises&quot;, le G&eacute;n&eacute;ral de Gaulle &agrave; qui, n&rsquo;en doutons pas, des rapports sur la situation en Alg&eacute;rie &eacute;taient dress&eacute;s quotidiennement, devait certainement savourer cette &quot;paix des braves&quot;&nbsp;: il venait de se dessaisir d&rsquo;un fardeau&nbsp;; il venait de se d&eacute;barrasser d&rsquo;une &quot;fiole contenant de l&rsquo;huile et du vinaigre&quot;. Non pas parce que le m&eacute;lange de ces deux liquides soit d&eacute;tonant, mais comme il l&rsquo;avait expliqu&eacute; lui-m&ecirc;me, d&egrave;s que cesse l&rsquo;agitation de la fiole qui les contient, ils se s&eacute;parent, chacun occupant un espace propre &agrave; lui. Et, effectivement, le G&eacute;n&eacute;ral avait raison&nbsp;: en plus d&rsquo;un si&egrave;cle de colonisation, fran&ccedil;ais et alg&eacute;riens de souche n&rsquo;avaient jamais pu se m&eacute;langer, ni su s&rsquo;int&eacute;grer intelligemment les uns aux autres. Chacun des deux peuples &eacute;tait sur ses gardes, chacun des deux peuples campait sur ses positions&nbsp;: les uns par complexe de sup&eacute;riorit&eacute;, les autres par peur de perdre leur &acirc;me. Pourtant, du m&eacute;tissage de ces deux peuples, du rapprochement de ces deux cultures, aurait pu na&icirc;tre une soci&eacute;t&eacute; telle qu&rsquo;aujourd&rsquo;hui les nations de la terre enti&egrave;re l&rsquo;envieraient. Mais, l&rsquo;histoire est ainsi faite. Et elle ne se r&eacute;p&egrave;te pas. Il ne sert donc &agrave; rien de se lamenter sur ce qu&rsquo;on aurait du faire ou ne pas faire. Le fait est l&agrave;. L&rsquo;Alg&eacute;rie a recouvert son ind&eacute;pendance, sa libert&eacute;, apr&egrave;s plus de sept ans de guerre et des milliers de morts (les chiffres avanc&eacute;s par les uns sont cependant contest&eacute;s par les autres), et, malheureusement, par la faute de se gouvernants successifs, n&rsquo;a su que faire... </font></p>
<p class="spip"><font size="2">Le r&egrave;gne de A. Benbella n&rsquo;a pas dur&eacute; longtemps. Les rumeurs disaient qu&rsquo;il a &eacute;t&eacute; arr&ecirc;t&eacute; pendant qu&rsquo;il assistait &agrave; un match de football de coupe d&rsquo;Alg&eacute;rie. Mis sous r&eacute;sidence surveill&eacute;e, on n&rsquo;entendra plus parler de lui pendant de longues ann&eacute;es. Le putschiste n&rsquo;&eacute;tait autre que Houari Boumediene qui &eacute;tait vice pr&eacute;sident du conseil de la r&eacute;volution alg&eacute;rienne. Apr&egrave;s la destitution, le 19 juin 1965, sans effusion de sang, il faut le reconna&icirc;tre, du premier Za&#1111;m de l&rsquo;Alg&eacute;rie ind&eacute;pendante, Houari Boumediene est devenu le nouveau pr&eacute;sident de l&rsquo;Alg&eacute;rie. Ambitieux, il s&rsquo;attellera vite &agrave; redonner espoir &agrave; la population, particuli&egrave;rement &agrave; la paysannerie qu&rsquo;il ch&eacute;rissait tant. La r&eacute;volution agraire est vite lanc&eacute;e. Son objectif&nbsp;: la terre &agrave; ceux qui la travaillent. Et puis, c&rsquo;&eacute;tait aussi une fa&ccedil;on d&rsquo;arr&ecirc;ter l&rsquo;exode rural qui commen&ccedil;ait &agrave; poser probl&egrave;me, &agrave; d&eacute;naturer l&rsquo;environnement imm&eacute;diat des villes par l&rsquo;&eacute;rection de bidonvilles &agrave; perte de vue. Sur le plan social, la gratuit&eacute; des soins est garantie &agrave; toute la population, riche ou pauvre. Malheureusement, celle-ci a beaucoup plus profit&eacute; aux riches qu&rsquo;aux pauvres et cela par la faute d&rsquo;une bureaucratie encline &agrave; favoriser les uns par rapport aux autres et de l&rsquo;esprit &quot;ben &acirc;miste&quot; encore ancr&eacute; dans les mentalit&eacute;s. Pour des soins dentaires, par exemple, les &quot;pistonn&eacute;s&quot; b&eacute;n&eacute;ficiaient de prise en charge &agrave; l&rsquo;&eacute;tranger, notamment en France, aux frais de la princesse&nbsp;: l a s&eacute;curit&eacute; sociale.&nbsp; </font></p>
<p class="spip"><font size="2">On tourne la page (de l&rsquo;Histoire) mais on ne la d&eacute;chire pas&quot;, disait feu Houari Boumediene chaque fois qu&rsquo;il &eacute;voquait la guerre d&rsquo;Alg&eacute;rie et les relations tumultueuses, les relations en dents de scie, les relations de &quot;je t&rsquo;aime moi non plus&quot; entre l&rsquo;Alg&eacute;rie ind&eacute;pendante et la France de la Vi&egrave;me R&eacute;publique. Malheureusement en 1978 celui-ci rendra l&rsquo;&acirc;me. Presque subitement et myst&eacute;rieusement. Et comme nous avons une dent contre l&rsquo;Histoire, la g&eacute;n&eacute;ration actuelle ne conna&icirc;t rien ou presque de cet homme qui a, pourtant, jet&eacute; les premiers jalons d&rsquo;une Nation qui devait &ecirc;tre grande. Il a parachev&eacute; la constitution des &quot;institutions de l&rsquo;&eacute;tat qui ne devraient pas s&rsquo;&eacute;teindre avec la disparition des hommes&quot;selon ses propres mots. Il a surtout nationalis&eacute; les hydrocarbures qui font remplir les caisses de l&rsquo;&eacute;tat maintenant. Un 24 f&eacute;vrier 1971. </font></p>
<p class="spip"><font size="2">Encore une fois, la France a mal dig&eacute;r&eacute; ce fait accompli. Sa presse commence alors a jouer les troubles f&ecirc;tes allant jusqu&rsquo;&agrave; inventer des caract&eacute;ristiques physico chimiques de pi&egrave;tre qualit&eacute; &agrave; notre p&eacute;trole. Mais, lors d&rsquo;un discours historique, Boumediene r&eacute;plique sous forme de boutade&nbsp;: si notre p&eacute;trole est rouge c&rsquo;est parce que notre sous sol est abreuv&eacute; du sang des martyrs, avait-il dit en substance. Dans la salle o&ugrave; il tenait son discours, on se mit debout et on applaud&icirc;t longuement. Chaudement. La phrase est r&eacute;p&eacute;t&eacute;e plusieurs fois, accompagn&eacute;e de petites chiquenaudes sur le pupitre comme lui seul savait le faire&nbsp;! D&rsquo;&eacute;motion, l&rsquo;assistance n&rsquo;a pu retenir ses larmes. Des larmes de joie sans doute pour cette courageuse prise de d&eacute;cision. Des larmes de joie sans doute pour cette deuxi&egrave;me ind&eacute;pendance d&rsquo;une tutelle devenue trop encombrante. La nationalisation des hydrocarbures en Alg&eacute;rie a eu un effet de douche froide sur les capitales europ&eacute;ennes d&rsquo;autant plus qu&rsquo;elle a &eacute;t&eacute; suivie quelques mois apr&egrave;s par d&rsquo;autres pays exportateurs de p&eacute;trole tels le l&rsquo;Indon&eacute;sie, l&rsquo;Angola...Ce qui augurait du premier choc p&eacute;trolier de 1973. Mais malgr&eacute; un prix de 100 dollars le baril, peu d&rsquo;alg&eacute;riens profitent r&eacute;ellement, actuellement, de cette manne. </font></p>
<p class="spip"><font size="2">&nbsp;A SUIVRE... <br /></font></p>]]></content:encoded>
	   
    <dc:creator><![CDATA[Dr GHEDIA]]></dc:creator>
    <dc:language>fr</dc:language>
    <dc:date>2008-02-26T12:09:12+02:00</dc:date>
  </item>

	
  <item rdf:about="http://aghedia.dzblog.com/article-218245.html">
    <title><![CDATA[De Gaulle avait-il vraiment compris les Algériens ?]]></title>
    <link>http://aghedia.dzblog.com/article-218245.html</link>
				 <content:encoded><![CDATA[<p>
<table width="93%" align="center" border="0" class="article_texte">
    <tbody>
        <tr>
            <td calign="top"><font size="2"><strong>Le temps pluvieux et maussade de la veille du R&eacute;veillon s&rsquo;est dissip&eacute; progressivement pour laisser place &agrave; un soleil radieux en ce 2 janvier de l&rsquo;an 2008. Il faisait beau, mais frais quand m&ecirc;me. Et cette fra&icirc;cheur matinale &eacute;tait une aubaine. Un don du ciel. Elle m&rsquo;a revigor&eacute; la m&eacute;moire.</strong><br /><br /></font><a href="http://ww.agoravox.fr/IMG/gaulle.jpg" target="_new"><font size="2"><img alt="" src="http://ww.agoravox.fr/IMG/gaulle.jpg" width="300" align="left" border="0" /></font></a><font size="2"> Sur le sommet d&rsquo;une montagne avoisinante, &agrave; quelques encablures &agrave; vol d&rsquo;oiseau de l&rsquo;endroit o&ugrave; je me trouvais, la neige persistait encore. Elle &eacute;tait d&rsquo;une blancheur immacul&eacute;e&nbsp;! Les coul&eacute;es de neige de part et d&rsquo;autre de ce pic abrupt formaient un V invers&eacute;, clairement visible car, au-dessus, le ciel de ce matin-l&agrave; &eacute;tait d&rsquo;un bel azur&nbsp;; il &eacute;tait &eacute;clatant de lumi&egrave;re. Par ailleurs, aucun nuage ne venait perturber cette image idyllique. On aimerait bien que tous les matins soient ainsi. Des matins calmes et paisibles, et inond&eacute;s de soleil. Des matins sans mauvaises nouvelles diffus&eacute;es par la presse ni colport&eacute;es par le &quot;bouche-&agrave;-oreille&quot;. Des matins sans tirs de &quot;Heb Heb&quot;(1) sur les campements militaires ni de faux barrages dress&eacute;s sur les chemins secondaires. De la Kabylie ou d&rsquo;ailleurs. <br /></font>
            <p class="spip"><font size="2">Etait-ce un signe pr&eacute;monitoire nous annon&ccedil;ant la victoire contre le terrorisme et la mis&egrave;re qui accablent notre Alg&eacute;rie depuis plusieurs ann&eacute;es&nbsp;? N&rsquo;&eacute;tant pas cependant, par nature, superstitieux, je ne voulais pas me laisser obs&eacute;der par cette image ni lui donner une quelconque signification. C&rsquo;&eacute;tait une bizarrerie de la nature, point c&rsquo;est tout. &quot;<em>Allez, circulez, rien &agrave; voir</em>&quot;, finis-je par l&acirc;cher &agrave; l&rsquo;intention de... moi-m&ecirc;me. &quot;<em>Je ne vais tout de m&ecirc;me pas essayer de donner une explication rationnelle, logique, cart&eacute;sienne &agrave; tout ph&eacute;nom&egrave;ne naturel qui se manifesterait sous mes yeux</em>&quot;, ajoutai-je tout en fermant les persiennes de mon bureau pour ne pas continuer &agrave; fixer de mon regard cette curiosit&eacute; de la nature. </font></p>
            <p class="spip"><font size="2">Sur l&rsquo;autre versant de cette montagne se trouve un petit village du nom de Medjana dont les maisons de style colonial entour&eacute;es de haies fleuries et les ruelles trac&eacute;es au cordeau rappellent au touriste &eacute;gar&eacute; qu&rsquo;ici, il y a quelques d&eacute;cennies, v&eacute;curent, heureux sans doute, des colons. Mais ce village n&rsquo;avait pas connu que &ccedil;a. Il avait connu bien d&rsquo;autres &eacute;v&eacute;nements historiques telle &quot;<strong>l&rsquo;insurrection d&rsquo;El Mokrani</strong>&quot;, par exemple. Rappelons seulement que celui-ci avait &eacute;t&eacute;, avec quelques-uns de ses compagnons d&rsquo;armes, exil&eacute; en Nouvelle-Cal&eacute;donie. Cela remonte &agrave; loin maintenant. Seuls les manuels scolaires de nos enfants &eacute;voquent cette trag&eacute;die. La tendance &agrave; occulter les &eacute;v&eacute;nements lointains pour ne retenir que ceux qui se sont pass&eacute;s il y a &agrave; peine une cinquantaine d&rsquo;ann&eacute;es est une caract&eacute;ristique de nous autres Alg&eacute;riens. On dirait que nous avons une dent contre l&rsquo;Histoire. Celle qui s&rsquo;&eacute;crit avec H. Ou alors l&rsquo;Histoire a &eacute;t&eacute; d&eacute;vi&eacute;e de son cours naturel par les &quot;tenants du pouvoir&quot; qui ne voulaient retenir d&rsquo;elle que ce qui les arrangeait. C&rsquo;est ce qui se dit &ccedil;&agrave; et l&agrave; d&rsquo;ailleurs. Mais bon... Ceci est une autre histoire. Alors passons. </font></p>
            <p class="spip"><font size="2">Plus au nord et plus &agrave; l&rsquo;est aussi de ce village, se trouve un autre village nich&eacute; sur le flanc de la montagne, Bordj Zemmoura o&ugrave;, en 1958, en pleine guerre d&rsquo;Alg&eacute;rie, le g&eacute;n&eacute;ral de Gaulle, venu s&rsquo;enqu&eacute;rir de la situation o&ugrave; se trouvait alors &quot;l&rsquo;Alg&eacute;rie fran&ccedil;aise&quot;, avait, para&icirc;t-il, pass&eacute; une nuit. Une nuit qui avait suffi &agrave; sortir ce village de son anonymat. Une nuit dont se souviennent encore les vieux Zemmouris. Cinquante ans apr&egrave;s, ils en parlent avec fiert&eacute;. Et comment&nbsp;? Le g&eacute;n&eacute;ral avait pass&eacute; une nuit dans une chaumi&egrave;re de leur village&nbsp;! En fait, je n&rsquo;ai pas pu v&eacute;rifier cette information que je d&eacute;tiens de bouche-&agrave;-oreille depuis longtemps maintenant, mais en tout cas tous les Bordjiens jurent sur tous les saints que c&rsquo;est vrai. </font></p>
            <p class="spip"><font size="2">On pr&eacute;tend que de Gaulle (qui, comme la majorit&eacute; des Fran&ccedil;ais de l&rsquo;&eacute;poque, avait mal dig&eacute;r&eacute; l&rsquo;ind&eacute;pendance de l&rsquo;Alg&eacute;rie) avait dit un jour ceci&nbsp;: &quot;<strong><em>l&rsquo;Alg&eacute;rie, on en reparlera dans trente ans</em></strong>&quot;&nbsp;! Et, effectivement, trente ans apr&egrave;s son ind&eacute;pendance, l&rsquo;Alg&eacute;rie a connu l&rsquo;une des crises humanitaires les plus dramatiques du si&egrave;cle dernier. Et, le plus dramatique dans l&rsquo;histoire, c&rsquo;est qu&rsquo;elle n&rsquo;entrevoit pas encore le bout du tunnel. Le terrorisme bat toujours son plein et les politiques n&rsquo;ont, pour le moment, d&rsquo;yeux que pour le palais d&rsquo;El Mouradia qui n&rsquo;arrive pas encore &agrave; prendre la d&eacute;cision quant &agrave; l&rsquo;&eacute;ventualit&eacute; ou non d&rsquo;un troisi&egrave;me mandat pr&eacute;sidentiel. Alors, ma question est celle-l&agrave;&nbsp;: ce dicton prononc&eacute; dans une conjoncture particuli&egrave;re &eacute;tait-ce une pr&eacute;monition comme le V que je viens de voir de ma fen&ecirc;tre ou bien alors de Gaulle &eacute;tait-il un visionnaire hors pair&nbsp;? Dans le cas o&ugrave; c&rsquo;est la deuxi&egrave;me suggestion qui est la plus plausible, il serait, &agrave; mon avis, tr&egrave;s instructif, pour nous les Alg&eacute;riens en particulier, de lire les m&eacute;moires du g&eacute;n&eacute;ral et de s&rsquo;en inspirer afin d&rsquo;&eacute;viter toute surprise, toute fausse manoeuvre non pas de l&rsquo;histoire du pass&eacute;, mais de l&rsquo;histoire &agrave; venir. Le g&eacute;n&eacute;ral avait dit beaucoup de choses. Concernant l&rsquo;Alg&eacute;rie, bien s&ucirc;r. Tel, par exemple, son fameux &quot;<strong><em>je vous ai compris</em></strong>&quot; qui, quelques ann&eacute;es apr&egrave;s, avait, fatalement, d&eacute;bouch&eacute; sur l&rsquo;ind&eacute;pendance de l&rsquo;Alg&eacute;rie. On me r&eacute;torquera peut-&ecirc;tre que ce &quot;<strong><em>je vous ai compris</em></strong>&quot; &eacute;tait destin&eacute; aux Fran&ccedil;ais d&rsquo;Alg&eacute;rie qui &eacute;taient si inquiets de la tournure prise par les &eacute;v&eacute;nements de la guerre d&rsquo;Alg&eacute;rie. On pourra aussi me contredire et me dire qu&rsquo;il &eacute;tait plut&ocirc;t destin&eacute; aux colons qui n&rsquo;admettaient pas le fait de tout laisser tomber, du jour au lendemain, et rentrer en m&eacute;tropole. Leur avenir et celui de leurs enfants ne pouvaient se faire qu&rsquo;en Alg&eacute;rie, pensaient-ils. Ils ne pouvaient pas concevoir d&rsquo;autre avenir que celui qu&rsquo;ils s&rsquo;&eacute;taient eux-m&ecirc;mes trac&eacute; depuis plusieurs g&eacute;n&eacute;rations. Ils ne pouvaient pas non plus, pour rien au monde, laisser tomber aux mains des indig&egrave;nes leurs fermes de la Mitidja si fertiles et les grandes exploitations c&eacute;r&eacute;ali&egrave;res des hauts plateaux, eux qui avaient trim&eacute; pendant pr&egrave;s d&rsquo;un si&egrave;cle pour faire de l&rsquo;Alg&eacute;rie ce qu&rsquo;elle &eacute;tait. </font></p>
            <p class="spip"><font size="2"><span lang="FR">Mais ce &quot;<strong><em>je vous ai compris</em></strong>&quot; avait en fait un double tranchant. Une double signification. S&rsquo;il avait &eacute;t&eacute; compris tel que je l&rsquo;ai dit plus haut par les uns, c&rsquo;est-&agrave;-dire dans le sens o&ugrave; la France &eacute;tait pr&ecirc;te &agrave; y mettre tout son poids et &agrave; d&eacute;ployer tous ses moyens pour r&eacute;gler d&eacute;finitivement cette atteinte &agrave; l&rsquo;ordre public par des &quot;hors-la-loi&quot; et qu&rsquo;il fallait juste une op&eacute;ration de police pour en venir &agrave; bout, il avait &eacute;t&eacute; compris autrement par les indig&egrave;nes que nous &eacute;tions&nbsp;: in&eacute;luctablement, nous allions avoir notre ind&eacute;pendance. Dans les djebels, la guerre faisait rage. Depuis quatre longues ann&eacute;es d&eacute;j&agrave;&nbsp;! Des deux c&ocirc;t&eacute;s, les hommes tombaient comme des mouches. Des deux c&ocirc;t&eacute;s que de souffrance, de larmes et de sang. M&ecirc;me l&rsquo;utilisation des armes pourtant prohib&eacute;es par les conventions de Gen&egrave;ve (Napalm) n&rsquo;arrivait pas &agrave; mettre fin &agrave; ces &quot;troubles de l&rsquo;ordre public&quot; ni &agrave; entamer la d&eacute;termination des moudjahiddines, les combattants de l&rsquo;ALN. </span>M&ecirc;me la torture pratiqu&eacute;e &agrave; grande &eacute;chelle par les aussaresse et compagnie n&rsquo;avait pas permis de mettre fin &agrave; un mouvement de r&eacute;volte, &agrave; une r&eacute;volution qui allait tout chambouler sur son passage. Sur le plan diplomatique, &quot;la question alg&eacute;rienne&quot; &eacute;tait, si mes souvenirs sont encore bons, inscrite &agrave; l&rsquo;ordre du jour des Nations unis. La guerre avait sonn&eacute; le glas de la colonisation. Et pas seulement en Alg&eacute;rie d&rsquo;ailleurs. Partout en Afrique, les peuples se r&eacute;voltaient contre l&rsquo;ordre colonial. Il fallait faire preuve de pragmatisme et voir la r&eacute;alit&eacute; en face. On ne peut continuer &eacute;ternellement &agrave; asservir tout un peuple sous le pr&eacute;texte que la &quot;colonisation est un bienfait&quot; pour lui, pour ce peuple je veux dire. De ces &quot;bienfaits&quot;, les colonis&eacute;s n&rsquo;en voulaient plus. Voil&agrave;, peut-&ecirc;tre, pourquoi, en s&rsquo;adressant aux Fran&ccedil;ais d&rsquo;Alg&eacute;rie, le g&eacute;n&eacute;ral avait, en fait, fait un clin d&rsquo;&oelig;il aux Alg&eacute;riens d&rsquo;Alg&eacute;rie. Il avait compris que le divorce entre les Fran&ccedil;ais d&rsquo;Alg&eacute;rie et les autochtones &eacute;tait d&eacute;j&agrave; bel et bien prononc&eacute;. Un premier novembre. De l&rsquo;ann&eacute;e 1954. Il ne restait alors qu&rsquo;&agrave; s&rsquo;entendre sur les modalit&eacute;s pratiques pour que ce divorce soit enfin effectif. Il le sera un certain juillet 1962. </font></p>
            <p class="spip"><font size="2">A suivre </font></p>
            </td>
        </tr>
    </tbody>
</table>
</p>]]></content:encoded>
	   
    <dc:creator><![CDATA[Dr GHEDIA]]></dc:creator>
    <dc:language>fr</dc:language>
    <dc:date>2008-02-20T14:54:04+02:00</dc:date>
  </item>

	
  <item rdf:about="http://aghedia.dzblog.com/article-214866.html">
    <title><![CDATA[Algérie : à propos du &quot;3° mandat&quot;.]]></title>
    <link>http://aghedia.dzblog.com/article-214866.html</link>
				 <content:encoded><![CDATA[<strong><font face="Times New Roman" size="3">La politique n&rsquo;&eacute;tant pas mon domaine de pr&eacute;dilection, j&rsquo;ai jur&eacute; plus d&rsquo;une fois de ne pas &eacute;voquer des sujets de cet ordre. En peu de mots, de ne pas me mouiller. Mais peut-on rester neutre quand toute la nation est en effervescence? Peut-on ne pas en parler quand la question fait, tous les jours depuis quelques jours, la une des journaux et le sujet de discussion &agrave; tous les coins de rue?<br /><br /></font></strong>
<p dir="rtl" style="LINE-HEIGHT: 150%; TEXT-ALIGN: left" align="right"><span lang="FR" dir="ltr"><font face="Times New Roman" size="3">Pas plus tard que ce matin d&rsquo;ailleurs, alors que j&rsquo;&eacute;tais attabl&eacute; dans un caf&eacute;, entrain de siroter tranquillement un Vichy menthe et &agrave; feuilleter mon canard pr&eacute;f&eacute;r&eacute;, en face de moi, deux hommes (un jeune et un vieux), ont failli en venir aux mains &agrave; cause de ce &quot;3&deg; mandat&quot;&nbsp;: chacun essayant de convaincre l&rsquo;autre de la justesse de ses propos et de la force de ses arguments. Puis, ce qui &eacute;tait au d&eacute;part une banale discussion, entre deux amis de longue date probablement, a failli tourner au drame. Sans l&rsquo;intervention d&rsquo;un vieillard qui ne survit que gr&acirc;ce &agrave; la vente des cigarettes &agrave; l&rsquo;int&eacute;rieur m&ecirc;me de ce caf&eacute; maure (1), la discussion aurait d&eacute;g&eacute;n&eacute;r&eacute; et, n&rsquo;en doutons pas, le jeune homme aurait pris le dessus sur son rival courb&eacute; par le poids de l&rsquo;&acirc;ge. La sagesse du vieillard a port&eacute; finalement ses fruits. Lessiv&eacute;s, les deux hommes se sont s&eacute;par&eacute;s en se tapant mutuellement sur les &eacute;paules mais chacun campant cependant sur ses positions. Mais que leur avait-il dit donc le vieillard, me direz-vous, pour qu&rsquo;ils reviennent &agrave; la raison&nbsp;? Que leur avait-il dit pour qu&rsquo;ils cessent de se chamailler pour une question...euh...j&rsquo;allais dire futile mais, en r&eacute;alit&eacute;, elle est loin de l&rsquo;&ecirc;tre. Elle est loin de l&rsquo;&ecirc;tre car d&rsquo;elle, de cette question-l&agrave;, je le r&eacute;p&egrave;te pour que vous me compreniez, d&eacute;pend l&rsquo;avenir de toute la nation. Le vieillard, qui assistait m&eacute;dus&eacute; au d&eacute;but, comme tout le monde, &agrave; cette discussion, a d&ucirc; faire des efforts surhumains pour se rem&eacute;morer, pour remonter &agrave; la surface ce vieil adage alg&eacute;rien qui dit en substance ceci &quot; <strong>le berger et le serf se sont chamaill&eacute;s &agrave; cause des biens de leur ma&icirc;tre</strong>&quot;. Et il le balan&ccedil;a en pleine gueule des deux &eacute;nergum&egrave;nes. </font></span></p>
<p class="spip"><font face="Times New Roman" size="3"></font></p>
<p dir="rtl" style="LINE-HEIGHT: 150%; TEXT-ALIGN: left" align="right"><span lang="FR" dir="ltr"><font face="Times New Roman" size="3">L&agrave; est donc le secret de la sagesse de notre terroir. <span>&nbsp;</span>Le vieillard a vis&eacute; juste et frapp&eacute; de plein fouet. Si les deux hommes ont mis fin &agrave; leur &quot;fitna&quot; si j&rsquo;ose dire pour reprendre un terme qui, il n&rsquo; y a pas si longtemps encore, &eacute;tait &agrave; la mode, c&rsquo;est parce que ni l&rsquo;un ni l&rsquo;autre ne voudrait &ecirc;tre compar&eacute; &agrave; un serf ou &agrave; un berger. Question de dignit&eacute;. Les alg&eacute;riens sont comme &ccedil;a. Ils r&eacute;gissent au quart de tour quand on vient &agrave; toucher &agrave; leur &quot;nif&quot;, &agrave; leur dignit&eacute;. Le sang chaud, qui ne fait qu&rsquo;un tour dans leurs veines lorsqu&rsquo;ils sont devant une situation d&eacute;licate, est vite refroidi &agrave; l&rsquo;id&eacute;e de se faire traiter d&rsquo;un nom d&rsquo;oiseau de mauvais augure. Qu&rsquo;en est-il donc du fait de se faire rabaisser au rang de berger ou d&rsquo;esclave&nbsp;? Mieux vaut en mourir que d&rsquo;accepter un tel sobriquet. </font></span></p>
<p class="spip"><font face="Times New Roman" size="3"></font></p>
<p dir="rtl" style="LINE-HEIGHT: 150%; TEXT-ALIGN: left" align="right"><font size="3"><font face="Times New Roman"><span lang="FR" dir="ltr">En fait, j&rsquo;ai longuement r&eacute;fl&eacute;chi pour vous restituer int&eacute;gralement la traduction la plus fid&egrave;le possible de cet adage mais l&rsquo;outil linguistique m&rsquo;a fauss&eacute; compagnie ce matin&nbsp;: &agrave; force de tourner et retourner la phrase, je me suis vite rendu compte que celle-ci risquerait de perde compl&egrave;tement son sens si je m&rsquo;ent&ecirc;tais &agrave; jouer un r&ocirc;le qui n&rsquo;est pas mien. La traduction d&rsquo;une langue &agrave; une autre n&rsquo;est pas si &eacute;vidente que &ccedil;a&nbsp;; c&rsquo;est une affaire de sp&eacute;cialistes. Alors j&rsquo;ai opt&eacute; en d&eacute;finitive pour cette traduction moins po&eacute;tique, certes, mais largement significative. Significative de l&rsquo;&eacute;tat d&rsquo;esprit qui r&egrave;gne actuellement dans toutes les sph&egrave;res de la politique alg&eacute;rienne.&nbsp;<span>&nbsp;</span></span> </font></font></p>
<p class="spip"><font face="Times New Roman" size="3"></font></p>
<p dir="rtl" style="LINE-HEIGHT: 150%; TEXT-ALIGN: left" align="right"><font size="3"><font face="Times New Roman"><span lang="FR" dir="ltr">Au S&eacute;nat, &agrave; l&rsquo; APN, dans les r&eacute;dactions de la presse quotidienne, c&rsquo;est ce sujet-l&agrave; qui pr&eacute;occupe actuellement l&rsquo;esprit des gens. Il accapare toute leur attention et aspire toute leur &eacute;nergie. Mais sans chamailleries. Ce qui est d&eacute;j&agrave; pas mal, je dirais m&ecirc;me une avanc&eacute;e d&eacute;mocratique sans pr&eacute;c&eacute;dent. On semble avoir retenu la le&ccedil;on de 1991 lorsque il y a eu, rappelez-vous, l&rsquo;interruption du processus &eacute;lectoral qui allait certainement permettre au FIS de faire un tabac. Alors, 3&deg; mandat ou pas&nbsp;? A dire que tous les autres probl&egrave;mes de l&rsquo;Alg&eacute;rie ne trouveront leurs solutions que dans un &quot;3&deg; mandat&quot; pr&eacute;sidentiel.<span>&nbsp;</span></span> </font></font></p>
<p class="spip"><font face="Times New Roman" size="3"></font></p>
<p dir="rtl" style="LINE-HEIGHT: 150%; TEXT-ALIGN: left" align="right"><span lang="FR" dir="ltr"><font face="Times New Roman" size="3">Les uns apr&egrave;s les autres donc, nos partis politiques se positionnent. Du moins, il s&rsquo;agit l&agrave; de ceux qu&rsquo;on a l&rsquo;habitude de qualifier de &quot;grosses cylindr&eacute;es&quot;. Autrement dit, les partis politiques qui font partie de la coalition gouvernementale. Ceux qui, en fait, contrairement &agrave; ce qui &eacute;tait attendu d&rsquo;eux, n&rsquo;ont jamais fait de l&rsquo;opposition leur credo. En Alg&eacute;rie, c&rsquo;est malheureux de le dire, la vocation des partis politiques n&rsquo;est pas de faire de ou dans l&rsquo;opposition. Est-ce parce que notre d&eacute;mocratie sp&eacute;cifique ne le permet pas&nbsp;? Ou alors est-ce parce que le fait de s&rsquo;opposer &agrave; un pouvoir incarn&eacute; par l&rsquo;un de &quot;ses enfants prodiges&quot; fait peser le risque de perte de tous les privil&egrave;ges &agrave; ces partis dits de l&rsquo;opposition&nbsp;? En fait, j&rsquo;ai une petite id&eacute;e quant au comportement de nos partis politiques. Elle me trotte dans la t&ecirc;te depuis tout &agrave; l&rsquo;heure. J&rsquo;ai envie de vous l&rsquo;exposer mais je vous pr&eacute;viens &agrave; l&rsquo;avance que je ne suis pas un analyste politique et il se peut donc que je me trompe. M&rsquo;enfin&nbsp;! &Ccedil;a reste une hypoth&egrave;se. C&rsquo;est juste une petite supputation de ma part mais je crois que la situation &quot;&agrave; cheval&quot; entre &ecirc;tre dans l&rsquo;opposition et faire en m&ecirc;me temps partie du pouvoir convient mieux &agrave; ces partis. Ainsi ceux-ci pourront-ils tenir deux discours diam&eacute;tralement oppos&eacute;s selon l&rsquo;&eacute;volution de la situation&nbsp;: l&rsquo;un pour leurs ouailles et l&rsquo;autre destin&eacute; aux tenants du v&eacute;ritable pouvoir. C&rsquo;est une politique qui consiste &agrave; contenter le loup sans faire de ravage dans la bergerie. Il fallait y penser. Et ils sont trois, ces partis politiques qui si&egrave;gent aussi bien &agrave; l&rsquo;APN qu&rsquo;au S&eacute;nat et qui d&eacute;tiennent des portefeuilles minist&eacute;riels. Pas besoin d&rsquo;&eacute;taler leurs sigles ici puisqu&rsquo;ils sont connus de toutes et de tous. Ils se positionnent et s&rsquo;alignent sur un m&ecirc;me mot d&rsquo;ordre&nbsp;: oui pour un troisi&egrave;me mandat pr&eacute;sidentiel pour l&rsquo;actuel pr&eacute;sident de la R&eacute;publique. Mais pour cela, il faudra d&rsquo;abord que la constitution soit modifi&eacute;e. Pas de fond en comble, certes, mais du moins sur l&rsquo;un de ses aspects qui porte justement sur la limitation &agrave; deux mandats de la plus haute charge au niveau de l&rsquo;&eacute;tat&nbsp;: la pr&eacute;sidence. </font></span></p>
<p class="spip"><font face="Times New Roman" size="3"></font></p>
<p dir="rtl" style="LINE-HEIGHT: 150%; TEXT-ALIGN: left" align="right"><font size="3"><font face="Times New Roman"><span lang="FR" dir="ltr">Mais contrairement aux deux amis dont j&rsquo;ai parl&eacute; plus haut, nos partis politiques n&rsquo;ont pas l&rsquo;intention, du moins pour l&rsquo;instant, de se chamailler et c&rsquo;est mieux ainsi&nbsp;: ils s&rsquo;alignent. Ils soutiennent. Ils sont tous ou presque pour un 3&deg; mandat quitte &agrave; &quot;<strong><em>mettre la charrue avant les b&oelig;ufs</em></strong>&quot;(2) pour paraphraser le chef du MSP autrement dit un de ces trois partis qui, lui, n&rsquo;a pas encore tranch&eacute; sur la question. Pour &ecirc;tre encore plus explicite, ce dernier a m&ecirc;me donn&eacute; l&rsquo;article de la constitution dans lequel il est clairement stipul&eacute; qu&rsquo;avant de songer &agrave; briguer un 3&deg; mandat, le chef de l&rsquo;&eacute;tat doit au pr&eacute;alable soumettre le projet de modification de la constitution au parlement et ensuite au peuple sous forme de r&eacute;f&eacute;rendum. En dernier ressort donc, il revient au peuple SOUVERAIN de se prononcer. De ce c&ocirc;t&eacute;-l&agrave; donc A Bouteflika n&rsquo;a pas de souci &agrave; se faire&nbsp;: ses d&eacute;sirs sont des ordres&nbsp;!</span> </font></font></p>
<p class="spip"><font face="Times New Roman" size="3"></font></p>
<p dir="rtl" style="LINE-HEIGHT: 150%; TEXT-ALIGN: left" align="right"><span lang="FR" dir="ltr"><font face="Times New Roman" size="3">Alors pourquoi tout ce tapage m&eacute;diatique autour d&rsquo;une question qui, de prime abord, para&icirc;t r&eacute;gl&eacute;e &agrave; l&rsquo;avance&nbsp;? </font></span></p>
<p class="spip"><font face="Times New Roman" size="3"></font></p>
<p dir="rtl" style="LINE-HEIGHT: 150%; TEXT-ALIGN: left" align="right"><span lang="FR" dir="ltr"><font face="Times New Roman" size="3">(1) L&rsquo;interdiction de la cigarette dans les lieux publics n&rsquo;est pas encore entr&eacute;e en vigueur chez nous. Sur ce point donc les alg&eacute;riens sont plus libres que les fran&ccedil;ais. </font></span></p>
<span lang="FR" dir="ltr">
<p dir="rtl" style="LINE-HEIGHT: 150%; TEXT-ALIGN: left" align="right"><span lang="FR" dir="ltr"><font face="Times New Roman" size="3">(2) Des marchands de tapis aux perchoirs. Le&quot;Soir d&rsquo;Alg&eacute;rie&quot;</font></span></p>
</span>]]></content:encoded>
	   
    <dc:creator><![CDATA[Dr GHEDIA]]></dc:creator>
    <dc:language>fr</dc:language>
    <dc:date>2008-02-06T12:29:31+02:00</dc:date>
  </item>

	
  <item rdf:about="http://aghedia.dzblog.com/article-214728.html">
    <title><![CDATA[Adieu jolie Candy.]]></title>
    <link>http://aghedia.dzblog.com/article-214728.html</link>
				 <content:encoded><![CDATA[<div dir="ltr" style="FONT-SIZE: small"><strong>Les temps sont durs.
<p class="spip">Et, ce qui rend encore les temps plus durs, c&rsquo;est cette nostalgie qui vient &agrave; petits pas et qui me tient. Qui me monte comme la moutarde au nez. J&rsquo;ai beau essay&eacute; de la r&eacute;primer, de la chasser de mon esprit, mais elle est tenace. Elle est coriace. Elle est venue sans &ecirc;tre invit&eacute;e. Elle est arriv&eacute;e &agrave; l&rsquo;improviste. Sans pr&eacute;venir. Elle a fait irruption toute seule par je ne sais quel espace libre de ma m&eacute;moire et elle s&rsquo;est impos&eacute; &agrave; moi et m&rsquo;a impos&eacute; que je la regarde en face. Qu&rsquo;aurais-je pu faire&nbsp;? Lui dire non&nbsp;? Franchement, je n&rsquo;ai pas pu r&eacute;sister &agrave; son charme.</p>
</strong></div>
<div dir="ltr" style="FONT-SIZE: small">
<p dir="rtl" style="MARGIN: 0cm 36pt 0pt 0cm; TEXT-INDENT: -36pt; LINE-HEIGHT: 150%; TEXT-ALIGN: left" align="right"><span lang="FR" dir="ltr">&quot;Chassez le naturel et il revient au galop&quot;&nbsp;! Qui ne conna&icirc;t pas cet adage&nbsp;? </span></p>
<p class="spip">&nbsp;</p>
<p dir="rtl" style="MARGIN: 0cm 36pt 0pt 0cm; TEXT-INDENT: -36pt; LINE-HEIGHT: 150%; TEXT-ALIGN: left" align="right"><span lang="FR" dir="ltr">Tel un spectre, la nostalgie me hante donc. Et, paradoxalement, plus je prends de l&rsquo;&acirc;ge et plus les souvenirs de ma jeunesse remontent &agrave; la surface. Ils viennent de temps &agrave; autre m&rsquo;habiter, me tarabuster. Et quand l&rsquo;&eacute;motion est &agrave; son comble, il m&rsquo;est difficile de ne pas verser une larme par-ci ou de ne pas&nbsp;pousser un soupir par-l&agrave;.<span>&nbsp;</span>Putain de merde, voil&agrave; qu&rsquo;un autre adage me vient encore &agrave; l&rsquo;esprit. A l&rsquo;&eacute;vocation du mot soupir. &quot;C&oelig;ur qui soupire n&rsquo;a pas ce qu&rsquo;il d&eacute;sire&quot;, dit ce dernier. Oh la la&nbsp;! Que c&rsquo;est emb&ecirc;tant&nbsp;! Qu&rsquo;ai-je fais au bon Dieu pour que subitement, de bon matin, cette question de nostalgie vienne tout foutre en l&rsquo;air&nbsp;? Elle vient me perturber dans tout ce que j&rsquo;entreprends. Impossible de penser &agrave; autre chose qu&rsquo;aux choses que j&rsquo;ai v&eacute;cues &agrave; mes vingt ans. Pourtant, je n&rsquo;ai pas l&rsquo;habitude de m&rsquo;apitoyer sur mon sort ni de pleurer mon &acirc;ge d&rsquo;or. </span></p>
<p class="spip">&nbsp;</p>
<p dir="rtl" style="MARGIN: 0cm 36pt 0pt 0cm; TEXT-INDENT: -36pt; LINE-HEIGHT: 150%; TEXT-ALIGN: left" align="right"><span lang="FR" dir="ltr">Alors quelle est la raison de tout ce cirque&nbsp;?</span> </p>
<p class="spip">&nbsp;</p>
<p dir="rtl" style="MARGIN: 0cm 36pt 0pt 0cm; TEXT-INDENT: -36pt; LINE-HEIGHT: 150%; TEXT-ALIGN: left" align="right"><span lang="FR" dir="ltr">Je crois l&rsquo;avoir trouv&eacute;. Elle est l&agrave;. Devant mes yeux. Elle s&rsquo;&eacute;tale sur quelques lignes au milieu d&rsquo;une page de Vox populi (&agrave; ne pas confondre avec Agora vox) et a pour titre &quot;<strong>Adieu jolie Candy</strong>&quot;. </span></p>
<p class="spip">&nbsp;</p>
<p dir="rtl" style="MARGIN: 0cm 36pt 0pt 0cm; TEXT-INDENT: -36pt; LINE-HEIGHT: 150%; TEXT-ALIGN: left" align="right"><span lang="FR" dir="ltr">&quot; <em>Vous m&rsquo;avez donn&eacute; des frissons avec votre jolie petite pause-caf&eacute;. J&rsquo;avais 18 ans quand je chantais cette jolie chanson sur la plage de Zemmouri-El Bahri au coucher du soleil, avec de jeunes Europ&eacute;ennes qui &eacute;taient tristes parce qu&rsquo;elles allaient repartir chez elles. Mais avec Boumediene qui ne nous laissait pas voyager nous n&rsquo;avions aucune chance de les rejoindre.</em></span> </p>
<p class="spip">&nbsp;</p>
<p dir="rtl" style="MARGIN: 0cm 36pt 0pt 0cm; TEXT-INDENT: -36pt; LINE-HEIGHT: 150%; TEXT-ALIGN: left" align="right"><em><span lang="FR" dir="ltr">Gr&acirc;ce &agrave; Chadli, j&rsquo;ai pu rendre visite, enfin, &agrave; mes amis d&rsquo;enfance &agrave; Orly et Paris. Maintenant, j&rsquo;ai peur pour mes enfants. La menace s&rsquo;appelle barque de fortune. Venez &agrave; Zemmouri-El-Bahri o&ugrave; je suis n&eacute;. Nous allons tous les deux, un vendredi, jeter des fleurs &agrave; la m&eacute;moire de ces jeunes disparus. Ma fille m&rsquo;a dit&nbsp;: &quot;Papa pourquoi ces larmes&nbsp;?&quot; Je lui ai dit&nbsp;: <strong>C&rsquo;est &agrave; adieu jolie Candy</strong>&quot;. Elle n&rsquo;a rien compris et je n&rsquo;ai pas pu lui donner les explications n&eacute;cessaires.</span></em> </p>
<p class="spip">&nbsp;</p>
<p dir="rtl" style="MARGIN: 0cm 36pt 0pt 0cm; TEXT-INDENT: -36pt; LINE-HEIGHT: 150%; TEXT-ALIGN: left" align="right"><span lang="FR" dir="ltr">D&rsquo;&eacute;motion, ma langue ne pouvait rien articuler d&rsquo;autre.<img alt="" src="http://idata.blogmaster.fr/0/00/36/30/42438.jpg" class="DrteTexte" /></span></p>
</div>]]></content:encoded>
	   
    <dc:creator><![CDATA[Dr GHEDIA]]></dc:creator>
    <dc:language>fr</dc:language>
    <dc:date>2008-02-05T20:52:53+02:00</dc:date>
  </item>

	
  <item rdf:about="http://aghedia.dzblog.com/article-213295.html">
    <title><![CDATA[Escapade parisienne (2)]]></title>
    <link>http://aghedia.dzblog.com/article-213295.html</link>
				 <content:encoded><![CDATA[<strong><font size="2">Pendant que je longeais la grande avenue parisienne, celle qui s&rsquo;&eacute;tend de la place Charles-de-Gaulle-Etoile jusqu&rsquo;&agrave; la Concorde, celle que l&rsquo;on dit &ecirc;tre la plus belle avenue du monde et effectivement elle l&rsquo;est, l&rsquo;avenue des Champs-Elys&eacute;es pour, enfin, cracher le mot, mon esprit divaguait et je m&rsquo;&eacute;tais improvis&eacute; po&egrave;te. D&eacute;crivant, avec des mots simples, sans recherche lexicale ni grammaticale mon &eacute;tat d&rsquo;esprit et humeur d&rsquo;alors, j&rsquo;ai pu accoucher, dans la joie et non dans la douleur, de ces quelques vers.<br /><br /></font></strong>
<p dir="rtl" style="LINE-HEIGHT: 150%; TEXT-ALIGN: left" align="right"><font size="2"><span lang="FR" dir="ltr">&quot;</span><em><span lang="FR" dir="ltr">En ce d&eacute;but du mois de janvier, &agrave; Paris, on s&rsquo;amuse et on rie.</span></em> </font></p>
<p class="spip"><font size="2">&nbsp;</font><font size="2"><em><span lang="FR" dir="ltr">Pourtant, le temps est vachement gris.</span></em> </font></p>
<p class="spip"><font size="2">&nbsp;</font><font size="2"><em><span lang="FR" dir="ltr">Par le froid, je suis transi</span></em> </font></p>
<p class="spip"><font size="2"><em><span lang="FR" dir="ltr">Mais je ne regrette pas d&rsquo;&ecirc;tre &agrave; Paris.</span></em> </font></p>
<p class="spip"><font size="2">&nbsp;</font><font size="2"><em><span lang="FR" dir="ltr">Savez-vous qu&rsquo;&agrave; l&rsquo;appel de Paris</span></em> </font></p>
<p class="spip"><font size="2">&nbsp;</font><font size="2"><em><span lang="FR" dir="ltr">Toutes activit&eacute;s cessantes, j&rsquo;ai r&eacute;pondu,</span></em> </font></p>
<p class="spip"><font size="2">&nbsp;</font><font size="2"><em><span lang="FR" dir="ltr">Laissant femme et enfants en Alg&eacute;rie&nbsp;?</span></em> </font></p>
<p class="spip"><font size="2">&nbsp;</font><em><span lang="FR" dir="ltr"><font size="2">Prenant le risque d&rsquo;&ecirc;tre &eacute;conduit </font></span></em></p>
<p class="spip"><font size="2">&nbsp;</font><font size="2"><em><span lang="FR" dir="ltr">M&ecirc;me si, sur moi, j&rsquo;avais un sauf-conduit,</span></em> </font></p>
<p class="spip"><font size="2">&nbsp;</font><font size="2"><em><span lang="FR" dir="ltr">J&rsquo;ai pris l&rsquo;Aigle bleu et, de mon pays, je me suis enfui</span></em> </font></p>
<p class="spip"><font size="2">&nbsp;</font><font size="2"><em><span lang="FR" dir="ltr">Mais pas comme un Harraga qui, en haute mer, p&eacute;rit.</span></em><span lang="FR" dir="ltr">&quot;</span> </font></p>
<p class="spip"><font size="2">&nbsp;</font><span lang="FR" dir="ltr"><font size="2">C&rsquo;est ainsi que pendant que je fl&acirc;nais sur les Champs-Elys&eacute;es, sans faire attention aux passants, je pondais machinalement mes mots. Les uns apr&egrave;s les autres. Spontan&eacute;ment ou parfois accompagn&eacute;s de mouvements du corps, d&rsquo;&eacute;tirements des bras, de claquements des doigts, de mimiques et de gestuelles qui frisaient parfois le ridicule, les mots sortaient sans faire de bruit, sans faire de vagues et allaient se r&eacute;pandre, comme la brume de ce matin-l&agrave;, sur tout Paris. Mais, j&rsquo;en &eacute;tais pleinement conscient, Paris &eacute;tait sourd &agrave; ma po&eacute;sie naissante, &agrave; mes vers ridicules. Il s&rsquo;en foutait royalement de mes j&eacute;r&eacute;miades. </font></span></p>
<p class="spip"><font size="2">&nbsp;</font><span lang="FR" dir="ltr"><font size="2">Tel un chor&eacute;graphe, je m&rsquo;exprimais avec mon corps. Et chaque fois qu&rsquo;un vers me semblait convenir, j&rsquo;opinais de la t&ecirc;te et le r&eacute;p&eacute;tais plusieurs fois de suite pour le m&eacute;moriser d&eacute;finitivement. C&rsquo;&eacute;tait comme un jeu d&rsquo;enfant. Mais &agrave; d&eacute;faut de billes ou de quilles dont, enfant, j&rsquo;avais us&eacute; et abus&eacute;, je jouais avec les mots d&rsquo;une langue qui n&rsquo;est pas mienne. Mais une langue que nous avons, de ce c&ocirc;t&eacute;-ci de la M&eacute;diterran&eacute;e, gard&eacute; comme un &quot;<strong><em>butin de guerre</em></strong>&quot;. Et que, malgr&eacute; tout, nous essayons d&rsquo;enrichir aussi. S&eacute;mantiquement parlant. Ne risquerais-je pas le lynchage pur et simple si on apprenait que j&rsquo;&eacute;tais en train de d&eacute;naturer la langue de Moli&egrave;re, me suis-je demand&eacute; &agrave; hauteur de la FNAC &agrave; la vue d&rsquo;un livre de Simone de Beauvoir dont on venait de c&eacute;l&eacute;brer le centenaire de la naissance&nbsp;? On parlait beaucoup d&rsquo;elle et, excusez-moi cette petite digression, de son cul qui a fait la une du <em>Nouvel Observateur</em>. Chose que j&rsquo;ai, cependant, rat&eacute;e&nbsp;! J&rsquo;aurais tant aim&eacute; voir le corps nu, m&ecirc;me de dos, m&ecirc;me retouch&eacute; num&eacute;riquement, de cette dame qui a tant donn&eacute; &agrave; la litt&eacute;rature fran&ccedil;aise et qui s&rsquo;est tant engag&eacute;e dans le mouvement f&eacute;ministe. Dans l&rsquo;&eacute;mancipation des femmes. Non pas pour cultiver le c&ocirc;t&eacute; voyeuriste qui se cache certainement en chacun de nous, il faut l&rsquo;avouer, mais par simple curiosit&eacute;. Et parce que aussi, comme l&rsquo;a dit quelqu&rsquo;un &quot;<strong><em>le cul de Simone... c&rsquo;est beau &agrave; voir</em></strong>&quot;. La nature humaine est ainsi faite. Pas moyen de la changer. Mais, h&eacute;las, sa photo qui n&rsquo;avait pas, semble-t-il, fait l&rsquo;unanimit&eacute; au sein m&ecirc;me de la r&eacute;daction du <em>Nouvel obs</em>, a disparu de la circulation aussi vite qu&rsquo;elle &eacute;tait apparue. J&rsquo;ai beau chercher de vieux journaux dans les poubelles, mais en vain. Aucune trace d&rsquo;elle. &quot;Tant pis&quot;, finis-je par l&acirc;cher alors que je m&rsquo;&eacute;loignais &agrave; grandes enjamb&eacute;es de la FNAC pour aller griller une cigarette au pied de la statue de Charles de Gaulle. </font></span></p>
<p class="spip"><font size="2"><span lang="FR" dir="ltr">Simone de Beauvoir, si elle &eacute;tait encore vivante, aurait-elle accept&eacute; qu&rsquo;on &eacute;tale &agrave; la une d&rsquo;un magazine &agrave; fort tirage son corps tout nu&nbsp;? Ses fesses relook&eacute;es&nbsp;? Pendant une bonne partie de la matin&eacute;e, ces questions-l&agrave; ne voulaient pas me quitter. Elles me poursuivaient. Elles me collaient aux fesses. M&ecirc;me lorsque j&rsquo;ai voulu acheter un parfum pour ma femme chez Sephora, pendant que l&rsquo;h&ocirc;tesse d&rsquo;accueil me pr&eacute;sentait les derni&egrave;res nouveaut&eacute;s de leur gamme, je ne voyais ni &quot;J&rsquo;adore&quot; ni le flacon en forme de pomme de Nina Ricci&nbsp;: mon esprit n&rsquo;avait d&rsquo;yeux que pour l&rsquo;image du corps d&eacute;nud&eacute; de Simone de Beauvoir. Que j&rsquo;imaginais, &eacute;videmment.</span> </font></p>
<p class="spip"><font size="2">&nbsp;</font><font size="2"><span lang="FR" dir="ltr">Mais, comment, bont&eacute; divine, me suis-je demand&eacute;, une soci&eacute;t&eacute; qui ne jure que par les Droits de l&rsquo;homme en est arriv&eacute;e l&agrave;&nbsp;? A bafouer, &agrave; fouler du pied les droits les plus &eacute;l&eacute;mentaires d&rsquo;une femme morte depuis belle lurette maintenant&nbsp;? Une femme dont il ne reste plus ni les fesses ni les os&nbsp;? Serait-elle, cette femme, en train de se retourner dans sa tombe &agrave; l&rsquo;heure actuelle parce que, dans le but de tirer plus de b&eacute;n&eacute;fices de leur papier, des esprits mercantiles ont exhum&eacute;, sans autorisation de qui de droit, une vieille photo de sa jeunesse&nbsp;? </span>Belle fa&ccedil;on de marquer son centenaire&nbsp;! A qui sera le tour l&rsquo;an prochain&nbsp;? &quot;<em>Mais qui suis-je pour parler comme &ccedil;a&nbsp;? Qui suis-je pour donner des le&ccedil;ons de morale &agrave; une soci&eacute;t&eacute; sortie tout droit du si&egrave;cles des Lumi&egrave;res&nbsp;? Les gens qui ont pris la d&eacute;cision de publier cette photo ne sont pas d&eacute;biles tout de m&ecirc;me. Ils ne sont pas non plus anim&eacute;s par le d&eacute;sir de porter atteinte &agrave; une des leurs, qui plus &eacute;tait une dame bien pensante&nbsp;! C&rsquo;est peut-&ecirc;tre leur fa&ccedil;on, une fa&ccedil;on bien &agrave; eux en tout cas, une fa&ccedil;on sp&eacute;cifique &agrave; eux et &agrave; eux seulement comme l&rsquo;est le Camembert &agrave; la Normandie, de marquer ce centenaire et de montrer ainsi leur affection toujours intacte, malgr&eacute; le temps &eacute;coul&eacute; depuis sa mort, &agrave; cette dame au grand coeur. Ce n&rsquo;est pas si grave que &ccedil;a&nbsp;! Les gens, toutes cat&eacute;gories sociales confondues, ont d&ucirc;, certainement, prendre cela du bon c&ocirc;t&eacute;. Personne n&rsquo;a &eacute;mis de fatwa condamnant les journalistes de ce magazine au b&ucirc;cher ou &agrave; la damnation &eacute;ternelle dans les feux de la G&eacute;henne&nbsp;! Il y eut, peut-&ecirc;tre, une discussion &agrave; b&acirc;tons rompus, avant le bouclage du journal, entre les partisans de la publication de cette photo et ceux qui n&rsquo;en voulaient pas et puis... rien. Tout le monde a donn&eacute; son OK. On &eacute;tait certainement curieux de voir aussi la r&eacute;action des lecteurs. C&rsquo;est comme &ccedil;a que &ccedil;a se passe en d&eacute;mocratie. La majorit&eacute; finit toujours par l&rsquo;emporter. Et la minorit&eacute;, m&ecirc;me si elle n&rsquo;est pas du m&ecirc;me avis, joue le jeu&nbsp;; elle accepte de fait sa d&eacute;faite. Ni le r&eacute;dacteur en chef ni le directeur du magazine n&rsquo;ont &eacute;t&eacute; inqui&eacute;t&eacute;s par les pouvoirs publics et encore moins par la justice. La libert&eacute; de la presse n&rsquo;est pas, ici, une simple vue de l&rsquo;esprit mais elle est r&eacute;elle. Elle existe bien. De cela, qu&rsquo;ai-je &agrave; dire&nbsp;? On en est encore loin, nous. L&rsquo;esprit de &quot;Taghenanet&quot; qui consiste &agrave; dire et &agrave; affirmer que &rsquo;<strong>&ccedil;a ne peut &ecirc;tre qu&rsquo;une ch&egrave;vre m&ecirc;me si elle vole</strong>&rsquo; n&rsquo;existe pas chez eux. </em><em><span lang="FR">Ah&nbsp;! oui, &ccedil;a c&rsquo;est une de nos sp&eacute;cialit&eacute;s . Une de nos sp&eacute;cifit&eacute;s.</span></em><span lang="FR">&quot;</span><em><span lang="FR" dir="ltr"> </span></em></font></p>
<p class="spip"><font size="2">&nbsp;</font><font size="2"><span lang="FR" dir="ltr">Absorb&eacute; dans mes pens&eacute;es, j&rsquo;ai failli &ecirc;tre renvers&eacute; par une moto qui roulait &agrave; vive allure et qui a mal n&eacute;goci&eacute; son virage du c&ocirc;t&eacute; du mus&eacute;e du Louvre. C&rsquo;&eacute;tait ma faute. Sans m&rsquo;en rendre compte, j&rsquo;&eacute;tais pratiquement au milieu de la chauss&eacute;e alors que le feu pour pi&eacute;ton &eacute;tait au rouge. Cet incident m&rsquo;a rendu fou de rage. Contre moi-m&ecirc;me. Contre ma fa&ccedil;on de marcher dans la rue sans faire attention ni aux voitures ni aux pi&eacute;tons, emp&ecirc;tr&eacute; comme j&rsquo;&eacute;tais dans mes pens&eacute;es &agrave; un sou. J&rsquo;avais envi de griller encore une cigarette pour reprendre mes esprits et retrouver ma s&eacute;r&eacute;nit&eacute;&nbsp;; mais mon paquet Marlboro &eacute;tait vide. Furieusement je l&rsquo;ai froiss&eacute; et jet&eacute; par-dessus la balustrade d&rsquo;un des ponts qui traversent la Seine. <em></em></span><em></em></font></p>
<p class="spip"><font size="2">&nbsp;</font><span lang="FR" dir="ltr"><font size="2">Une loi, interdisant la cigarette dans les lieux publics, venait d&rsquo;&ecirc;tre promulgu&eacute;e. Et appliqu&eacute;e dans toute sa rigueur. Le contrevenant s&rsquo;expose purement et simplement &agrave; une amende de plusieurs dizaines d&rsquo;euros. Mais, les cafetiers et autres tenanciers de d&eacute;bits de boissons, par crainte de perdre leur client&egrave;le habitu&eacute;e jusque-l&agrave; &agrave; passer des soir&eacute;es dans une atmosph&egrave;re enfum&eacute;e, ont vite trouv&eacute; la parade&nbsp;: sur les terrasses, chauff&eacute;es avec des moyens du bord, les tables, sur lesquelles tr&ocirc;nent encore des cendriers incitant ainsi les gens &agrave; ne pas renoncer &agrave; leurs anciennes habitudes, sont prises d&rsquo;assaut. L&agrave;, on peut griller tranquillement sa clope sans se faire tirer les oreilles ni taper sur les doigts comme un enfant que l&rsquo;on surprend en pleine b&ecirc;tise. </font></span></p>
<p class="spip"><font size="2">&nbsp;</font><span lang="FR" dir="ltr"><font size="2">Simone de Beauvoir, pour revenir encore &agrave; elle, aurait-elle accept&eacute;, sans rechigner, cette loi&nbsp;? N&rsquo;aurait-elle pas vu en cette loi une r&eacute;gression dramatique du champ des libert&eacute;s individuelles&nbsp;? Gageons qu&rsquo;elle aurait, hargneusement, d&eacute;fait son chignon et arrach&eacute; ses cheveux pour protester contre cette loi que d&rsquo;aucuns consid&egrave;rent d&eacute;j&agrave; comme n&rsquo;allant pas faire long feu. Pour s&ucirc;r, elle ne durera pas longtemps. Elle finira par s&rsquo;&eacute;teindre d&rsquo;elle-m&ecirc;me, petit &agrave; petit, comme une cigarette mal &eacute;teinte que l&rsquo;on a abandonn&eacute;e, &agrave; la h&acirc;te, au fond d&rsquo;un cendrier, pour ne pas rater son train. Mais en attendant, il faut apprendre &agrave; faire avec. Prendre son mal en patience et griller sa clope ailleurs que dans un bar ou autre lieu convivial. Et puis de toute fa&ccedil;on &quot;fumer tue&quot;. C&rsquo;est ce que, ob&eacute;issant &agrave; cette nouvelle loi, les fumeurs de mon acabit finissent pas se dire. On se console comme on peut. </font></span></p>
<p class="spip"><span lang="FR"><font size="2">A la sortie du m&eacute;tro, &agrave; Barb&egrave;s-Rochechouart, j&rsquo;ai &eacute;t&eacute; approch&eacute; par des jeunes qui vendaient clandestinement des cigarettes de marque Marlboro. Bien que le prix de ces cigarettes d&eacute;fie toute concurrence, je n&rsquo;ai pas succomb&eacute; &agrave; la tentation et j&rsquo;ai pr&eacute;f&eacute;r&eacute; m&rsquo;approvisionner chez le buraliste ou plut&ocirc;t dans un &quot;bar-tabac&quot; situ&eacute; &agrave; la place Clichy, pas loin de mon h&ocirc;tel. </font></span></p>]]></content:encoded>
	   
    <dc:creator><![CDATA[Dr GHEDIA]]></dc:creator>
    <dc:language>fr</dc:language>
    <dc:date>2008-01-31T13:11:41+02:00</dc:date>
  </item>

	
  <item rdf:about="http://aghedia.dzblog.com/article-212587.html">
    <title><![CDATA[Escapade parisienne.]]></title>
    <link>http://aghedia.dzblog.com/article-212587.html</link>
				 <content:encoded><![CDATA[<strong><font size="2">Lorsque l&rsquo;avion d&rsquo;Aigle Azur atterrit avec douceur sur le tarmac de l&rsquo;a&eacute;roport d&rsquo;Orly Sud, mon c&oelig;ur s&rsquo;est mis &agrave; battre la chamade. Le trac s&rsquo;est subitement empar&eacute; de moi comme si on m&rsquo;emmenait &agrave; la guillotine. J&rsquo;avais la gorge s&egrave;che, le visage certainement p&acirc;le et je sentais mes genoux fl&eacute;chir &agrave; tel point qu&rsquo;il m&rsquo;&eacute;tait presque impossible, du moins difficile, d&rsquo;avancer dans l&rsquo;&eacute;troit couloir de l&rsquo;appareil... euh... Boeing ou Airbus, je m&rsquo;en souviens plus. D&rsquo;autant plus que je m&rsquo;&eacute;tais encombr&eacute; d&rsquo;un sac assez lourd (et qui aurait d&ucirc; voyager dans la soute &agrave; bagages) et de mon manteau Rialto dont un pan entier tra&icirc;nait par terre. Mais sur la moquette! La raison de tout cela, me direz-vous? Eh bien, malgr&eacute; mon visa en bonne et due forme, j&rsquo;avais peur de &quot;tomber&quot; sur un &quot;Pafiste&quot; qui, pour des raisons que seule la x&eacute;nophobie et le racisme pourraient expliquer, appose la fameuse lettre &quot;R&quot; sur mon passeport: refoul&eacute;!<br /><br /></font></strong>
<p class="MsoNormal"><font size="2">Plus j&rsquo;avan&ccedil;ais dans la queue et plus le trac augmentait et la sueur perlait sur mon visage. J&rsquo;ai m&ecirc;me pens&eacute; changer de file car, &agrave; c&ocirc;t&eacute;, &ccedil;a avan&ccedil;ait mieux. En tout cas c&rsquo;est ce qu&rsquo;il me semblait. Dans ce genre de situation, il est normal, me semble-t-il, d&rsquo;avoir la hantise d&rsquo;avoir fait le mauvais choix&nbsp;; la crainte d&rsquo;avoir choisi la mauvaise file. La &quot;Pafiste&quot;, une jeune fille au teint presque basan&eacute; et aux cheveux noirs coup&eacute;s &agrave; &quot;la gar&ccedil;onne&quot;, une Corse ou une Marseillaise sans doute, paraissait, de loin du moins, ne pas importuner trop les voyageurs par des questions indiscr&egrave;tes type &quot;que venez-vous faire &agrave; Paris, Monsieur ou Madame&quot;, par exemple. Alors que, de mon c&ocirc;t&eacute;, le pr&eacute;pos&eacute; au guichet prenait tout son temps &agrave; v&eacute;rifier et &agrave; &quot;rev&eacute;rifier&quot; les passeports et &agrave; tenir, parfois m&ecirc;me, un brin de causette avec son vis-&agrave;-vis. Histoire peut-&ecirc;tre de pousser &quot;l&rsquo;autre&quot; &agrave; commettre la faute qui justifie tout simplement et tout b&ecirc;tement son renvoi d&rsquo;o&ugrave; il vient. Enfin, c&rsquo;est ce que, inconsciemment peut-&ecirc;tre aussi, je ruminais dans mon for int&eacute;rieur pendant que j&rsquo;attendais mon tour de &quot;passer &agrave; table&quot;. Oui, pour les Alg&eacute;riens que nous sommes, mal vus partout, &agrave; cause de la d&eacute;cennie noire qu&rsquo;on tra&icirc;ne comme un boulet, c&rsquo;est une torture psychologique que de passer une fronti&egrave;re europ&eacute;enne. M&ecirc;me avec un visa en bonne et due forme. M&ecirc;me avec un visage ras&eacute; de pr&egrave;s (qui inspire donc confiance) et au-dessus de tout soup&ccedil;on. La file d&rsquo;attente qui s&rsquo;allongeait de plus en plus ne semblait gu&egrave;re d&eacute;ranger outre mesure le &quot;Pafiste&quot;. Mais, le moins que l&rsquo;on puisse dire c&rsquo;est qu&rsquo;il faisait correctement son boulot. M&ecirc;me s&rsquo;il s&rsquo;attardait un petit peu, plus que sa coll&egrave;gue d&rsquo;&agrave; c&ocirc;t&eacute;, &agrave; jauger le profil psychologique de &quot;l&rsquo;autre&quot; et &agrave; deviner peut-&ecirc;tre, sp&eacute;culation de ma part, &agrave; travers les visages tendus par le trac et sur lesquels tout sourire a disparu momentan&eacute;ment quels sont ceux qui sont susceptibles de venir renforcer les rangs des &quot;sans papiers&quot;. Mais, pour cela, &quot;soyez s&ucirc;r que vous ne pouvez pas compter sur moi&quot;, murmurais-je. Comme un &eacute;l&egrave;ve tr&egrave;s s&eacute;rieux et m&eacute;ticuleux dans ses r&eacute;ponses, je commen&ccedil;ais &agrave; peaufiner mon discours. Au cas ou. Sait-on jamais. &quot;Je ne suis venu &agrave; Paris que pour changer d&rsquo;air et m&rsquo;impr&eacute;gner un tant soit peu de la culture occidentale. Visiter la tour Eiffel, m&rsquo;attabler au moins une fois, avec des amis, chez &quot;Le roi des coquillages&quot; &agrave; Clichy et faire du shoping au &quot;Quatre vents&quot; &agrave; l&rsquo;occasion des soldes&quot;. Voil&agrave; ce que je devais lui donner comme justification de ma pr&eacute;sence &agrave; Orly Sud. Une r&eacute;ponse pr&eacute;cise et concise. Qui ne souffre d&rsquo;aucune ambigu&iuml;t&eacute;. D&rsquo;aucune &eacute;quivoque. C&rsquo;est mon tour. J&rsquo;approche d&rsquo;un pas h&eacute;sitant vers le &quot;Pafiste&quot;. Je lui pr&eacute;sente mon passeport et j&rsquo;essaie de retenir ma respiration un peu haletante. Il ne remarque pas mon man&egrave;ge. Tant mieux, me suis-je dis.
<p>&nbsp;</p>
</font></p>
<p class="spip"><font size="2"></font></p>
<p class="MsoNormal"><!--dash;[if !supportEmptyParas]&mdas-->
<p><font size="2"></font></p>
</p>
<p class="spip"><font size="2"></font></p>
<p class="MsoNormal"><font size="2">Toutes mes appr&eacute;hensions de d&eacute;part se sont dissip&eacute;es, volatilis&eacute;es, fondues comme neige au soleil qui manquait pourtant ce jour-l&agrave; &agrave; Paris, lorsque le &quot;Pafiste&quot;, un jeune homme &agrave; l&rsquo;allure impeccable, me tend le passeport apr&egrave;s avoir appos&eacute; dessus le cachet humide de l&rsquo;a&eacute;roport et me dit d&rsquo;un air sympa &quot;Bon s&eacute;jour &agrave; Paris, Monsieur&quot;. A ce moment-l&agrave;, j&rsquo;ai retrouv&eacute; le sourire. Mes jambes ont repris de l&rsquo;assurance et je me dirigeai vite vers le tapis roulant r&eacute;cup&eacute;rer ma valise. Une femme qui poussait p&eacute;niblement son&quot;Caddie&quot; a failli me casser le tibia. Tr&egrave;s g&ecirc;n&eacute;e de sa conduite imprudente, mais pas en &eacute;tat d&rsquo;ivresse tout de m&ecirc;me, elle s&rsquo;excusa. Sans rancune aucune, j&rsquo;ai accept&eacute; ses excuses et je me suis pr&eacute;cipit&eacute; &agrave; mon tour vers un Caddie, qui tra&icirc;nait dans les parages, y d&eacute;poser mes bagages.
<p>&nbsp;</p>
</font></p>
<p class="spip"><font size="2"></font></p>
<p class="MsoNormal"><!--dash;[if !supportEmptyParas]&mdas--><!--dash;[endif]&mdas-->
<p><font size="2"></font></p>
</p>
<p class="spip"><font size="2"></font></p>
<p class="MsoNormal"><font size="2">Et Paris m&rsquo;accueillit &agrave; bras ouverts&nbsp;!
<p>&nbsp;</p>
</font></p>
<p class="spip"><font size="2"></font></p>
<p class="MsoNormal"><font size="2">Il ne me restait alors qu&rsquo;&agrave; prendre le bus puis le m&eacute;tro pour arriver, fatigu&eacute;, mais content d&rsquo;&ecirc;tre l&agrave;, &agrave; &quot;l&rsquo;h&ocirc;tel X&quot; situ&eacute; &agrave; quelques encablures du &quot;ch&acirc;teau de Vincennes&quot; o&ugrave; une amie m&rsquo;avait d&eacute;j&agrave; r&eacute;serv&eacute; une chambre. La chambre &eacute;tait petite, &agrave; peine cinq &agrave; six m&egrave;tres carr&eacute;s, mais dot&eacute;e de toutes les commodit&eacute;s qu&rsquo;esp&egrave;re un touriste pas du tout exigeant tel votre serviteur. Je devais y passer trois nuits, mais, me sentant un peu &agrave; l&rsquo;&eacute;cart de la grande effervescence qui r&eacute;gnait &agrave; Ch&acirc;telet et de la vie nocturne de Saint-Michel et de Pigalle, au deuxi&egrave;me jour j&rsquo;ai r&eacute;gl&eacute; ma facture et mis les voiles. D&rsquo;autant plus que le vent m&rsquo;&eacute;tait favorable&nbsp;: il y avait des chambres libres dans l&rsquo;h&ocirc;tel o&ugrave; je descends habituellement lorsque je suis &agrave; Paris. L&rsquo;h&ocirc;tel a chang&eacute; de propri&eacute;taire et de personnel, mais les chambres sont toujours impeccablement tenues et le petit d&eacute;jeuner toujours servi au sous-sol, l&agrave; o&ugrave;, il y a deux ou trois ans, la jeune fille oranaise, rappelez-vous (voir article pr&eacute;c&eacute;dent), m&rsquo;avait fait part de son grand d&eacute;sarroi&nbsp;: elle se sentait comme un poisson rouge dans un bocal. </font></p>]]></content:encoded>
	   
    <dc:creator><![CDATA[Dr GHEDIA]]></dc:creator>
    <dc:language>fr</dc:language>
    <dc:date>2008-01-28T19:21:50+02:00</dc:date>
  </item>

	
  <item rdf:about="http://aghedia.dzblog.com/article-204434.html">
    <title><![CDATA[Paris m'appelle, ma conscience m'interpelle.]]></title>
    <link>http://aghedia.dzblog.com/article-204434.html</link>
				 <content:encoded><![CDATA[<strong>Il y a deux ans... non trois, j&rsquo;&eacute;tais de passage &agrave; Paris. Ma chambre d&rsquo;h&ocirc;tel, entre Pigalle et le Sacr&eacute; C&oelig;ur, donnait sur la Tour Eiffel. Et chaque matin, &agrave; mon r&eacute;veil, je tirais le store de la baie vitr&eacute;e et je restais pendant un bon moment, l&agrave;, assis au bord du lit, &agrave; admirer cette merveille. On &eacute;tait au mois de juin et pendant tout mon s&eacute;jour, le ciel &eacute;tait brumeux, bas, avec parfois une petite pluie matinale qui incite &agrave; la paresse. Pourtant il fallait que je sorte, que j&rsquo;aille &agrave; mes rendez-vous avec des amis, que je cavale &agrave; droite et &agrave; gauche &agrave; la recherche de quelques fringues &quot;bon march&eacute;&quot; pour les enfants. Ou d&rsquo;un parfum de marque pour madame.<br /><br /></strong><a href="http://www.agoravox.fr/IMG/Photo_064.jpg" target="_new"><strong></strong></a><img class="GcheTexte" alt="" src="http://idata.blogmaster.fr/0/00/36/30/photo_064.jpg" />&nbsp;<font size="2">Dans la chambre, il faisait un peu frisquet. Mais apr&egrave;s un bain chaud, apr&egrave;s rasage et lotion &quot;<em>after shave</em>&quot; sur mon visage, je retrouvais ma forme, mes facult&eacute;s physiques et j&rsquo;accourais ensuite au resto de l&rsquo;h&ocirc;tel situ&eacute; au sous-sol. Pas tout nu, &eacute;videmment. Les touristes japonais venaient &agrave; peine de terminer leur petit d&eacute;jeuner quand je faisais irruption dans la salle &agrave; la d&eacute;coration pittoresque&nbsp;: murs en pierre ocre et dalle de sol assortie mais paraissant un peu vieillotte&nbsp;! La tenanci&egrave;re, une jeune fille oranaise qui ne parle que quelques mots de fran&ccedil;ais, m&rsquo;indiquait la table o&ugrave; je devais me mettre et me servait de petits croissants encore chauds et du caf&eacute; au lait. Et pendant que je d&eacute;gustais lentement mon petit d&eacute;jeuner, faisant mine de ne pas &ecirc;tre du tout press&eacute;, elle se mettait en face de moi, &agrave; une distance respectable, sur un tabouret de comptoir et commen&ccedil;ait par me poser des questions sur le pays&nbsp;: s&rsquo;il pleuvait ou s&rsquo;il faisait beau, si le terrorisme avait cess&eacute; ou pas encore, etc. &Ccedil;a sautait aux yeux, cette fille-l&agrave; avait la nostalgie du pays. &Ccedil;a se voyait aussi, &agrave; son air triste, que cette fille-l&agrave; &eacute;tait coinc&eacute;e entre son d&eacute;sir de rentrer au pays et son devoir de tenir encore bon, de se faire une situation sociale plus ou moins enviable en France. De cette fille-l&agrave;, maintenant, je n&rsquo;ai plus de nouvelles. Par cons&eacute;quent, je ne peux vous dire si elle a r&eacute;gularis&eacute; sa situation de &quot;Harraga&quot; en France ou pas encore. Peut-&ecirc;tre la trouverai-je encore, au cours de ma prochaine escapade &agrave; Paris, dans le m&ecirc;me h&ocirc;tel, au sous-sol, en train de servir les touristes japonais. Mais sera-t-elle ravie de me revoir, moi qui suis parti sans lui dire au revoir&nbsp;? </font>
<p class="spip"><font size="2">En &eacute;voquant ce sujet, je veux en fait r&eacute;pondre indirectement aux nombreux lecteurs d&rsquo;Agoravox qui se sont lev&eacute;s comme un seul homme pour me lancer la pierre, pour me lapider pour avoir os&eacute; soulever le probl&egrave;me de l&rsquo;immigration clandestine au cours de mon pr&eacute;c&eacute;dent article <em>Immigration et int&eacute;gration</em>. En effet, ce cas qui n&rsquo;est pas isol&eacute;, convenons-en, montre &agrave; l&rsquo;&eacute;vidence combien les &quot;Harraga&quot; se sentent mal dans leur peau une fois qu&rsquo;ils sont au pays d&rsquo;Alice, de Pedro ou de Nino. Ils se sentent mal dans leur peau d&rsquo;autant plus qu&rsquo;ils sont limit&eacute;s dans leurs mouvements. Ils sont priv&eacute;s de libert&eacute; dans le pays de la libert&eacute;, dans le pays o&ugrave;, sur le fronton de chaque institution, s&rsquo;&eacute;tale en gros caract&egrave;res le triptyque &quot;Libert&eacute;, &eacute;galit&eacute;, fraternit&eacute;&quot;. Ils sont condamn&eacute;s &agrave; &eacute;voluer dans des espaces clos, &agrave; ne sortir qu&rsquo;en cas de stricte n&eacute;cessit&eacute; pour ne pas avoir &agrave; rendre des comptes aux vigiles et aux policiers qui r&ocirc;dent partout, en particulier l&agrave; o&ugrave; il y a une concentration de Maghr&eacute;bins et de noirs. Ils ne voient pour ainsi dire le jour et la lumi&egrave;re qu&rsquo;&agrave; travers des lucarnes comme celle du restaurant de cet h&ocirc;tel qui donne sur une rue commer&ccedil;ante et par o&ugrave; je voyais les passants pendant que je prenais mon petit d&eacute;jeuner. Cette situation de reclus dure parfois des ann&eacute;es&nbsp;! Et elle n&rsquo;est pas sans incidence n&eacute;gative sur le moral de celui ou de celle qui la subit. L&agrave;, incontestablement, c&rsquo;est le m&eacute;decin que je suis qui s&rsquo;exprime. J&rsquo;en parle en connaissance de cause parce que j&rsquo;avais longuement &eacute;cout&eacute; la serveuse oranaise de l&rsquo;h&ocirc;tel qui s&rsquo;est, en quelque sorte, confi&eacute;e &agrave; un de ses compatriotes. Sans &ecirc;tre psychiatre, je n&rsquo;avais eu aucun mal &agrave; &eacute;tiqueter le mal dont souffrait cette jeune fille et mon diagnostic &eacute;tait sans appel&nbsp;: ind&eacute;niablement, cette jeune fille-l&agrave; donc souffrait d&rsquo;un d&eacute;lire de pers&eacute;cution. Deux facteurs essentiels avaient permis &agrave; ce d&eacute;lire de se constituer et de s&rsquo;organiser&nbsp;: sa condition de femme dans un pays &eacute;tranger dont elle n&rsquo;arrivait pas encore &agrave; s&rsquo;impr&eacute;gner de la culture et, pire encore, sa condition de &quot;Harraga&quot; avec toutes les cons&eacute;quences qui en d&eacute;couleraient si elle venait &agrave; &ecirc;tre d&eacute;couverte. Encore une fois, j&rsquo;ai &eacute;voqu&eacute; ce cas parce qu&rsquo;il est, nul doute l&agrave;-dessus, repr&eacute;sentatif de l&rsquo;&eacute;tat d&rsquo;esprit des &quot;Harraga&quot; qui se trouvent comme pris dans une sorte de spirale infinie&nbsp;: tournant toujours autour du m&ecirc;me axe, leur orbite est tr&egrave;s limit&eacute;e. Du moins jusqu&rsquo;&agrave; ce qu&rsquo;ils soient r&eacute;gularis&eacute;s. Entre temps, beaucoup d&rsquo;entre eux finissent par d&eacute;velopper des maladies mentales dues &agrave; leur confinement volontaire et &agrave; l&rsquo;absence de toute perspective d&rsquo;am&eacute;lioration de leur v&eacute;cu quotidien. Le sort de ceux qui versent dans la d&eacute;linquance et le banditisme n&rsquo;est pas non plus enviable. Mais, il est vrai, ceci est une autre paire de manches&nbsp;! Je ne prends pas la d&eacute;fense de ceux qui rel&egrave;vent du droit commun&nbsp;: leur cause est ind&eacute;fendable. J&rsquo;en ai pleinement conscience&nbsp;! </font></p>
<p class="spip"><font size="2">Donc, quitte &agrave; me brouiller une bonne fois pour toutes avec les lecteurs d&rsquo;Agoravox, je persiste et signe&nbsp;: les &quot;Harraga&quot; m&eacute;ritent mieux que &ccedil;a. Je ne dis pas qu&rsquo;ils devraient &ecirc;tre trait&eacute;s avec tous les &eacute;gards comme s&rsquo;il s&rsquo;agissait d&rsquo;invit&eacute;s de marque dans les pays o&ugrave; ils ont &eacute;chou&eacute;s, mais que l&rsquo;on pense d&rsquo;abord aux souffrances qu&rsquo;ils ont endur&eacute;es avant d&rsquo;arriver l&agrave;. En vertu du principe g&eacute;n&eacute;tique qui dit &quot;que seuls les individus forts sont aptes &agrave; la survie&quot;, les &quot;Harraga&quot; qui arrivent &agrave; bon port dans des embarcations de fortune sont donc forts psychologiquement et physiquement et ils m&eacute;ritent, de ce fait, de vivre dignement. L&rsquo;Europe ne pourra, de toute fa&ccedil;on, qu&rsquo;en tirer profit. Sur tous les plans. </font></p>
<p class="spip"><font size="2">Ne voyons pas en les &quot;Harraga&quot; des pestif&eacute;r&eacute;s et des ind&eacute;sirables. En br&ucirc;lant les fronti&egrave;res de l&rsquo;Europe, leur seule motivation est une vie digne et d&eacute;cente. Ils ne constituent pas du tout une menace pour la s&eacute;curit&eacute; de l&rsquo;Europe et des Europ&eacute;ens.</font></p>]]></content:encoded>
	   
    <dc:creator><![CDATA[Dr GHEDIA]]></dc:creator>
    <dc:language>fr</dc:language>
    <dc:date>2007-12-19T18:09:04+02:00</dc:date>
  </item>

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