<![CDATA[Bloghedia]]> http://aghedia.dzblog.com Un lien vers le monde, et le monde est à vous ! fr Fri, 20 Jun 2008 12:58:03 GMT Fri, 20 Jun 2008 12:58:03 GMT dzblog.com v0.2 <![CDATA[Un nul sur toute la ligne ?]]> http://aghedia.dzblog.com/article-246141.html S’il y a une chose dont on parle énormément ces jours-ci dans la presse d’outre-mer, notamment française, c’est bien ce référendum irlandais qui s’est soldé par un non massif au Traité de Lisbonne. Ainsi donc, les Irlandais qui avaient pourtant si bien tiré profit des subventions communautaires ne veulent pas de cette Europe qui n’en finit pas de s’agrandir, de s’étendre vers l’Est et, qui sait, peut-être plus tard vers le Sud-Est avec probablement l’adhésion de la Turquie à cette union. Mais gageons que les hommes politiques européens sauront surmonter cette pénible épreuve en imaginant une solution politique de rechange.

Un plan B ou C, à vous de choisir.
"Ils vont essayer de trouver une formule pour faire revoter les citoyens irlandais, en espérant cette fois que la consultation populaire se solde par un « oui », et qu’enfin le traité simplifié soit adopté’’. Cet optimisme béat est cependant plus ou moins tempéré par un autre homme politique et non des moindres qui, lui, est catégorique. Pour Jean-Pierre Chevènement donc, puisque c’est de lui qu’il s’agit ici, "Juridiquement, le Traité de Lisbonne est mort avec le non irlandais". Pour que l’Europe se ressaisisse et retrouve sa cohésion et sa sérénité d’antan, il va falloir cravacher dur. Les eurosceptiques d’ailleurs tablent sur une dizaine d’années d’âpres négociations au sein des différentes commissions à Bruxelles et ailleurs pour pouvoir remettre le train Europe sur les rails. D’autres par contre, ceux que l’on désigne communément par "élites" ne suggèrent pas moins que de passer outre le "non" irlandais et d’imprimer une marche forcée au train Europe quitte à se faire passer à leur tour pour des ennemis mortels de la démocratie. Enfin, le mot est prononcé. N’est-ce pas que c’est ce qui est reproché à l’Europe ? L’absence de démocratie au niveau de ses structures. Alors que pour nous, les peuples de la rive sud de la Méditerranée, l’Europe, quoi qu’on en dise, reste un modèle presque parfait de démocratie, les populations européennes elles-mêmes ne voient pas les choses de la même façon. Question de culture peut-être ? Evidemment cette différence d’appréciation et de perception trouve sa justification pleine et entière dans l’absence totale de démocratie dans nos contrées.

En fait, ce problème qui agite actuellement les responsables européens a quelque niveau que ce soit, à Bruxelles ou au Luxembourg, ne nous concerne pas et nous n’avons nullement l’intention de nous immiscer dans ce débat euro-européen. Seulement, on voudrait bien savoir si ce vote négatif des Irlandais n’aurait pas de conséquences fâcheuses sur une autre union qui se profile à l’horizon : l’UPM. 

Il faut dire que jusqu’ici personne, parmi les analystes politiques de France et de Navarre, n’a abordé la question sous cet angle. On semble avoir carrément, du moins momentanément, mis aux oubliettes ce projet et cela à quelques jours seulement des assises constitutives de l’UPM qui auront lieu le 13 juillet à Paris.
La presse algérienne, par contre, vient tout juste, timidement, il faut l’avouer, d’aborder cette question. Elle commence à se poser des questions et ce au moment même où la présence de l’Algérie à ces assises n’est plus un secret pour personne.
Ce rejet du Traité de Lisbonne par les Irlandais ne pouvait pas si mal tomber : à la veille de deux rendez- vous politiques importants pour Nicolas Sarkozy. Premièrement, celui-ci s’apprête à assurer la présidence de l’Union européenne et il est mal venu pour lui de prendre la relève dans de telles conditions, c’est plus que décourageant, c’est le moins qu’on puisse dire. Deuxièmement, les nouvelles qui lui parviennent de la rive sud de la Méditerranée ne sont pas non plus rassurantes quant à la suite des événements. Nicolas Sarkozy et son staff politique ont bien du pain sur la planche pour essayer de convaincre les uns et les autres de l’intérêt qu’il y a à maintenir le cap bien droit des réformes politiques qui s’imposent à l’Europe d’une part et d’amarrer les pays de la rive sud de la mare Nostrum à l’Europe d’autre part. Vaste chantier ! A la place de Nicolas Sarkozy, je n’essayerais pas de courir derrière deux lièvres à la fois. A moins d’être un marathonien médaillé ! Et en or. Nicolas Sarkozy devrait revoir ses ambitions à la baisse. Du moins dans l’un ou l’autre dossier. C’est ce que, en bon conseiller, Henri Guaino devrait lui suggérer.

Les peuples sont ingrats, avait dit Churchill, paraît-il. Il avait bien raison. Cela s’est confirmé cette semaine même. Les Irlandais qui disent NON à l’Europe alors que leur économie n’a pris véritablement son envol que grâce aux subventions et aux aides financières provenant justement de cette Europe, ne peut qu’être enregistrée dans ce registre : l’ingratitude. Mais, je m’en lave les mains, cette sentence n’est pas mienne, j’ai dû la lire quelque part sur l’un des nombreux papiers consacrés à cette crise institutionnelle de l’Europe. Le choix éclairé du peuple Irlandais de dire "Non" au Traité de Lisbonne a laissé perplexes, effondrés même, plus d’un. C’est un coup dur pour l’Europe. C’est un coup de massue sur la tête des "élites" européennes qui ne savent plus maintenant à quelle ruse politique se référer pour contourner cet obstacle, pour que le "non" irlandais ne soit pas un frein qui bloquerait l’Europe pour quelque temps. ]]>
Fri, 20 Jun 2008 12:58:03 GMT http://aghedia.dzblog.com/article-246141.html
De l'UMP à l'UPM http://aghedia.dzblog.com/article-243325.html Avec le temps, c’est-à-dire à l’approche du 13 juillet, il devient de plus en plus évident qu’en annonçant son projet de l’Union pour la Méditerranée lors d’un discours de campagne électorale, celui qui n’était alors qu’un candidat de l’UMP à la présidentielle française, Nicolas Sarkozy, avait en fait "mis la charrue avant les bœufs". Ce qui n’est pourtant pas dans la tradition des hommes politiques français. Habituellement, ceux-ci ne prononcent pas de discours démagogiques, mais font plutôt dans le pragmatisme. Dans la realpolitik, pour user d’un terme des temps modernes, ils n’usent pas de la langue de bois comme il est de coutume chez leurs homologues du Sud et ainsi donc ils n’avancent des choses que lorsqu’ils sont certains d’être écoutés et leurs conseils suivis à la lettre.

 Il faut dire que ça n’a pas été le cas de Nicolas Sarkozy qui s’est empressé d’annoncer un projet qui, même s’il est très louable dans ses intentions, n’a pas été d’emblée accepté à l’unanimité par ses partenaires de l’Union européenne. S’il a peut-être été très facile à Nicolas Sarkozy de convaincre Espagnols et Italiens de l’utilité et de l’intérêt qu’il y a à fédérer tous les pays riverains de la Méditerranée autour de cette noble idée, parions qu’il a dû éprouver toutes les peines du monde à vendre sous cet emballage le produit de sa réflexion politique à l’Allemagne d’Angel Merkel.

 

Preuve en est le changement de l’appellation de ce projet qui, de "l’Union méditerranéenne", s’est transformé en un tour de main en une "Union pour la Méditerranée" et cela juste après une réunion à Hanovre, en Allemagne, de Nicolas Sarkozy avec la chancelière allemande. Sans être linguiste chevronné, il est aisé de comprendre que l’adjonction de la préposition "pour" à l’intitulé initial du projet change du tout au tout la donne. En effet, dans ce projet, il est beaucoup plus question des problèmes de l’environnement qui se posent à la Méditerranée elle-même et des embarcations de fortune qui y naviguent à l’assaut de la citadelle Europe que d’une réelle volonté des Européens de s’unir avec le Maghreb ou d’aider les pays du Sud à se développer. Proposer une coopération dans la lutte des incendies de forêts à un pays aussi désertique que l’Egypte ou la Libye n’a aucun sens à mon avis. Ceci est un exemple parmi tant d’autres. Ça fait peut-être sourire, mais c’est ce que j’ai lu quelque part dans une chronique d’un grand hebdomadaire français ! Car de l’avis des hommes politiques et des spécialistes des relations internationales qui s’expriment un peu partout dans les médias tant français qu’autres, le projet de cette fameuse union tel qu’il se présente actuellement, c’est-à-dire axé en grande partie sur les problèmes d’ordre écologique, est d’un flou total : personne ne sait exactement en quoi il consiste réellement sur le plan politique. Sauf peut-être son promoteur, Nicolas Sarkozy, et son "porte-plume", Henri Guaino. Au départ d’ailleurs, certains analystes politiques ont vu, dans ce projet, une ruse politique de Nicolas Sarkozy qui voulait en quelque sorte faire d’une pierre deux coups : proposer une alternative à la Turquie [il est contre l’adhésion de ce pays à l’Union européenne] et obliger les pays arabes à normaliser leurs relations avec l’Etat d’Israël sans que celui-ci ne soit à son tour tenu par l’obligation de permettre la création d’un Etat palestinien viable.

Alors que certains pays du Sud ont vécu dernièrement des émeutes de la faim conséquemment à la cherté des produits de première nécessité sur le marché international, l’on nous convie, en quelque sorte, et ce n’est pas exagéré de le dire, à un débat sur la pollution marine et l’écologie d’une façon générale. Alors que les pays du Sud attendent une coopération dans les domaines scientifiques et technologiques, l’on nous propose que des thèmes en rapport avec l’environnement. Je ne dis pas par-là que l’environnement ne doit pas attirer notre attention, mais force est de reconnaître qu’il y a mille et une priorités pour les pays du Sud. Pour des populations démunies de tout ou presque, pour des populations au ventre creux, il n’est pas facile de leur faire avaler la pilule amère de l’environnement en leur disant qu’on va s’unir avec l’Europe pour colmater la brèche de l’ozone au-dessus de l’Antarctique. Ils n’en ont rien à cirer.

Ainsi, le projet est vidé de toute sa substance bien avant d’avoir vu le jour et on se retrouve au bout du compte avec un "processus de Barcelone bis", processus qui, il faut en convenir, n’a pas donné les résultats escomptés. Et c’est ce qui d’ailleurs laisse les pays de la rive Sud de la Méditerranée sceptiques quant à l’aboutissement de ce second projet. Et c’est pour cela aussi qu’ils sont loin d’accueillir avec "enthousiasme", comme le dit un professeur de sociologie, "l’idée avancée par Nicolas Sarkozy". Du moins l’accueil qu’ils lui ont réservé, par politesse et non par calcul politicien comme on a tendance à le faire croire, reste mitigé. De l’Egypte à l’Algérie en passant par la Tunisie, c’est toujours le "wait and see" même si lors de chaque escale dans l’un ou l’autre de ces pays Nicolas Sarkozy ou ses émissaires promettent monts et merveilles, coprésidence à Hosni Moubarak et secrétariat à Zine El Abidine Ben Ali. Il faut bien reconnaître que ceux-ci ne sont pas assez dupes pour croire au père Noël, ils savent bien que, même si le père de ce projet est bien Nicolas Sarkozy, la tâche de distribuer les rôles dans cette future union ne lui incombe pas à lui tout seul et que Bruxelles veille au grain c’est-à-dire sur tout au sein de l’Union européenne. Rien ne se fait sans son accord. Bruxelles l’a déjà fait savoir : elle n’entend pas laisser le champ libre à Sarkozy de manœuvrer à sa guise. Tous les pays de l’Union se sentent concernés par cette affaire même s’ils ne sont pas tous riverains de la Méditerranée et même si le regard de certains d’entre eux est plutôt tourné vers l’Est : c’est le cas de l’Allemagne. Ainsi donc faire adhérer à ce processus un pays qui, comme la Norvège par exemple, n’a rien à voir ni de près ni de loin avec la Méditerranée est une bien belle façon de torpiller ce processus. C’est une belle façon de noyer le poisson dans l’eau de la grande bleue !

 

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Tue, 03 Jun 2008 14:40:31 GMT http://aghedia.dzblog.com/article-243325.html
De Guernica à Gaza http://aghedia.dzblog.com/article-225308.html Aujourd’hui, en faisant les mots croisés du "Soir d’Algérie", je suis tombé sur deux mots qui n’ont aucun rapport l’un avec l’autre. Et ça m’a donné l’envie de donner libre cours à mon imagination. A mon verbiage. Ça m’a donné l’envie de tapoter sur mon clavier, entre deux interventions chirurgicales comme précisé sur mon CV, conscient cependant du fait que n’est pas chroniqueur qui veut ! Mais, comme le jeu en valait la chandelle, je me suis alors laissé emporté, bercé par le bruit des touches de mon clavier.

 

Le premier mot est anglo-saxon et n’est autre que le fameux "Watergate", scandale pour lequel le président américain Richard Nixon a été contraint de démissionner. Mais, je ne compte pas m’étendre là-dessus, car en matière de scandales, l’Amérique en a connu ! Avec les "quelque chose+ gate", il est aisé, à un journaliste d’investigation tel que Bob Woodward par exemple, de remplir des pages et des pages. Mais rien ne dit que, comme par le passé, ça se termine forcément par l’accusation, le jugement et la démission de leur poste de responsabilité ou carrément la mise aux arrêts de leurs auteurs. Les temps ont changé. L’Amérique aussi. "La loi et l’ordre", ce concept des années Nixon n’est plus de mise dans le pays de l’oncle Sam ! Ou plutôt de l’oncle Bush. Le 11-Septembre a tout chamboulé. L’Amérique est aujourd’hui fière de pratiquer "la baignoire". Sur les bougnoules.

Quant au second mot de ma grille géante du Soir d’Algérie, il a une origine ibérique autrement dit beaucoup plus près de nous, dans l’espace je veux dire, et a rapport avec la guerre d’Espagne de 1936.

En fait, il s’agissait de trouver le nom d’une toile célèbre du non moins célèbre peintre espagnol Pablo Picasso. Bien que je ne sois pas un cruciverbiste confirmé, il ne pas fallu beaucoup de temps pour trouver : Guernica ! Reconnaissez que ça rime avec... eurêka ! Sauf que votre chroniqueur n’était pas dans une baignoire et ça ne risquait donc pas de déborder ! Votre chroniqueur ne risquait pas de s’étouffer non plus !

Guernica c’est l’atrocité absurde de la guerre. Guernica c’est la destruction sous les bombes de l’aviation allemande de tout un village du pays basque. Mais avec l’aval de Franco. Guernica c’est la folie meurtrière des hommes. Guernica présageait déjà les drames qui attendaient l’Europe et qui allaient aboutir à la Shoah. Picasso en a été très ému, très choqué à tel point qu’il lui a consacré toute son énergie et tout son génie. Et, il l’immortalisa sur un bout de toile.

On a dit que Guernica est le premier village bombardé par l’aviation dans toute l’histoire des guerres que l’homme inflige à l’homme c’est-à-dire à son espèce. Mais, l’industrie aéronautique et la technologie aidant, il y a eu d’autres Guernica par la suite. Et pas seulement en Europe.

Sakiet sidi youcef, ce village situé sur la frontière algéro-tunisienne a, lui aussi, connu les affres des bombardements aériens. Par l’armée française lors de la guerre d’Algérie. Sauf que ce village est resté longtemps dans l’ombre. Il n’a pas eu la chance d’être immortalisé ni par une toile ni par autre chose. Et pour cause : nous n’avions pas de Picasso ni d’écrivains de la trempe d’Ernest Hemingway. Ça n’existait pas non plus chez nos voisins tunisiens.

Je ne saurais vous dire pour quelle raison chaque fois que j’évoque cette guerre, la guerre d’Espagne, il me vient à l’esprit Ernest Hemingway et son fameux Pour qui sonne le glas. Est-ce parce que lui aussi avait participé à cette guerre ? En tant que reporter, bien sûr. Mais, honnêtement, à part Le Vieil Homme et la Mer, je n’ai lu ni le livre que je viens de citer ni d’autres œuvres de cet auteur ô combien prolifique !

Watergate. Guernica. Monicagate. Il ne manque qu’un autre scandale pour aboutir à un Picasso ! Un tableau et non pas l’homme. A accrocher dans une vaste salle d’un musée dédié à la mémoire des enfants de Palestine : Gazagate.

Gazagate est, pour ceux qui ne connaissent pas encore ce terme, la dernière trouvaille d’un journaliste du Soir d’Algérie (1) pour rendre compte de la dernière visite de Condoleezza Rice en Israël : alors que les enfants de Gaza, cette immense prison à ciel ouvert, périssaient sous les bombes israéliennes, comme jadis les enfants de Guernica sous les bombes allemandes, celle-ci n’a pas trouvé mieux que de faire endosser la responsabilité, toute la responsabilité, aux seuls Palestiniens. Et, j’aimerais bien lui répondre poliment et diplomatiquement que les enfants, qu’ils soient de Guernica, de Tel Aviv ou de Gaza ne méritent pas de périr atrocement mutilés, atrocement brûlés sous un déluge de bombes ou... de pétards. Quelle qu’en soit la cause. En effet, dans ce cas précis, force est d’admettre que les forces sont disproportionnées. La communauté internationale l’a reconnu. Comparées à la technologie de l’armement de l’Etat hébreu, les roquettes tirées par les Palestiniens ne sont rien d’autre que des "pétards mouillés". On l’a dit et répété à maintes reprises : il n’ y a aucune commune mesure entre les pierres lancées par des enfants et la riposte par armes lourdes à visée chirurgicale des soldats du Tsahal.

Malheureusement, les Etats-Unis, avec leur politique de "deux poids deux mesures" ne le voient pas ainsi et ne l’entendent pas de cette façon-là.

Hillary Clinton est à deux doigts de se faire désigner comme candidate des démocrates à la présidentielle américaine du mois de novembre prochain. Elle commence à ravir la vedette à Barack Obama. L’obamamania s’essouffle ; elle peine ; elle ne semble pas résister au temps et aux critiques qui fusent de toutes parts dans la presse américaine sur les origines soi-disant musulmanes de ce candidat ni vraiment noir ni tout à fait blanc. Ni chocolat ni vanille pour reprendre l’humour de Molly et de ses petits copains Noirs dans le film Corinna, Corinna passé récemment sur la chaîne franco-allemande Arte.

Une femme à la tête de la première puissance mondiale est tout le mal qu’on souhaite à l’Amérique. Peut-être changera-t-elle de cap et de politique vis-à-vis du monde arabe. Peut-être sera-t-elle plus encline à entendre les cris de douleur des enfants palestiniens.

Mais sachant que la société américaine est misogyne dans son ensemble, même si par ailleurs elle s’en défend, ce n’est pas demain la veille qu’une chose pareille puisse se produire.

(1) enfin, c’est ce que je suppose car je n’ai lu nulle part ailleurs cette expression.

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Fri, 14 Mar 2008 17:30:20 GMT http://aghedia.dzblog.com/article-225308.html
De Gaulle avait-il vraiment compris les Algériens ?(2) http://aghedia.dzblog.com/article-220095.html E n 1962 donc, alors que soldats français et colons, les uns chargés de leur paquetage les autre traînant leurs valises, embarquaient sur des navires à destination de Marseille ou de Brest, les algériens sortaient dans une sorte de liesse populaire festoyer. Les gorges déployées, les drapeaux vert et rouge ornés d’une étoile et d’un croissant au milieu portés par des milliers de bras, les algérois convergeaient vers la place des Martyrs dans une cohue indescriptible. Les cris de joie, les youyous et les "tahia el djazair" résonnent encore dans ma tête. Il faut dire qu’à cette époque-là, je n’étais qu’un bambin, pas plus haut que trois pommes, mais j’ai gardé des souvenirs intacts, je dirais même impérissables de cette journée mémorable du 5 juillet.

Et des journées suivantes. Car la fête avait duré plusieurs jours. Et il devait en être pareil dans toutes les villes algériennes. Même en plein désert, à des milliers de Km de Dunkerque, à Tamanrasset et ailleurs dans les vastes contrées désertiques, les Touareg avaient dû certainement fêter cet évènement. A leur manière. L’idée, tant rêvée par de Gaulle, d’une France qui s’étendrait de Dunkerque à Tamanrasset, n’a pu résister à la déferlante guerrière qui a pris naissance dans les Aurès sept ans auparavant. 

Mais, paradoxalement, en haut lieu, les choses n’allaient pas. Entre les militaires, particulièrement l’armée dite des frontières, et les politiques, ceux qui ont signé, pour la partie algérienne, les accords d’Evian (pour ne pas les nommer), une guerre de succession commençait à poindre du nez. Les règlements de compte pour une histoire de leadership d’un pays pourtant exsangue par sept ans de guerre et de misère avaient commencé. Pour la plupart des politologues d’ailleurs c’est à cette époque que remonte notre malheur actuel : dès l’indépendance acquise, l’Algérie avait pris une mauvaise direction. Grisés par l’indépendance, ceux qui, quelques mois auparavant, étaient unis comme les doigts de la main, s’étaient lancés dans des guerres intestines pour le pouvoir. Il faut dire que le pouvoir rend les hommes aveugles et sourds. Le slogan, " le seul héro, le peuple" peint sur toutes les façades des immeubles d’Alger, ne leur disait rien. Ne leur rappelait rien. On avait vite oublié que le peuple avait, d’une manière ou d’une autre, participé, lui aussi, à la libération du pays. Ainsi donc, le peuple est écarté de toute décision ; il est considéré comme non mature. Ni pour la démocratie ni pour une autre forme de gouvernance à laquelle il pourrait être associé.

La formation d’une assemblée constituante à laquelle le FFS appelait de tous ses vœux n’a pas véritablement eu lieu. C’était au FLN qui tirait sa légitimité historique de l’ALN qu’incombait la tâche de conduire le peuple vers d’autres victoires : l’édification d’une nouvelle société juste et équitable, démocratique et socialiste.

Dans sa résidence de "Colombey les deux églises", le Général de Gaulle à qui, n’en doutons pas, des rapports sur la situation en Algérie étaient dressés quotidiennement, devait certainement savourer cette "paix des braves" : il venait de se dessaisir d’un fardeau ; il venait de se débarrasser d’une "fiole contenant de l’huile et du vinaigre". Non pas parce que le mélange de ces deux liquides soit détonant, mais comme il l’avait expliqué lui-même, dès que cesse l’agitation de la fiole qui les contient, ils se séparent, chacun occupant un espace propre à lui. Et, effectivement, le Général avait raison : en plus d’un siècle de colonisation, français et algériens de souche n’avaient jamais pu se mélanger, ni su s’intégrer intelligemment les uns aux autres. Chacun des deux peuples était sur ses gardes, chacun des deux peuples campait sur ses positions : les uns par complexe de supériorité, les autres par peur de perdre leur âme. Pourtant, du métissage de ces deux peuples, du rapprochement de ces deux cultures, aurait pu naître une société telle qu’aujourd’hui les nations de la terre entière l’envieraient. Mais, l’histoire est ainsi faite. Et elle ne se répète pas. Il ne sert donc à rien de se lamenter sur ce qu’on aurait du faire ou ne pas faire. Le fait est là. L’Algérie a recouvert son indépendance, sa liberté, après plus de sept ans de guerre et des milliers de morts (les chiffres avancés par les uns sont cependant contestés par les autres), et, malheureusement, par la faute de se gouvernants successifs, n’a su que faire...

Le règne de A. Benbella n’a pas duré longtemps. Les rumeurs disaient qu’il a été arrêté pendant qu’il assistait à un match de football de coupe d’Algérie. Mis sous résidence surveillée, on n’entendra plus parler de lui pendant de longues années. Le putschiste n’était autre que Houari Boumediene qui était vice président du conseil de la révolution algérienne. Après la destitution, le 19 juin 1965, sans effusion de sang, il faut le reconnaître, du premier Zaїm de l’Algérie indépendante, Houari Boumediene est devenu le nouveau président de l’Algérie. Ambitieux, il s’attellera vite à redonner espoir à la population, particulièrement à la paysannerie qu’il chérissait tant. La révolution agraire est vite lancée. Son objectif : la terre à ceux qui la travaillent. Et puis, c’était aussi une façon d’arrêter l’exode rural qui commençait à poser problème, à dénaturer l’environnement immédiat des villes par l’érection de bidonvilles à perte de vue. Sur le plan social, la gratuité des soins est garantie à toute la population, riche ou pauvre. Malheureusement, celle-ci a beaucoup plus profité aux riches qu’aux pauvres et cela par la faute d’une bureaucratie encline à favoriser les uns par rapport aux autres et de l’esprit "ben âmiste" encore ancré dans les mentalités. Pour des soins dentaires, par exemple, les "pistonnés" bénéficiaient de prise en charge à l’étranger, notamment en France, aux frais de la princesse : l a sécurité sociale. 

On tourne la page (de l’Histoire) mais on ne la déchire pas", disait feu Houari Boumediene chaque fois qu’il évoquait la guerre d’Algérie et les relations tumultueuses, les relations en dents de scie, les relations de "je t’aime moi non plus" entre l’Algérie indépendante et la France de la Vième République. Malheureusement en 1978 celui-ci rendra l’âme. Presque subitement et mystérieusement. Et comme nous avons une dent contre l’Histoire, la génération actuelle ne connaît rien ou presque de cet homme qui a, pourtant, jeté les premiers jalons d’une Nation qui devait être grande. Il a parachevé la constitution des "institutions de l’état qui ne devraient pas s’éteindre avec la disparition des hommes"selon ses propres mots. Il a surtout nationalisé les hydrocarbures qui font remplir les caisses de l’état maintenant. Un 24 février 1971.

Encore une fois, la France a mal digéré ce fait accompli. Sa presse commence alors a jouer les troubles fêtes allant jusqu’à inventer des caractéristiques physico chimiques de piètre qualité à notre pétrole. Mais, lors d’un discours historique, Boumediene réplique sous forme de boutade : si notre pétrole est rouge c’est parce que notre sous sol est abreuvé du sang des martyrs, avait-il dit en substance. Dans la salle où il tenait son discours, on se mit debout et on applaudît longuement. Chaudement. La phrase est répétée plusieurs fois, accompagnée de petites chiquenaudes sur le pupitre comme lui seul savait le faire ! D’émotion, l’assistance n’a pu retenir ses larmes. Des larmes de joie sans doute pour cette courageuse prise de décision. Des larmes de joie sans doute pour cette deuxième indépendance d’une tutelle devenue trop encombrante. La nationalisation des hydrocarbures en Algérie a eu un effet de douche froide sur les capitales européennes d’autant plus qu’elle a été suivie quelques mois après par d’autres pays exportateurs de pétrole tels le l’Indonésie, l’Angola...Ce qui augurait du premier choc pétrolier de 1973. Mais malgré un prix de 100 dollars le baril, peu d’algériens profitent réellement, actuellement, de cette manne.

 A SUIVRE...

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Tue, 26 Feb 2008 12:09:12 GMT http://aghedia.dzblog.com/article-220095.html
De Gaulle avait-il vraiment compris les Algériens ? http://aghedia.dzblog.com/article-218245.html
Le temps pluvieux et maussade de la veille du Réveillon s’est dissipé progressivement pour laisser place à un soleil radieux en ce 2 janvier de l’an 2008. Il faisait beau, mais frais quand même. Et cette fraîcheur matinale était une aubaine. Un don du ciel. Elle m’a revigoré la mémoire.

Sur le sommet d’une montagne avoisinante, à quelques encablures à vol d’oiseau de l’endroit où je me trouvais, la neige persistait encore. Elle était d’une blancheur immaculée ! Les coulées de neige de part et d’autre de ce pic abrupt formaient un V inversé, clairement visible car, au-dessus, le ciel de ce matin-là était d’un bel azur ; il était éclatant de lumière. Par ailleurs, aucun nuage ne venait perturber cette image idyllique. On aimerait bien que tous les matins soient ainsi. Des matins calmes et paisibles, et inondés de soleil. Des matins sans mauvaises nouvelles diffusées par la presse ni colportées par le "bouche-à-oreille". Des matins sans tirs de "Heb Heb"(1) sur les campements militaires ni de faux barrages dressés sur les chemins secondaires. De la Kabylie ou d’ailleurs.

Etait-ce un signe prémonitoire nous annonçant la victoire contre le terrorisme et la misère qui accablent notre Algérie depuis plusieurs années ? N’étant pas cependant, par nature, superstitieux, je ne voulais pas me laisser obséder par cette image ni lui donner une quelconque signification. C’était une bizarrerie de la nature, point c’est tout. "Allez, circulez, rien à voir", finis-je par lâcher à l’intention de... moi-même. "Je ne vais tout de même pas essayer de donner une explication rationnelle, logique, cartésienne à tout phénomène naturel qui se manifesterait sous mes yeux", ajoutai-je tout en fermant les persiennes de mon bureau pour ne pas continuer à fixer de mon regard cette curiosité de la nature.

Sur l’autre versant de cette montagne se trouve un petit village du nom de Medjana dont les maisons de style colonial entourées de haies fleuries et les ruelles tracées au cordeau rappellent au touriste égaré qu’ici, il y a quelques décennies, vécurent, heureux sans doute, des colons. Mais ce village n’avait pas connu que ça. Il avait connu bien d’autres événements historiques telle "l’insurrection d’El Mokrani", par exemple. Rappelons seulement que celui-ci avait été, avec quelques-uns de ses compagnons d’armes, exilé en Nouvelle-Calédonie. Cela remonte à loin maintenant. Seuls les manuels scolaires de nos enfants évoquent cette tragédie. La tendance à occulter les événements lointains pour ne retenir que ceux qui se sont passés il y a à peine une cinquantaine d’années est une caractéristique de nous autres Algériens. On dirait que nous avons une dent contre l’Histoire. Celle qui s’écrit avec H. Ou alors l’Histoire a été déviée de son cours naturel par les "tenants du pouvoir" qui ne voulaient retenir d’elle que ce qui les arrangeait. C’est ce qui se dit çà et là d’ailleurs. Mais bon... Ceci est une autre histoire. Alors passons.

Plus au nord et plus à l’est aussi de ce village, se trouve un autre village niché sur le flanc de la montagne, Bordj Zemmoura où, en 1958, en pleine guerre d’Algérie, le général de Gaulle, venu s’enquérir de la situation où se trouvait alors "l’Algérie française", avait, paraît-il, passé une nuit. Une nuit qui avait suffi à sortir ce village de son anonymat. Une nuit dont se souviennent encore les vieux Zemmouris. Cinquante ans après, ils en parlent avec fierté. Et comment ? Le général avait passé une nuit dans une chaumière de leur village ! En fait, je n’ai pas pu vérifier cette information que je détiens de bouche-à-oreille depuis longtemps maintenant, mais en tout cas tous les Bordjiens jurent sur tous les saints que c’est vrai.

On prétend que de Gaulle (qui, comme la majorité des Français de l’époque, avait mal digéré l’indépendance de l’Algérie) avait dit un jour ceci : "l’Algérie, on en reparlera dans trente ans" ! Et, effectivement, trente ans après son indépendance, l’Algérie a connu l’une des crises humanitaires les plus dramatiques du siècle dernier. Et, le plus dramatique dans l’histoire, c’est qu’elle n’entrevoit pas encore le bout du tunnel. Le terrorisme bat toujours son plein et les politiques n’ont, pour le moment, d’yeux que pour le palais d’El Mouradia qui n’arrive pas encore à prendre la décision quant à l’éventualité ou non d’un troisième mandat présidentiel. Alors, ma question est celle-là : ce dicton prononcé dans une conjoncture particulière était-ce une prémonition comme le V que je viens de voir de ma fenêtre ou bien alors de Gaulle était-il un visionnaire hors pair ? Dans le cas où c’est la deuxième suggestion qui est la plus plausible, il serait, à mon avis, très instructif, pour nous les Algériens en particulier, de lire les mémoires du général et de s’en inspirer afin d’éviter toute surprise, toute fausse manoeuvre non pas de l’histoire du passé, mais de l’histoire à venir. Le général avait dit beaucoup de choses. Concernant l’Algérie, bien sûr. Tel, par exemple, son fameux "je vous ai compris" qui, quelques années après, avait, fatalement, débouché sur l’indépendance de l’Algérie. On me rétorquera peut-être que ce "je vous ai compris" était destiné aux Français d’Algérie qui étaient si inquiets de la tournure prise par les événements de la guerre d’Algérie. On pourra aussi me contredire et me dire qu’il était plutôt destiné aux colons qui n’admettaient pas le fait de tout laisser tomber, du jour au lendemain, et rentrer en métropole. Leur avenir et celui de leurs enfants ne pouvaient se faire qu’en Algérie, pensaient-ils. Ils ne pouvaient pas concevoir d’autre avenir que celui qu’ils s’étaient eux-mêmes tracé depuis plusieurs générations. Ils ne pouvaient pas non plus, pour rien au monde, laisser tomber aux mains des indigènes leurs fermes de la Mitidja si fertiles et les grandes exploitations céréalières des hauts plateaux, eux qui avaient trimé pendant près d’un siècle pour faire de l’Algérie ce qu’elle était.

Mais ce "je vous ai compris" avait en fait un double tranchant. Une double signification. S’il avait été compris tel que je l’ai dit plus haut par les uns, c’est-à-dire dans le sens où la France était prête à y mettre tout son poids et à déployer tous ses moyens pour régler définitivement cette atteinte à l’ordre public par des "hors-la-loi" et qu’il fallait juste une opération de police pour en venir à bout, il avait été compris autrement par les indigènes que nous étions : inéluctablement, nous allions avoir notre indépendance. Dans les djebels, la guerre faisait rage. Depuis quatre longues années déjà ! Des deux côtés, les hommes tombaient comme des mouches. Des deux côtés que de souffrance, de larmes et de sang. Même l’utilisation des armes pourtant prohibées par les conventions de Genève (Napalm) n’arrivait pas à mettre fin à ces "troubles de l’ordre public" ni à entamer la détermination des moudjahiddines, les combattants de l’ALN. Même la torture pratiquée à grande échelle par les aussaresse et compagnie n’avait pas permis de mettre fin à un mouvement de révolte, à une révolution qui allait tout chambouler sur son passage. Sur le plan diplomatique, "la question algérienne" était, si mes souvenirs sont encore bons, inscrite à l’ordre du jour des Nations unis. La guerre avait sonné le glas de la colonisation. Et pas seulement en Algérie d’ailleurs. Partout en Afrique, les peuples se révoltaient contre l’ordre colonial. Il fallait faire preuve de pragmatisme et voir la réalité en face. On ne peut continuer éternellement à asservir tout un peuple sous le prétexte que la "colonisation est un bienfait" pour lui, pour ce peuple je veux dire. De ces "bienfaits", les colonisés n’en voulaient plus. Voilà, peut-être, pourquoi, en s’adressant aux Français d’Algérie, le général avait, en fait, fait un clin d’œil aux Algériens d’Algérie. Il avait compris que le divorce entre les Français d’Algérie et les autochtones était déjà bel et bien prononcé. Un premier novembre. De l’année 1954. Il ne restait alors qu’à s’entendre sur les modalités pratiques pour que ce divorce soit enfin effectif. Il le sera un certain juillet 1962.

A suivre

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Wed, 20 Feb 2008 14:54:04 GMT http://aghedia.dzblog.com/article-218245.html
Algérie : à propos du "3° mandat". http://aghedia.dzblog.com/article-214866.html La politique n’étant pas mon domaine de prédilection, j’ai juré plus d’une fois de ne pas évoquer des sujets de cet ordre. En peu de mots, de ne pas me mouiller. Mais peut-on rester neutre quand toute la nation est en effervescence? Peut-on ne pas en parler quand la question fait, tous les jours depuis quelques jours, la une des journaux et le sujet de discussion à tous les coins de rue?

Pas plus tard que ce matin d’ailleurs, alors que j’étais attablé dans un café, entrain de siroter tranquillement un Vichy menthe et à feuilleter mon canard préféré, en face de moi, deux hommes (un jeune et un vieux), ont failli en venir aux mains à cause de ce "3° mandat" : chacun essayant de convaincre l’autre de la justesse de ses propos et de la force de ses arguments. Puis, ce qui était au départ une banale discussion, entre deux amis de longue date probablement, a failli tourner au drame. Sans l’intervention d’un vieillard qui ne survit que grâce à la vente des cigarettes à l’intérieur même de ce café maure (1), la discussion aurait dégénéré et, n’en doutons pas, le jeune homme aurait pris le dessus sur son rival courbé par le poids de l’âge. La sagesse du vieillard a porté finalement ses fruits. Lessivés, les deux hommes se sont séparés en se tapant mutuellement sur les épaules mais chacun campant cependant sur ses positions. Mais que leur avait-il dit donc le vieillard, me direz-vous, pour qu’ils reviennent à la raison ? Que leur avait-il dit pour qu’ils cessent de se chamailler pour une question...euh...j’allais dire futile mais, en réalité, elle est loin de l’être. Elle est loin de l’être car d’elle, de cette question-là, je le répète pour que vous me compreniez, dépend l’avenir de toute la nation. Le vieillard, qui assistait médusé au début, comme tout le monde, à cette discussion, a dû faire des efforts surhumains pour se remémorer, pour remonter à la surface ce vieil adage algérien qui dit en substance ceci " le berger et le serf se sont chamaillés à cause des biens de leur maître". Et il le balança en pleine gueule des deux énergumènes.

Là est donc le secret de la sagesse de notre terroir.  Le vieillard a visé juste et frappé de plein fouet. Si les deux hommes ont mis fin à leur "fitna" si j’ose dire pour reprendre un terme qui, il n’ y a pas si longtemps encore, était à la mode, c’est parce que ni l’un ni l’autre ne voudrait être comparé à un serf ou à un berger. Question de dignité. Les algériens sont comme ça. Ils régissent au quart de tour quand on vient à toucher à leur "nif", à leur dignité. Le sang chaud, qui ne fait qu’un tour dans leurs veines lorsqu’ils sont devant une situation délicate, est vite refroidi à l’idée de se faire traiter d’un nom d’oiseau de mauvais augure. Qu’en est-il donc du fait de se faire rabaisser au rang de berger ou d’esclave ? Mieux vaut en mourir que d’accepter un tel sobriquet.

En fait, j’ai longuement réfléchi pour vous restituer intégralement la traduction la plus fidèle possible de cet adage mais l’outil linguistique m’a faussé compagnie ce matin : à force de tourner et retourner la phrase, je me suis vite rendu compte que celle-ci risquerait de perde complètement son sens si je m’entêtais à jouer un rôle qui n’est pas mien. La traduction d’une langue à une autre n’est pas si évidente que ça ; c’est une affaire de spécialistes. Alors j’ai opté en définitive pour cette traduction moins poétique, certes, mais largement significative. Significative de l’état d’esprit qui règne actuellement dans toutes les sphères de la politique algérienne.  

Au Sénat, à l’ APN, dans les rédactions de la presse quotidienne, c’est ce sujet-là qui préoccupe actuellement l’esprit des gens. Il accapare toute leur attention et aspire toute leur énergie. Mais sans chamailleries. Ce qui est déjà pas mal, je dirais même une avancée démocratique sans précédent. On semble avoir retenu la leçon de 1991 lorsque il y a eu, rappelez-vous, l’interruption du processus électoral qui allait certainement permettre au FIS de faire un tabac. Alors, 3° mandat ou pas ? A dire que tous les autres problèmes de l’Algérie ne trouveront leurs solutions que dans un "3° mandat" présidentiel. 

Les uns après les autres donc, nos partis politiques se positionnent. Du moins, il s’agit là de ceux qu’on a l’habitude de qualifier de "grosses cylindrées". Autrement dit, les partis politiques qui font partie de la coalition gouvernementale. Ceux qui, en fait, contrairement à ce qui était attendu d’eux, n’ont jamais fait de l’opposition leur credo. En Algérie, c’est malheureux de le dire, la vocation des partis politiques n’est pas de faire de ou dans l’opposition. Est-ce parce que notre démocratie spécifique ne le permet pas ? Ou alors est-ce parce que le fait de s’opposer à un pouvoir incarné par l’un de "ses enfants prodiges" fait peser le risque de perte de tous les privilèges à ces partis dits de l’opposition ? En fait, j’ai une petite idée quant au comportement de nos partis politiques. Elle me trotte dans la tête depuis tout à l’heure. J’ai envie de vous l’exposer mais je vous préviens à l’avance que je ne suis pas un analyste politique et il se peut donc que je me trompe. M’enfin ! Ça reste une hypothèse. C’est juste une petite supputation de ma part mais je crois que la situation "à cheval" entre être dans l’opposition et faire en même temps partie du pouvoir convient mieux à ces partis. Ainsi ceux-ci pourront-ils tenir deux discours diamétralement opposés selon l’évolution de la situation : l’un pour leurs ouailles et l’autre destiné aux tenants du véritable pouvoir. C’est une politique qui consiste à contenter le loup sans faire de ravage dans la bergerie. Il fallait y penser. Et ils sont trois, ces partis politiques qui siègent aussi bien à l’APN qu’au Sénat et qui détiennent des portefeuilles ministériels. Pas besoin d’étaler leurs sigles ici puisqu’ils sont connus de toutes et de tous. Ils se positionnent et s’alignent sur un même mot d’ordre : oui pour un troisième mandat présidentiel pour l’actuel président de la République. Mais pour cela, il faudra d’abord que la constitution soit modifiée. Pas de fond en comble, certes, mais du moins sur l’un de ses aspects qui porte justement sur la limitation à deux mandats de la plus haute charge au niveau de l’état : la présidence.

Mais contrairement aux deux amis dont j’ai parlé plus haut, nos partis politiques n’ont pas l’intention, du moins pour l’instant, de se chamailler et c’est mieux ainsi : ils s’alignent. Ils soutiennent. Ils sont tous ou presque pour un 3° mandat quitte à "mettre la charrue avant les bœufs"(2) pour paraphraser le chef du MSP autrement dit un de ces trois partis qui, lui, n’a pas encore tranché sur la question. Pour être encore plus explicite, ce dernier a même donné l’article de la constitution dans lequel il est clairement stipulé qu’avant de songer à briguer un 3° mandat, le chef de l’état doit au préalable soumettre le projet de modification de la constitution au parlement et ensuite au peuple sous forme de référendum. En dernier ressort donc, il revient au peuple SOUVERAIN de se prononcer. De ce côté-là donc A Bouteflika n’a pas de souci à se faire : ses désirs sont des ordres !

Alors pourquoi tout ce tapage médiatique autour d’une question qui, de prime abord, paraît réglée à l’avance ?

(1) L’interdiction de la cigarette dans les lieux publics n’est pas encore entrée en vigueur chez nous. Sur ce point donc les algériens sont plus libres que les français.

(2) Des marchands de tapis aux perchoirs. Le"Soir d’Algérie"

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Wed, 06 Feb 2008 12:29:31 GMT http://aghedia.dzblog.com/article-214866.html
Adieu jolie Candy. http://aghedia.dzblog.com/article-214728.html Les temps sont durs.

Et, ce qui rend encore les temps plus durs, c’est cette nostalgie qui vient à petits pas et qui me tient. Qui me monte comme la moutarde au nez. J’ai beau essayé de la réprimer, de la chasser de mon esprit, mais elle est tenace. Elle est coriace. Elle est venue sans être invitée. Elle est arrivée à l’improviste. Sans prévenir. Elle a fait irruption toute seule par je ne sais quel espace libre de ma mémoire et elle s’est imposé à moi et m’a imposé que je la regarde en face. Qu’aurais-je pu faire ? Lui dire non ? Franchement, je n’ai pas pu résister à son charme.

"Chassez le naturel et il revient au galop" ! Qui ne connaît pas cet adage ?

 

Tel un spectre, la nostalgie me hante donc. Et, paradoxalement, plus je prends de l’âge et plus les souvenirs de ma jeunesse remontent à la surface. Ils viennent de temps à autre m’habiter, me tarabuster. Et quand l’émotion est à son comble, il m’est difficile de ne pas verser une larme par-ci ou de ne pas pousser un soupir par-là. Putain de merde, voilà qu’un autre adage me vient encore à l’esprit. A l’évocation du mot soupir. "Cœur qui soupire n’a pas ce qu’il désire", dit ce dernier. Oh la la ! Que c’est embêtant ! Qu’ai-je fais au bon Dieu pour que subitement, de bon matin, cette question de nostalgie vienne tout foutre en l’air ? Elle vient me perturber dans tout ce que j’entreprends. Impossible de penser à autre chose qu’aux choses que j’ai vécues à mes vingt ans. Pourtant, je n’ai pas l’habitude de m’apitoyer sur mon sort ni de pleurer mon âge d’or.

 

Alors quelle est la raison de tout ce cirque ?

 

Je crois l’avoir trouvé. Elle est là. Devant mes yeux. Elle s’étale sur quelques lignes au milieu d’une page de Vox populi (à ne pas confondre avec Agora vox) et a pour titre "Adieu jolie Candy".

 

" Vous m’avez donné des frissons avec votre jolie petite pause-café. J’avais 18 ans quand je chantais cette jolie chanson sur la plage de Zemmouri-El Bahri au coucher du soleil, avec de jeunes Européennes qui étaient tristes parce qu’elles allaient repartir chez elles. Mais avec Boumediene qui ne nous laissait pas voyager nous n’avions aucune chance de les rejoindre.

 

Grâce à Chadli, j’ai pu rendre visite, enfin, à mes amis d’enfance à Orly et Paris. Maintenant, j’ai peur pour mes enfants. La menace s’appelle barque de fortune. Venez à Zemmouri-El-Bahri où je suis né. Nous allons tous les deux, un vendredi, jeter des fleurs à la mémoire de ces jeunes disparus. Ma fille m’a dit : "Papa pourquoi ces larmes ?" Je lui ai dit : C’est à adieu jolie Candy". Elle n’a rien compris et je n’ai pas pu lui donner les explications nécessaires.

 

D’émotion, ma langue ne pouvait rien articuler d’autre.

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Tue, 05 Feb 2008 20:52:53 GMT http://aghedia.dzblog.com/article-214728.html
Escapade parisienne (2) http://aghedia.dzblog.com/article-213295.html Pendant que je longeais la grande avenue parisienne, celle qui s’étend de la place Charles-de-Gaulle-Etoile jusqu’à la Concorde, celle que l’on dit être la plus belle avenue du monde et effectivement elle l’est, l’avenue des Champs-Elysées pour, enfin, cracher le mot, mon esprit divaguait et je m’étais improvisé poète. Décrivant, avec des mots simples, sans recherche lexicale ni grammaticale mon état d’esprit et humeur d’alors, j’ai pu accoucher, dans la joie et non dans la douleur, de ces quelques vers.

"En ce début du mois de janvier, à Paris, on s’amuse et on rie.

 Pourtant, le temps est vachement gris.

 Par le froid, je suis transi

Mais je ne regrette pas d’être à Paris.

 Savez-vous qu’à l’appel de Paris

 Toutes activités cessantes, j’ai répondu,

 Laissant femme et enfants en Algérie ?

 Prenant le risque d’être éconduit

 Même si, sur moi, j’avais un sauf-conduit,

 J’ai pris l’Aigle bleu et, de mon pays, je me suis enfui

 Mais pas comme un Harraga qui, en haute mer, périt."

 C’est ainsi que pendant que je flânais sur les Champs-Elysées, sans faire attention aux passants, je pondais machinalement mes mots. Les uns après les autres. Spontanément ou parfois accompagnés de mouvements du corps, d’étirements des bras, de claquements des doigts, de mimiques et de gestuelles qui frisaient parfois le ridicule, les mots sortaient sans faire de bruit, sans faire de vagues et allaient se répandre, comme la brume de ce matin-là, sur tout Paris. Mais, j’en étais pleinement conscient, Paris était sourd à ma poésie naissante, à mes vers ridicules. Il s’en foutait royalement de mes jérémiades.

 Tel un chorégraphe, je m’exprimais avec mon corps. Et chaque fois qu’un vers me semblait convenir, j’opinais de la tête et le répétais plusieurs fois de suite pour le mémoriser définitivement. C’était comme un jeu d’enfant. Mais à défaut de billes ou de quilles dont, enfant, j’avais usé et abusé, je jouais avec les mots d’une langue qui n’est pas mienne. Mais une langue que nous avons, de ce côté-ci de la Méditerranée, gardé comme un "butin de guerre". Et que, malgré tout, nous essayons d’enrichir aussi. Sémantiquement parlant. Ne risquerais-je pas le lynchage pur et simple si on apprenait que j’étais en train de dénaturer la langue de Molière, me suis-je demandé à hauteur de la FNAC à la vue d’un livre de Simone de Beauvoir dont on venait de célébrer le centenaire de la naissance ? On parlait beaucoup d’elle et, excusez-moi cette petite digression, de son cul qui a fait la une du Nouvel Observateur. Chose que j’ai, cependant, ratée ! J’aurais tant aimé voir le corps nu, même de dos, même retouché numériquement, de cette dame qui a tant donné à la littérature française et qui s’est tant engagée dans le mouvement féministe. Dans l’émancipation des femmes. Non pas pour cultiver le côté voyeuriste qui se cache certainement en chacun de nous, il faut l’avouer, mais par simple curiosité. Et parce que aussi, comme l’a dit quelqu’un "le cul de Simone... c’est beau à voir". La nature humaine est ainsi faite. Pas moyen de la changer. Mais, hélas, sa photo qui n’avait pas, semble-t-il, fait l’unanimité au sein même de la rédaction du Nouvel obs, a disparu de la circulation aussi vite qu’elle était apparue. J’ai beau chercher de vieux journaux dans les poubelles, mais en vain. Aucune trace d’elle. "Tant pis", finis-je par lâcher alors que je m’éloignais à grandes enjambées de la FNAC pour aller griller une cigarette au pied de la statue de Charles de Gaulle.

Simone de Beauvoir, si elle était encore vivante, aurait-elle accepté qu’on étale à la une d’un magazine à fort tirage son corps tout nu ? Ses fesses relookées ? Pendant une bonne partie de la matinée, ces questions-là ne voulaient pas me quitter. Elles me poursuivaient. Elles me collaient aux fesses. Même lorsque j’ai voulu acheter un parfum pour ma femme chez Sephora, pendant que l’hôtesse d’accueil me présentait les dernières nouveautés de leur gamme, je ne voyais ni "J’adore" ni le flacon en forme de pomme de Nina Ricci : mon esprit n’avait d’yeux que pour l’image du corps dénudé de Simone de Beauvoir. Que j’imaginais, évidemment.

 Mais, comment, bonté divine, me suis-je demandé, une société qui ne jure que par les Droits de l’homme en est arrivée là ? A bafouer, à fouler du pied les droits les plus élémentaires d’une femme morte depuis belle lurette maintenant ? Une femme dont il ne reste plus ni les fesses ni les os ? Serait-elle, cette femme, en train de se retourner dans sa tombe à l’heure actuelle parce que, dans le but de tirer plus de bénéfices de leur papier, des esprits mercantiles ont exhumé, sans autorisation de qui de droit, une vieille photo de sa jeunesse ? Belle façon de marquer son centenaire ! A qui sera le tour l’an prochain ? "Mais qui suis-je pour parler comme ça ? Qui suis-je pour donner des leçons de morale à une société sortie tout droit du siècles des Lumières ? Les gens qui ont pris la décision de publier cette photo ne sont pas débiles tout de même. Ils ne sont pas non plus animés par le désir de porter atteinte à une des leurs, qui plus était une dame bien pensante ! C’est peut-être leur façon, une façon bien à eux en tout cas, une façon spécifique à eux et à eux seulement comme l’est le Camembert à la Normandie, de marquer ce centenaire et de montrer ainsi leur affection toujours intacte, malgré le temps écoulé depuis sa mort, à cette dame au grand coeur. Ce n’est pas si grave que ça ! Les gens, toutes catégories sociales confondues, ont dû, certainement, prendre cela du bon côté. Personne n’a émis de fatwa condamnant les journalistes de ce magazine au bûcher ou à la damnation éternelle dans les feux de la Géhenne ! Il y eut, peut-être, une discussion à bâtons rompus, avant le bouclage du journal, entre les partisans de la publication de cette photo et ceux qui n’en voulaient pas et puis... rien. Tout le monde a donné son OK. On était certainement curieux de voir aussi la réaction des lecteurs. C’est comme ça que ça se passe en démocratie. La majorité finit toujours par l’emporter. Et la minorité, même si elle n’est pas du même avis, joue le jeu ; elle accepte de fait sa défaite. Ni le rédacteur en chef ni le directeur du magazine n’ont été inquiétés par les pouvoirs publics et encore moins par la justice. La liberté de la presse n’est pas, ici, une simple vue de l’esprit mais elle est réelle. Elle existe bien. De cela, qu’ai-je à dire ? On en est encore loin, nous. L’esprit de "Taghenanet" qui consiste à dire et à affirmer que ’ça ne peut être qu’une chèvre même si elle vole’ n’existe pas chez eux. Ah ! oui, ça c’est une de nos spécialités . Une de nos spécifités."

 Absorbé dans mes pensées, j’ai failli être renversé par une moto qui roulait à vive allure et qui a mal négocié son virage du côté du musée du Louvre. C’était ma faute. Sans m’en rendre compte, j’étais pratiquement au milieu de la chaussée alors que le feu pour piéton était au rouge. Cet incident m’a rendu fou de rage. Contre moi-même. Contre ma façon de marcher dans la rue sans faire attention ni aux voitures ni aux piétons, empêtré comme j’étais dans mes pensées à un sou. J’avais envi de griller encore une cigarette pour reprendre mes esprits et retrouver ma sérénité ; mais mon paquet Marlboro était vide. Furieusement je l’ai froissé et jeté par-dessus la balustrade d’un des ponts qui traversent la Seine.

 Une loi, interdisant la cigarette dans les lieux publics, venait d’être promulguée. Et appliquée dans toute sa rigueur. Le contrevenant s’expose purement et simplement à une amende de plusieurs dizaines d’euros. Mais, les cafetiers et autres tenanciers de débits de boissons, par crainte de perdre leur clientèle habituée jusque-là à passer des soirées dans une atmosphère enfumée, ont vite trouvé la parade : sur les terrasses, chauffées avec des moyens du bord, les tables, sur lesquelles trônent encore des cendriers incitant ainsi les gens à ne pas renoncer à leurs anciennes habitudes, sont prises d’assaut. Là, on peut griller tranquillement sa clope sans se faire tirer les oreilles ni taper sur les doigts comme un enfant que l’on surprend en pleine bêtise.

 Simone de Beauvoir, pour revenir encore à elle, aurait-elle accepté, sans rechigner, cette loi ? N’aurait-elle pas vu en cette loi une régression dramatique du champ des libertés individuelles ? Gageons qu’elle aurait, hargneusement, défait son chignon et arraché ses cheveux pour protester contre cette loi que d’aucuns considèrent déjà comme n’allant pas faire long feu. Pour sûr, elle ne durera pas longtemps. Elle finira par s’éteindre d’elle-même, petit à petit, comme une cigarette mal éteinte que l’on a abandonnée, à la hâte, au fond d’un cendrier, pour ne pas rater son train. Mais en attendant, il faut apprendre à faire avec. Prendre son mal en patience et griller sa clope ailleurs que dans un bar ou autre lieu convivial. Et puis de toute façon "fumer tue". C’est ce que, obéissant à cette nouvelle loi, les fumeurs de mon acabit finissent pas se dire. On se console comme on peut.

A la sortie du métro, à Barbès-Rochechouart, j’ai été approché par des jeunes qui vendaient clandestinement des cigarettes de marque Marlboro. Bien que le prix de ces cigarettes défie toute concurrence, je n’ai pas succombé à la tentation et j’ai préféré m’approvisionner chez le buraliste ou plutôt dans un "bar-tabac" situé à la place Clichy, pas loin de mon hôtel.

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Thu, 31 Jan 2008 13:11:41 GMT http://aghedia.dzblog.com/article-213295.html
Escapade parisienne. http://aghedia.dzblog.com/article-212587.html Lorsque l’avion d’Aigle Azur atterrit avec douceur sur le tarmac de l’aéroport d’Orly Sud, mon cœur s’est mis à battre la chamade. Le trac s’est subitement emparé de moi comme si on m’emmenait à la guillotine. J’avais la gorge sèche, le visage certainement pâle et je sentais mes genoux fléchir à tel point qu’il m’était presque impossible, du moins difficile, d’avancer dans l’étroit couloir de l’appareil... euh... Boeing ou Airbus, je m’en souviens plus. D’autant plus que je m’étais encombré d’un sac assez lourd (et qui aurait dû voyager dans la soute à bagages) et de mon manteau Rialto dont un pan entier traînait par terre. Mais sur la moquette! La raison de tout cela, me direz-vous? Eh bien, malgré mon visa en bonne et due forme, j’avais peur de "tomber" sur un "Pafiste" qui, pour des raisons que seule la xénophobie et le racisme pourraient expliquer, appose la fameuse lettre "R" sur mon passeport: refoulé!

Plus j’avançais dans la queue et plus le trac augmentait et la sueur perlait sur mon visage. J’ai même pensé changer de file car, à côté, ça avançait mieux. En tout cas c’est ce qu’il me semblait. Dans ce genre de situation, il est normal, me semble-t-il, d’avoir la hantise d’avoir fait le mauvais choix ; la crainte d’avoir choisi la mauvaise file. La "Pafiste", une jeune fille au teint presque basané et aux cheveux noirs coupés à "la garçonne", une Corse ou une Marseillaise sans doute, paraissait, de loin du moins, ne pas importuner trop les voyageurs par des questions indiscrètes type "que venez-vous faire à Paris, Monsieur ou Madame", par exemple. Alors que, de mon côté, le préposé au guichet prenait tout son temps à vérifier et à "revérifier" les passeports et à tenir, parfois même, un brin de causette avec son vis-à-vis. Histoire peut-être de pousser "l’autre" à commettre la faute qui justifie tout simplement et tout bêtement son renvoi d’où il vient. Enfin, c’est ce que, inconsciemment peut-être aussi, je ruminais dans mon for intérieur pendant que j’attendais mon tour de "passer à table". Oui, pour les Algériens que nous sommes, mal vus partout, à cause de la décennie noire qu’on traîne comme un boulet, c’est une torture psychologique que de passer une frontière européenne. Même avec un visa en bonne et due forme. Même avec un visage rasé de près (qui inspire donc confiance) et au-dessus de tout soupçon. La file d’attente qui s’allongeait de plus en plus ne semblait guère déranger outre mesure le "Pafiste". Mais, le moins que l’on puisse dire c’est qu’il faisait correctement son boulot. Même s’il s’attardait un petit peu, plus que sa collègue d’à côté, à jauger le profil psychologique de "l’autre" et à deviner peut-être, spéculation de ma part, à travers les visages tendus par le trac et sur lesquels tout sourire a disparu momentanément quels sont ceux qui sont susceptibles de venir renforcer les rangs des "sans papiers". Mais, pour cela, "soyez sûr que vous ne pouvez pas compter sur moi", murmurais-je. Comme un élève très sérieux et méticuleux dans ses réponses, je commençais à peaufiner mon discours. Au cas ou. Sait-on jamais. "Je ne suis venu à Paris que pour changer d’air et m’imprégner un tant soit peu de la culture occidentale. Visiter la tour Eiffel, m’attabler au moins une fois, avec des amis, chez "Le roi des coquillages" à Clichy et faire du shoping au "Quatre vents" à l’occasion des soldes". Voilà ce que je devais lui donner comme justification de ma présence à Orly Sud. Une réponse précise et concise. Qui ne souffre d’aucune ambiguïté. D’aucune équivoque. C’est mon tour. J’approche d’un pas hésitant vers le "Pafiste". Je lui présente mon passeport et j’essaie de retenir ma respiration un peu haletante. Il ne remarque pas mon manège. Tant mieux, me suis-je dis.

 

Toutes mes appréhensions de départ se sont dissipées, volatilisées, fondues comme neige au soleil qui manquait pourtant ce jour-là à Paris, lorsque le "Pafiste", un jeune homme à l’allure impeccable, me tend le passeport après avoir apposé dessus le cachet humide de l’aéroport et me dit d’un air sympa "Bon séjour à Paris, Monsieur". A ce moment-là, j’ai retrouvé le sourire. Mes jambes ont repris de l’assurance et je me dirigeai vite vers le tapis roulant récupérer ma valise. Une femme qui poussait péniblement son"Caddie" a failli me casser le tibia. Très gênée de sa conduite imprudente, mais pas en état d’ivresse tout de même, elle s’excusa. Sans rancune aucune, j’ai accepté ses excuses et je me suis précipité à mon tour vers un Caddie, qui traînait dans les parages, y déposer mes bagages.

 

Et Paris m’accueillit à bras ouverts !

 

Il ne me restait alors qu’à prendre le bus puis le métro pour arriver, fatigué, mais content d’être là, à "l’hôtel X" situé à quelques encablures du "château de Vincennes" où une amie m’avait déjà réservé une chambre. La chambre était petite, à peine cinq à six mètres carrés, mais dotée de toutes les commodités qu’espère un touriste pas du tout exigeant tel votre serviteur. Je devais y passer trois nuits, mais, me sentant un peu à l’écart de la grande effervescence qui régnait à Châtelet et de la vie nocturne de Saint-Michel et de Pigalle, au deuxième jour j’ai réglé ma facture et mis les voiles. D’autant plus que le vent m’était favorable : il y avait des chambres libres dans l’hôtel où je descends habituellement lorsque je suis à Paris. L’hôtel a changé de propriétaire et de personnel, mais les chambres sont toujours impeccablement tenues et le petit déjeuner toujours servi au sous-sol, là où, il y a deux ou trois ans, la jeune fille oranaise, rappelez-vous (voir article précédent), m’avait fait part de son grand désarroi : elle se sentait comme un poisson rouge dans un bocal.

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Mon, 28 Jan 2008 19:21:50 GMT http://aghedia.dzblog.com/article-212587.html
Paris m'appelle, ma conscience m'interpelle. http://aghedia.dzblog.com/article-204434.html Il y a deux ans... non trois, j’étais de passage à Paris. Ma chambre d’hôtel, entre Pigalle et le Sacré Cœur, donnait sur la Tour Eiffel. Et chaque matin, à mon réveil, je tirais le store de la baie vitrée et je restais pendant un bon moment, là, assis au bord du lit, à admirer cette merveille. On était au mois de juin et pendant tout mon séjour, le ciel était brumeux, bas, avec parfois une petite pluie matinale qui incite à la paresse. Pourtant il fallait que je sorte, que j’aille à mes rendez-vous avec des amis, que je cavale à droite et à gauche à la recherche de quelques fringues "bon marché" pour les enfants. Ou d’un parfum de marque pour madame.

 Dans la chambre, il faisait un peu frisquet. Mais après un bain chaud, après rasage et lotion "after shave" sur mon visage, je retrouvais ma forme, mes facultés physiques et j’accourais ensuite au resto de l’hôtel situé au sous-sol. Pas tout nu, évidemment. Les touristes japonais venaient à peine de terminer leur petit déjeuner quand je faisais irruption dans la salle à la décoration pittoresque : murs en pierre ocre et dalle de sol assortie mais paraissant un peu vieillotte ! La tenancière, une jeune fille oranaise qui ne parle que quelques mots de français, m’indiquait la table où je devais me mettre et me servait de petits croissants encore chauds et du café au lait. Et pendant que je dégustais lentement mon petit déjeuner, faisant mine de ne pas être du tout pressé, elle se mettait en face de moi, à une distance respectable, sur un tabouret de comptoir et commençait par me poser des questions sur le pays : s’il pleuvait ou s’il faisait beau, si le terrorisme avait cessé ou pas encore, etc. Ça sautait aux yeux, cette fille-là avait la nostalgie du pays. Ça se voyait aussi, à son air triste, que cette fille-là était coincée entre son désir de rentrer au pays et son devoir de tenir encore bon, de se faire une situation sociale plus ou moins enviable en France. De cette fille-là, maintenant, je n’ai plus de nouvelles. Par conséquent, je ne peux vous dire si elle a régularisé sa situation de "Harraga" en France ou pas encore. Peut-être la trouverai-je encore, au cours de ma prochaine escapade à Paris, dans le même hôtel, au sous-sol, en train de servir les touristes japonais. Mais sera-t-elle ravie de me revoir, moi qui suis parti sans lui dire au revoir ?

En évoquant ce sujet, je veux en fait répondre indirectement aux nombreux lecteurs d’Agoravox qui se sont levés comme un seul homme pour me lancer la pierre, pour me lapider pour avoir osé soulever le problème de l’immigration clandestine au cours de mon précédent article Immigration et intégration. En effet, ce cas qui n’est pas isolé, convenons-en, montre à l’évidence combien les "Harraga" se sentent mal dans leur peau une fois qu’ils sont au pays d’Alice, de Pedro ou de Nino. Ils se sentent mal dans leur peau d’autant plus qu’ils sont limités dans leurs mouvements. Ils sont privés de liberté dans le pays de la liberté, dans le pays où, sur le fronton de chaque institution, s’étale en gros caractères le triptyque "Liberté, égalité, fraternité". Ils sont condamnés à évoluer dans des espaces clos, à ne sortir qu’en cas de stricte nécessité pour ne pas avoir à rendre des comptes aux vigiles et aux policiers qui rôdent partout, en particulier là où il y a une concentration de Maghrébins et de noirs. Ils ne voient pour ainsi dire le jour et la lumière qu’à travers des lucarnes comme celle du restaurant de cet hôtel qui donne sur une rue commerçante et par où je voyais les passants pendant que je prenais mon petit déjeuner. Cette situation de reclus dure parfois des années ! Et elle n’est pas sans incidence négative sur le moral de celui ou de celle qui la subit. Là, incontestablement, c’est le médecin que je suis qui s’exprime. J’en parle en connaissance de cause parce que j’avais longuement écouté la serveuse oranaise de l’hôtel qui s’est, en quelque sorte, confiée à un de ses compatriotes. Sans être psychiatre, je n’avais eu aucun mal à étiqueter le mal dont souffrait cette jeune fille et mon diagnostic était sans appel : indéniablement, cette jeune fille-là donc souffrait d’un délire de persécution. Deux facteurs essentiels avaient permis à ce délire de se constituer et de s’organiser : sa condition de femme dans un pays étranger dont elle n’arrivait pas encore à s’imprégner de la culture et, pire encore, sa condition de "Harraga" avec toutes les conséquences qui en découleraient si elle venait à être découverte. Encore une fois, j’ai évoqué ce cas parce qu’il est, nul doute là-dessus, représentatif de l’état d’esprit des "Harraga" qui se trouvent comme pris dans une sorte de spirale infinie : tournant toujours autour du même axe, leur orbite est très limitée. Du moins jusqu’à ce qu’ils soient régularisés. Entre temps, beaucoup d’entre eux finissent par développer des maladies mentales dues à leur confinement volontaire et à l’absence de toute perspective d’amélioration de leur vécu quotidien. Le sort de ceux qui versent dans la délinquance et le banditisme n’est pas non plus enviable. Mais, il est vrai, ceci est une autre paire de manches ! Je ne prends pas la défense de ceux qui relèvent du droit commun : leur cause est indéfendable. J’en ai pleinement conscience !

Donc, quitte à me brouiller une bonne fois pour toutes avec les lecteurs d’Agoravox, je persiste et signe : les "Harraga" méritent mieux que ça. Je ne dis pas qu’ils devraient être traités avec tous les égards comme s’il s’agissait d’invités de marque dans les pays où ils ont échoués, mais que l’on pense d’abord aux souffrances qu’ils ont endurées avant d’arriver là. En vertu du principe génétique qui dit "que seuls les individus forts sont aptes à la survie", les "Harraga" qui arrivent à bon port dans des embarcations de fortune sont donc forts psychologiquement et physiquement et ils méritent, de ce fait, de vivre dignement. L’Europe ne pourra, de toute façon, qu’en tirer profit. Sur tous les plans.

Ne voyons pas en les "Harraga" des pestiférés et des indésirables. En brûlant les frontières de l’Europe, leur seule motivation est une vie digne et décente. Ils ne constituent pas du tout une menace pour la sécurité de l’Europe et des Européens.

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Wed, 19 Dec 2007 18:09:04 GMT http://aghedia.dzblog.com/article-204434.html